26/11/2017 - Le mystère pascal au cœur de la messe

Le mystère pascal au coeur de la Messe

Le mystère pascal est au coeur de la foi chrétienne. C’est à la suite du Christ, mort et ressuscité, que le croyant fait l’expérience du Salut. Celui-ci est pleinement reçu dans la foi mais en attente de sa réalisation plénière eschatologique. Il y a une tension dans la vie du baptisé : il est sauvé définitivement par la mort et la résurrection du Christ tout en étant « en attente » de la vision béatifique.

La redécouverte de cette notion centrale de « mystère pascal » est le fruit des recherches liturgiques du début du 20ème siècle entreprises notamment par Dom Odo Casel de l’abbaye de Maria-Laach. L’étude approfondie des premiers siècles du christianisme (écrits patristiques) a permis une approche renouvelée de la liturgie qui a aboutit à sa restauration lors du Concile Vatican II. Dans ce sens, cette entreprise n’a pas consisté à introduire des « nouveautés » pour moderniser la messe, mais à rendre à la célébration sa lisibilité première par delà les ajouts des époques successives. Il est important de rappeler que les protagonistes de ce « mouvement liturgique » (Dom Lambert Beauduin, Dom Bernard Botte, Louis Bouyer…) étaient tous des savants érudits et que le travail n’a pas été bâclé comme certains ont voulu le faire croire !

La Messe, vécue comme l’actualisation du mystère pascal, fait entrer le croyant dans une vie configurée au Christ. Dans ce sens, elle est pleinement le mémorial de l’offrande totale du Christ continuée dans la vie du chrétien. Le temps de Dieu entre dans le temps humain pleinement tendu vers les réalités célestes. La messe est dès lors bien plus que « l’application des mérites du sacrifice de la croix », vision réductrice et trop « utilitaire ». Elle englobe l’Offrande du Christ dans un mémorial qui plonge le croyant dans l’expérience du Salut en oeuvre en lui.

Ainsi, la séquence : Denier repas (don sacramentel) - Offrande sur la croix (don victimal) - Résurrection (don eschatologique), est contenue dans une même célébration. Le champ de vision spirituelle s’élargit car il rend présent l’événement pascal dans sa totalité. Il ne se réduit plus à une vision formaliste de la Messe qui trop souvent isole le renouvellement du sacrifice de la croix des autres réalités du Salut qui s’éclairent mutuellement.

« Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et pour confier ainsi à l’Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné. (Sacrosanctum Concilium 47)