28/01/2017 - Présence du Christ - Fraction du Pain


Dans la plupart des villages, l’église est fermée... Peur du vandalisme, peur du vol... à juste titre, hélas ! L’édifice est ouvert uniquement pour la Messe et peu à peu, on perd l’habitude d’y aller pour prier et trouver un havre de paix dans un monde agité et bruyant. Bien plus, pour beaucoup de gens, l’église n’est plus un lieu sacré mais une salle conviviale où tout est permis... sauf le recueillement ! Il faut rappeler que l’église est le lieu de la Présence, la tente de l’Alliance où Dieu nous attend. 

Quand on entre dans une église, les yeux cherchent une petite lumière. Celle-ci brille devant le maître-autel ou devant un autel latéral. Cette flamme vacillante attire. Elle annonce et rappelle la Présence réelle. C’est là que le fidèle se met à genoux et qu’il adore Jésus dans le tabernacle. Si on l’ouvrait, l’incroyant n’y trouverait qu’un récipient plus ou moins précieux contenant quelques fragments de pain... Et pourtant, le croyant voit Dieu sous ces humbles espèces. Il s’agenouille et prie en silence...  Il ne s’approche et ne s’éloigne jamais de ce lieu sans fléchir le genou en signe d’adoration. La plus petite église est un lieu consacré qui abrite le Corps du Christ livré pour nous.

La présence du Christ dans le tabernacle est la conséquence directe de la Messe, Mémorial du Seigneur, renouvellement du Sacrifice de la Croix et banquet sacré. L’Eucharistie a été instituée par Jésus au cours d’un repas, le dernier qu’il mangea avec ses apôtres avant de mourir. Ils avaient souvent mangé ensemble au bord de la route ou chez les premiers disciples. Pendant ces repas, Jésus pensait déjà à ce festin nouveau qu’il préparait pour ses apôtres et pour les générations futures qui feraient mémoire de Lui. Il attendait avec impatience le repas du Jeudi-Saint : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous. »

Il y a un repas à chaque page de l’évangile ! A Cana, chez Pierre, chez Matthieu, chez Zachée, chez Marthe et Marie, chez Simon le Pharisien... Au puits de Jacob, Jésus attend ses apôtres partis chercher de quoi manger et rencontre la Samaritaine. Dans le désert, il multiplie les pains. Dans son enseignement, l’image du festin revient fréquemment : le retour du fils prodigue est couronné par un banquet et le roi célèbre les noces de son fils par un magnifique repas. Jésus lui-même compare le ciel à une fête où les élus sont invités à la table de Dieu.

Après la résurrection, Jésus partage encore le pain avec ses disciples sur le chemin d’Emmaüs, au bord du lac, à Jérusalem et le jour-même de son Ascension. Ces repas sont des moments si forts qu’ils marquent profondément les apôtres. A Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, Saint Pierre proclame : « Nous sommes les témoins privilégiés de Jésus, nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection » (Actes, 10)

Le repas du Seigneur, la Cène, l’Eucharistie, est comme le terme de tous ces repas. Chaque d’eux nous aide à percevoir ce que Jésus a voulu et notre destiné éternelle. Ces évocations et la sollicitude de Jésus pour les hommes nous incitent à mieux connaître et aimer l’Eucharistie à laquelle il nous convie. Relisons ces belles pages d’Evangile et soyons émerveillés devant le don de Dieu.