25/07/2017 - Comment évangéliser nos contemporains ?


Comment évangéliser nos contemporains ?

De nos jours, le chrétien doit régulièrement répondre de sa foi face à ceux qui ont abandonné la religion. Une discussion argumentée semble un passage inévitable. Malheureusement et au risque de décourager les bonnes volontés, cet échange sera stérile. En effet, dans 99% des cas, les gens ne sont pas sensibles aux arguments, même s'ils sont excellents. Quoiqu'en disent les intéressés, la perte de la foi est rarement le fruit d’un questionnement rationnel.  D’emblée, l’incroyance est justifiée par des détails : le mariage des prêtres, la messe est ennuyeuse, le côté désuet de telle ou telle dévotion (tel le Sacré-Cœur...), l'Eglise est rétrograde... Il faut reconnaître que les questions fondamentales sont rarement abordées : Qui a créé la terre ? L'homme ? Qu'est-ce qui me différencie des autres créatures ? Mon âme... Qui est Dieu ? Qui est Jésus ? La mort est-elle la fin de tout ? Le paradis ? L'enfer ? Pourquoi être catholique plutôt que musulman ? Voici, parmi tant d’autres, des questions essentielles à se poser...

En règle générale, les gens abordent la question religieuse par les détails alors qu’il est vital d’approfondir les grandes vérités de la foi. Le dessinateur trace avant tout les grandes lignes ! Ce n’est qu’ensuite qu’il prête son attention aux détails du portrait qu'il est en train de réaliser. Le danger du matérialisme ambiant est de détourner de l'essentiel pour attirer l’attention uniquement sur l'accessoire... 

Puisque les discussions sont rarement fructueuses, intéressons-nous brièvement à plusieurs moyens d’évangélisation : la force de l’exemple, la beauté du culte divin et la qualité de l’enseignement catéchétique.

Il est capital que les chrétiens vivent comme le Christ le demande. Nous devons être reconnus dans la société par notre charité, par notre façon de vivre. Si nous sommes configurés au Christ, notre façon de vivre et d'agir interpellera nos semblables.

Il est tout aussi important de soigner nos liturgies et de lancer des activités missionnaires. Beaucoup de gens se convertissent suite à une expérience forte. Vous me direz que nous sommes dans le ressenti....et vous avez tout à fait raison ! En soi, le ressenti n'est pas mauvais, il peut même être une bonne approche de la religion. Il ne faut cependant pas s’y arrêter car si nous voulons que la conversion tienne dans la durée, la dimension rationnelle (un enseignement de la foi) est incontournable. Nous parlons évidemment d'un véritable enseignement de la foi, le catéchisme de l'Eglise catholique et non pas d'un semblant de catéchèse enseigné par une assistante paroissiale incompétente... (Il faudra un jour approfondir cette question mais on se demande parfois quels sont les critères de recrutement des assistantes paroissiales : L'incompétence ? Le côté ringard ? Être divorcée ? Acariâtre ?).

Rappelons tout simplement que le catéchisme doit être enseigné par les prêtres, religieux et religieuses ! Et si ceux-ci viennent à manquer, par des fidèles correctement formés !

22/07/2017 - Un bouleversement plutôt qu'un changement...


Un bouleversement plutôt qu'un changement...

Si vous prenez le temps d'étudier le XXe siècle sur un plan anthropologique et sociologique, vous constaterez que les bouleversements opérés durant cette période ont modifié radicalement les façons de vivre et de penser des hommes. Les guerres et les avancées techniques ont créé une formule redoutable pour modifier nos habitudes de vie. Aujourd'hui dans l'Eglise, nous subissons les conséquences de ces décennies ; précisons que cette période de bouleversement n'est pas prête de s'achever...

En convoquant le Concile Vatican II, l'Eglise avait bien saisi que des changements majeurs allaient bouleverser la société. Cependant, a-t-elle correctement identifié les situations et les problèmes ? Était-ce possible de les identifier clairement à l'époque ? Il est facile de poser un regard historique, mais agir au moment où les faits se présentent est une mission complexe. Pourtant cela n'a pas empêché le Concile de produire des documents d'une grande richesse, mais reconnaissons-le certains pèchent parfois par un excès d'optimisme. 

Nos églises ne se sont pas vidées uniquement à cause d'un changement liturgique...mais à cause d'une société qui s'est profondément modifiée. Les membres de l'Eglise ont également  vécu, subi, promu ces bouleversements ; un exemple manifeste est l'abandon de l'habit religieux qui illustre à merveille une forme de sécularisation du clergé. Nous pourrions citer d'autres exemples : le manque d'obéissance, la "créativité" en liturgie, une théologie en rupture avec le Magistère...

Nous constaterons que la foi se porte bien mieux dans les pays pauvres, dans les pays où la technologie n'est pas omniprésente et dans les pays où les chrétiens sont persécutés. Cela ne veut pas dire que la foi va disparaître avec notre société "moderne", mais elle doit trouver d'autres voies pour toucher les hommes. Le confort, le plaisir à tout prix, le matérialisme détournent l'homme du lien fondamental qu'il doit entretenir et nourrir avec son créateur. Notre société occidentale n'a peut-être jamais eu tant besoin de Dieu qu'aujourd'hui. 

L'Eglise a besoin de fidèles, prêtres, religieux et religieuses pour annoncer l'Evangile et susciter de nombreuses conversions. Dans une situation aussi catastrophique que la nôtre, l'Eglise a plus que jamais besoin de saints ! 

21/07/2017 - Hommage de Benoît XVI au Cardinal Joachim Meisner


Lors des funérailles du cardinal Joachim Meisner le samedi 15 juillet à Cologne, un  message, du pape émérite Benoît XVI, a été lu par le préfet de la maison pontificale et secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Cela a d'autant plus de poids que le cardinal Meisner  est l'un des quatre cardinaux qui ont présenté des Dubia au pape François à propos d'Amoris laetitia.

« En cette heure où l'Eglise de Cologne et les fidèles venus d'au-delà de ses frontières sont rassemblés pour dire à Dieu au cardinal Joachim Meisner, je suis avec vous par le cœur et la pensée, et, accomplissant avec joie le souhait du cardinal Woelki, je désire vous adresser un mot de souvenir. 

« Lorsque j'ai appris la mort du cardinal Meisner mercredi dernier, je n'ai pas voulu y croire. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa gratitude à propos du fait qu'il avait pu prendre quelques vacances après avoir participé à la béatification de Mgr Teofilius Matulionis à Vilnius le dimanche précédent (le 25 juin) était évidente au son de sa voix.  L'amour de l'Eglise des pays voisins à l'Est, qui avaient souffert sous la persécution communiste, ainsi que la gratitude que lui inspirait la résistance aux souffrances à cette époque-là, avaient marqué toute sa vie. De telle sorte qu'il n'y a pas pas de coïncidence dans le fait qu'il aura rendu la dernière visite de sa vie à un Confesseur de la foi dans ces pays-là. 

« Ce qui m'a particulièrement impressionné au cours de cette dernière conversation avec le cardinal à la retraite, c'est la joie déliée, la joie intérieure, la confiance qu'il avait trouvées. Nous savons que ce berger, ce pasteur passionné a trouvé difficile de quitter son poste, spécialement à un moment où l'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. Cependant, cela m'a d'autant plus ému qu'au cours de cette dernière période de sa vie, il a appris à lâcher prise et à vivre toujours plus dans la certitude profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer. 

« Deux choses, dernièrement, lui ont donné toujours plus de joie et de confiance.

« 1.  D'abord, il m'a toujours redit la joie profonde qui le remplit à travers l'expérience du sacrement de pénitence lorsque des jeunes, surtout de jeunes hommes, vivent la grâce du pardon – ce don d'avoir véritablement trouvé la vie que seul Dieu peut leur donner. 

« 2. La deuxième chose qui l'a toujours touché et qui l'a toujours rempli de joie, ce sont les progrès discrets de l'adoration eucharistique. Lors des JMJ de Cologne cela avait constitué pour lui un point central – qu'il y eût une adoration, un silence où le Seigneur seul puisse parler au cœur. Certains experts en pastorale et en liturgie avaient pensé qu'un tel silence dans la contemplation du Seigneur ne peut s'obtenir avec une telle masse de gens. Certains étaient également d'avis que l'adoration eucharistique est en tant que telle dépassée, puisque le Seigneur veut être reçu dans le Pain eucharistique, et qu'Il ne veut pas être simplement regardé. Mais ce Pain ne peut être mangé comme un aliment quelconque ; « recevoir » le Seigneur dans le sacrement eucharistique requiert toutes les dimensions de notre existence – la réception doit être adoration : tout cela est désormais tout de même devenu très clair. Ainsi le temps d'adoration eucharistique lors des JMJ de Cologne est devenu un événement très intérieur qui n'est pas devenu inoubliable pour le seul cardinal. Ce moment lui est toujours resté présent intérieurement et a été pour lui une grande lumière. 

« Lorsque le cardinal Meisner, au dernier matin de sa vie, n'a pas paru à l'heure de célébrer la messe, on l'a trouvé mort dans sa chambre. Son bréviaire avait glissé de ses mains :  il est mort en priant, son regard tourné vers le Seigneur, en conversation avec le Seigneur. La nature de la mort qu'il lui a été donné de vivre redit encore une fois comment il a vécu : le regard tourné vers le Seigneur, et en conversation avec lui. Ainsi nous osons sans crainte confier son âme au bon Dieu. Seigneur, nous vous remercions pour le témoignage de votre serviteur Joachim. Permettez-lui d'être désormais un intercesseur pour l'Eglise de Cologne et pour l'ensemble de la terre ! Requiescat in pace ! » Source : http://belgicatho.hautetfort.com