28/02/2017 - Réflexion

Un moine bénédictin faisait remarquer que le goût de la beauté est inséparable du zèle pour la vérité doctrinale. Il ajoutait qu’on trahit plus souvent la vérité des dogmes par l’affadissement du goût que par de pures erreurs de l’esprit.

L’influence douce et régulière de la liturgie crée une atmosphère où une certaine tenue de l’âme et du corps, un sens harmonieux des moindres gestes, une certaine façon de se vêtir, de parler, de s’incliner, finissent par faire de toute l’existence chrétienne une liturgie continuelle en présence de Dieu.

Dans trop de liturgies, la banalité, l’impréparation, les paroles incessantes - celles du célébrant autant que celles des fidèles appelés à chanter du début à la fin - le fait de vouloir absolument tout voir, tout entendre, tout cela nous donne de rencontrer les autres qui sont venus à l’église mais rarement le Seigneur que nous cherchons.

Trop souvent, les agitations du célébrant nous dissimulent la présence de Dieu ; trop souvent les chants ne nous permettent plus d’écouter le silence bienfaisant de la présence divine ; trop souvent les virtuosités de l’organiste couvrent les harmonies apaisantes de la liturgie. Dans nos façons de célébrer la liturgie, tout est à revoir de A à Z. Et ce n’est pas “revenir en arrière” que de permettre aux fidèles de retrouver l’essentiel. C'est, au contraire, aller de l'avant en marchant sur une voie mieux balisée menant à Dieu.

26/02/2017 - Les 10 commandements du curé à la page

LES DIX COMMANDEMENTS DU CURÉ À LA PAGE 

Relativisme tu cultiveras 
Dogmes et credo tu banniras. 

Col romain, tu ne porteras 
Que lorsqu'à Rome tu iras

Dans la soupe de l'Eglise tu cracheras
En te servant habilement des médias. 

A gauche toujours tu penseras 
Tandis qu'à droite tu vivras. 

La Messe à ta guise tu changeras
Pour en faire un simple repas. 

Miracles, Paradis tu contesteras 
Pour des légendes tu les prendras. 

Encycliques jamais tu ne liras 
Mais Golias, tu méditeras. 

De l'infaillibilité tu riras 
Seule la tienne tu conserveras. 

Ratzinger tu vilipenderas
Gaillot, Ringlet tu applaudiras. 

Tolérance, pluralisme tu prêcheras
Dans le sens qui te conviendras. 

JEAN-PIERRE UBU 

18/02/2017 - Se former en Liturgie : c'est indispensable !

Les chrétiens doivent développer davantage leur souci de se former continuellement. Que de fois, nous ne pouvons répondre aux attaques de nos détracteurs par un manque de formation solide. Il est primordial d'avoir en permanence une lecture pour approfondir nos connaissances sur notre foi, sur notre histoire, sur nos rites.
Dans le domaine liturgique, il est aussi important d'étudier le sens des rites que leur histoire. Dans les paroisses "normales", la formation liturgique et historique est bien souvent inexistante. A quoi bon se former puisque l'on ne respecte aucune directive romaine ! A contrario, dans les milieux "tradis", il existe une formation liturgique, mais celle-ci manque bien souvent d'honnêteté intellectuelle. Certains transforment l'histoire pour justifier leurs pratiques. L'expression "messe de toujours" est un exemple manifeste d'une histoire de la liturgie tronquée.
Étudier l'histoire de la liturgie, c'est comprendre la nécessité et la richesse de la réforme voulue par les Pères conciliaires. Cependant, il est important de distinguer la richesse du missel restauré (en latin), de la traduction française (avec quelques lacunes) et de l'improvisation générale que l'on peut retrouver dans un bon nombre de paroisses.
Nous vous suggérons deux livres de grandes qualités :
1. Histoire du Missel Romain - Denis Crouan - (Naissance, évolution et fixation des livres liturgiques, des origines jusqu'aux dernières réformes conciliaires. Un exposé clair, accessible à tous, bien documenté.) http://www.librairietequi.com/A-923-histoire-du-missel-romain.aspx


2. Histoire et avenir de la Liturgie Romaine - Denis Crouan - (Délicate question que celle de la liturgie devenue après Vatican II source de conflits! Ce livre répond clairement aux questions des fidèles désireux de comprendre. Puisse t-il aider à mettre un terme aux déviations qui nuisent à l'unité de l'Eglise !) http://www.librairietequi.com/A-3626-histoire-et-avenir-de-la-liturgie-romaine.aspx


17/02/2017 - La Messe est une semence d’éternité

 
Moïse a libéré le peuple élu de l’esclavage en Egypte et a reçu de Dieu la mission de le conduire jusqu’à la terre promise en traversant la Mer rouge à pieds secs. Pendant quarante ans, le peuple a fait l’expérience du désert, espérant le jour béni où il atteindrait enfin un pays merveilleux. Durant ce temps d’épreuve et de doute, Dieu ne l’abandonne pas et le nourrit de la Manne, nourriture descendue mystérieusement du ciel. A la suite du peuple juif, l’Eglise est aussi en marche vers la Jérusalem céleste. Les eaux du baptême libèrent le peuple chrétien de la servitude du péché et lui font désirer les biens éternels. Il marche vers le ciel, nourris par Dieu.

Dès lors, le monde n'est plus pour nous le lieu de l'esclavage et de la désespérance. Il n'est cependant pas encore celui de la liberté totale et de la joie parfaite. Nous avons quitté les idoles mais nous n'avons pas encore vu celui que nous adorons. Nous sommes tout au long de notre vie en marche vers la patrie. Saint Paul nous enseigne que « Nous n'avons pas ici de demeure permanente ». Nos maisons et nos églises sont comme les tentes des Hébreux, et l'Eucharistie est notre manne.

L'Eucharistie est un viatique, c'est-à-dire la nourriture des voyageurs. L'homme qui marche vers un pays lointain ne cherche pas à s’installer. Il s’arrête régulièrement pour refaire ses forces et reprendre la route pour arriver au but. Telle est l'Eucharistie qui a pour mission de nous conduire au ciel. Notre messe est cependant plus que le repas du voyageur, car elle nous donne réellement celui que nous cherchons. Le corps du Christ que nous recevons n'est pas une nourriture terrestre, c'est déjà l'aliment du ciel qui est déposé en nous comme un ferment de résurrection. « Si quelqu'un mange de ce pain, il aura la vie éternelle » enseigne le Christ. La messe est une semence d'éternité.

Dans l’Evangile, Jésus nous apprend que le royaume de Dieu est semblable à un banquet. Il insiste sur ce point quand il institue l'Eucharistie : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'au jour où avec vous je boirai un vin nouveau dans le royaume du Père. » Le Ciel est donc un banquet à la table de Dieu. Tout comme le repas que prend le voyageur lui fait penser à la table qui l’attend au terme de sa route, l’Eucharistie soutient notre marche ici-bas. Nous sommes invités par Dieu à un grand rassemblement : Une foule immense de toute nation, de toute tribu, de toute race, de toutes langues..., avec les martyrs, les vierges, les saints, réunis autour des apôtres et du Christ.

Le ciel est une fête éternelle découlant de la vision de Dieu. Au terme de la route, la claire vision nous attend, préparée bien imparfaitement par notre vie de tous les jours tendue vers notre Créateur. Dans l’Apocalypse, Saint Jean décrit la foule des élus vêtus de vêtements blancs, ayant des palmes à la main, et qui chantent leur allégresse. Dans le face à face de la vision, l'homme se laisse porter par le chant d'action de grâces et d'amour jaillit de son cœur.

Le ciel et la Messe sont donc : banquet éternel, rassemblement, fête, conversation avec  Dieu et offrande. La messe est l’annonce de cette réalité et sa représentation ici-bas. C'est dans cette espérance que les fidèles sont invités à chanter à pleine voix les deux mots qui expriment la joie du peuple de Dieu : « Amen, Alléluia ».

11/02/2017 - Un peuple immense...


Un peuple immense...

Chaque dimanche, l’Eglise réunit des hommes, des femmes, des enfants, des adultes, des riches et des pauvres, des hommes de toutes les nations.

Chaque dimanche, ce rassemblement a lieu dans des centaines de milliers d’églises, dans tous les pays. La Messe est célébrée jusque dans les endroits les plus reculés du monde. Partout monte vers Dieu une immense action de grâces. 

Le « peuple de la Messe » est encore plus vaste ! Il s’étend bien au-delà des frontières du monde visible. Il y a les patriarches et les prophètes dont nous faisons les gestes et redisons les paroles. Il y a les apôtres et les martyrs que nous invoquons, les saints et les saintes qui nous ont précédés et qui nous montrent le chemin. Il y a cette foule d’anonymes connus de Dieu seul qui sont parvenus au terme de la route. Il y a l’Eglise souffrante, en attente de purification dans l’espérance de la joie éternelle. 

Chaque dimanche, les fidèles sont en communion avec le monde visible et invisible, tournés vers Dieu vers qui s’élève la Victime sans tache offerte pour le salut du monde.

09/02/2017 - Maintenir le système ou regarder l'avenir autrement ?


La situation de beaucoup de paroisses est préoccupante : effondrement de la pratique religieuse, manque de bonnes volontés... Beaucoup de prêtres peuvent sombrer dans le découragement. Ils célèbrent la Messe avec foi et piété, continuent de préparer une homélie et essayent de tenir le coup avec une moyenne de 5 pratiquants réguliers chaque dimanche. On n’en parle peu... sauf pour dire que si les messes étaient plus « vivantes », il y a aurait plus de monde... Hélas, la situation n’est pas aussi simple !

Regarder la situation !

C’est sans doute le premier pas à franchir... Regarder la situation sans se mentir. Compter les paroissiens (et pas uniquement à Noël ou à l’occasion de la Messe anniversaire d’un défunt), estimer la moyenne d’âge, les forces vives et l’état de l’église. Sauf dans des cas rarissimes et dans des conditions particulières, je n’ai jamais entendu un prêtre se réjouir de la pratique religieuse en regardant sereinement l’avenir... C’est souvent l’inverse qui se produit et l’arrivée d’un hiver rigoureux fait inexorablement baisser le petit nombre de fidèles. Tous ceux qui fréquentent encore une église de campagne peuvent en témoigner : ça sent la fin ! Mais attention ! La fin d’une époque est toujours le début d’une autre, à condition de ne pas subir les événements.

Jusqu’au bout ?

Il est temps de prendre des mesures vigoureuses et d’envisager un autre avenir. Est-il souhaitable de maintenir des lieux de cultes vétustes et sales, de boucher les trous avec d’innombrables prêtres venant de loin (qui sont souvent beaucoup plus utiles dans leur pays d’origine confronté à l’Islam radical et à la montée des sectes !) pour une poignée de fidèles à bout de souffle ? Sans porter de jugement sur la bonne volonté générale, il est utile de se demander s’il faut maintenir à tout prix un système qui est de moins en moins porteur ? Il y va de la foi des fidèles (découragement) et de la santé psychologique du clergé (culpabilisation et dégoût).

La semaine dernière, un prêtre me racontait sa célébration dominicale. Comme d’habitude, il y a une vingtaine de paroissiens (15 « en bas » et 5 « au jubé »). La moyenne d’âge dépasse largement le millénaire ! Tant bien que mal, la « chorale » tente de chanter quelques refrains. Ceux-ci sont mal accompagnés, dans un ton bien trop haut pour ces voix fatiguées... Le couinement est insupportable et la prestation n’en finit pas au mépris des règles liturgiques élémentaires. Certains paroissiens déplorent le peu de monde et affirment que si la Messe était célébrée plus tardivement, il y aurait du monde ! Cette analyse est bien naïve ! Si tout n’était qu’une question d’horaire, le problème serait vite réglé. A la collecte, le panier est vide... comme l’église : moins de 5 Euros pour 20 personnes. Cela peut sembler anecdotique. Hélas, non ! Une personne motivée offre son temps (engagement) et son argent (participation). Que dire d’un paroissien qui « tape » sans honte 5 centimes dans le panier et qui arrive systématiquement avec 10 minutes de retard ? Pas ou peu de ferveur, bavardages, mines allongées... Comment prêcher dans une telle atmosphère ?  Le prêtre s’en sort en lisant un texte copié-collé d’un site Internet.

Défaitisme ?

Regarder en face la réalité permet d’envisager l’avenir. Rester dans l’illusion et croire qu’il suffit d’un gadget (danser durant la célébration, réaliser des affiches sur des panneaux en frigolites) pour résoudre le problème conduit inévitablement dans le mur... et nous y allons à grande vitesse ! A ce rythme, que restera-t-il dans 10 ans ? Seule la foi nous permet de poser un regard serein sur l’avenir qui appartient à Dieu. Sa grâce nous précède mais elle veut notre bonne volonté pour donner sa pleine mesure. Il est donc important de cultiver un optimisme réaliste, sans faire l’autruche et sans pleurer sur un passé révolu. Le véritable défaitisme consiste à maintenir un système usé jusqu’à l’épuisement complet des forces vives. Tout au long de l’histoire, le génie du christianisme a été de s’adapter aux situations nouvelles tout en restant fermement enraciné dans la Tradition sans cesse vivante.

Et demain ?

Plutôt que de subir la situation, il est urgent d’envisager l’avenir. Il est impossible de vouloir tout maintenir, et ce n’est pas souhaitable. Le système que nous connaissons correspond à une période de chrétienté bien installée mais certainement plus à une société post-moderne confrontée à la montée des intégrismes. A une situation nouvelle, il faut une réponse nouvelle. Pourquoi ne pas former quelques communautés urbaines, regroupant plusieurs prêtres, dans un même souci d’évangélisation. Seul au milieu de nulle part et peu entouré, le prêtre s’essouffle et perd le sens de sa vocation. Avec d’autres confrères unis dans un même projet, entouré de quelques fidèles motivés, dans une église « de passage » bien située, le message évangélique peut davantage toucher nos contemporains. Plutôt que de multiplier les célébrations dans des églises désertes, pourquoi ne pas proposer une seule Messe chaque dimanche, mais avec tout le déploiement de la liturgie catholique. Cela n’est plus possible partout ! Mais cela reste envisageable dans certaines villes. Mieux vaut proposer moins, mais proposer mieux. Une belle célébration, dans une belle église, évangélise par le sens du sacré qui en transparaît. Il est clair que la Messe a une valeur inestimable, même célébrée par un prêtre et une poignée de fidèles. Mais son rayonnement missionnaire s’épanouit davantage dans de bonnes conditions.

Il est urgent de réunir les prêtres (surtout les plus jeunes) dans chaque diocèse afin d’envisager sereinement l’avenir et de rationnaliser les lieux de célébrations. Ce n’est pas de gaité de cœur qu’il faut envisager certaines fermetures d’église mais c’est inévitable et douloureux. L’histoire du christianisme et les exemples récents montrent que l’évangélisation est rarement le fait d’une personne isolée. C’est une œuvre commune à partir d’un centre qui rayonne. Dès lors, les critères sont simples : quelles sont les églises qui rayonnent ? Où trouver et regrouper des bonnes volontés ? Que fonder ? Que fermer ?... Il convient également d’insister sur la beauté du culte et sur la pertinence de la Parole annoncée. Le christianisme peut combler le cœur de l’homme. Si personne ne l’annonce, ou si le message est édulcoré au point de devenir simplement un ensemble de valeurs humanitaires, il finira par disparaître ! Mais s’il est annoncé et célébré comme Lumière du monde et Sel de la terre, alors il grandira et s’épanouira à nouveau.

Les transitions sont toujours des moments difficiles à vivre. Il faut les considérer comme une chance et un défi à relever. Les changements sont urgents. Récemment, le journal « La Croix » relayait une information inquiétante concernant le malaise de plus de 100 prêtres dans un diocèse. L’absence de perspective d’avenir est au centre de cette enquête. Reconnaître la situation, c’est déjà un pas dans la bonne direction. Changer tant qu’il est encore temps est sans doute la prochaine étape... à condition de ne pas noyer le poisson dans des commissions et sous-commissions... habitude ecclésiastique qui ne donne habituellement que peu de résultats.

02/02/2017 - Nos frères persécutés...


Un reportage à ne pas manquer ! Portons nos frères chrétiens d’Orient dans la prière et soyons généreux ! Ils ont besoin de nous ! 
Cette émission rend compte de la vie des Chrétiens au cœur de l'hiver, à Erbil ou encore dans les villages de la plaine de Ninive. Alors que les résistances des djihadistes de Daesh demeurent fortes et prolongent la bataille de Mossoul, des Chrétiens témoignent de leur espérance d'un prochain retour dans leurs foyers mais aussi dans l'incertitude de ces prochains mois. Pour la troisième fois depuis 2014, l'émission Hors les Murs vous emmène en Irak auprès des populations déplacées. Une émission en partenariat avec l'Œuvre d'Orient, présentée par Philippine de Saint Pierre.