21/01/2017 - La prière du corps


La prière du corps

Le corps participe à la prière, on l’oublie trop souvent. Rappelons quelques points importants afin que les fidèles vivent pleinement l’Eucharistie, le culte parfait institué par le Christ pour nous appliquer les mérites de sa passion et de sa résurrection.

1. Ecriture Sainte

Dans l’Ancien Testament
Dans le désert, Dieu apparaît à Moïse dans le buisson ardent et lui dit : « N’approche pasd’ici. Ôte des sandales, car le lieu que tu foules est une terre sainte. » Ces deux gestes expriment le respect et le sentiment de dépendance de l’homme en présence de son Créateur. Plus tard, quand Dieu se manifeste de nouveau à Moïse sur le Mont Sinaï, celui-ci « tombe à genoux et se prosterne. » Des siècles plus tard, sur la même montagne, le prophète Elie fait également l’expérience de la présence de Dieu et « se voile le visage avec son manteau ». Dans les psaumes, à de nombreuses reprises, nous lisons : « Je lève les yeux vers toi » ou « Vers toi je lève les mains ».

Dans le Nouveau Testament
Il serait intéressant de relever, dans le Nouveau Testament, les nombreuses attitudes vis-à-vis de Jésus : on le touche, on bondit vers lui, on se prosterne... Lors de la transfiguration, quand Pierre, Jacques et Jean entendent la voix de Dieu, « ils tombent la face contre terre ».

2. Les gestes de la prière sont aussi une prière...

Ces quelques exemples nous enseignent que devant Dieu, la première réaction de l’homme n’est pas de parler, mais de poser un geste. Celui-ci est l’expression spontanée de l’émotion qu’il ressent face à une réalité divine qui le dépasse. C’est ainsi que pour signifier son abaissement, l’homme se met à genoux devant Dieu et ferme spontanément les yeux pour entrer en communion avec lui.

Dans ce sens, l’Eglise donne des règles précises pour que pendant la Messe, le cœur des fidèles s’élève vers Dieu à travers différentes attitudes corporelles. Le corps, temple du Saint-Esprit, participe au culte de Dieu et devient l’interprète de l’âme. Pendant la célébration, il y des gestes de la prière aussi variés que les formes de la prière. Ainsi, le fidèle fait le signe de la croix, il se frappe la poitrine, il s’incline, s’agenouille, se lève, regarde l’Hostie pour l’adorer lors de l’élévation. Au moment de la Communion, le déplacement vers le chœur est aussi un geste liturgique (on l’oublie trop souvent !) qui montre l’amour de celui qui reçoit son Dieu. Cette procession (marcher vers...) n’a pas un but simplement utilitaire car il exprime la foi.

L’attitude du corps entraîne celle de l’âme. Ainsi, on s’agenouille pour se confesser parce que c’est le moment où l’on se reconnaît pécheur. Par contre, on est debout pour écouter l’évangile parce que la Parole de Dieu nous rend libre dans l’espérance de la résurrection.

3. Retrouver la dimension spirituelle des gestes collectifs

Au cours de la Messe, il est important que tous adoptent les mêmes attitudes aux mêmes moments. Celles-ci manifestent que l’assemblée est attentive à l’action liturgique et s’unit de corps et d’âme à la prière du prêtre. Dans ce domaine, la piété personnelle s’efface au profit d’une attitude commune. Peu à peu, un groupe d’individus forme une Assemblée appelée à devenir une Communauté de croyants. Il est important, afin de bien participer à la Messe de retrouver la même spontanéité collective pour plusieurs attitudes. 

Bien entendu, il est maladroit d’être uniquement préoccupé de l’attitude à avoir. Il faut que celle-ci corresponde à un sens religieux. Il est en outre important de tenir compte des personnes âgées... C’est une élémentaire charité... mais ce n’est pas une raison pour que l’ensemble des fidèles reste assis pendant toute la Messe.

4. Comment vivre la Messe ?

L’attitude « Debout » exprime la vigilance, l’activité, l’action de grâces et la condition de ressuscité. L’assemblée doit être debout :
- Quand le célébrant entre et sort ;
- Pendant l’Evangile ;
- Quand le célébrant s’adresse à elle ou récite les oraisons au nom de tous ;
- Au Notre Père.

L’attitude « Assis » n’est pas une simple position de repos. Elle exprime et facilite l’attention réceptive et contemplative. L’assemblée doit être assise :
- Pendant les lectures et le psaume ;
- Pendant l’homélie et les annonces ;
- Pour l’Offertoire.

L’attitude « A genoux » exprime et facilite la prière, la pénitence, l’adoration et l’humilité. L’assemblée doit être à genoux :
- Pendant la consécration.

Terminons en rappelant que si, à certains moments, les attitudes doivent être strictement communes, on peut concéder une certaine liberté individuelle à d’autres moments. L’important est d’expliquer le pourquoi de ces différentes positions et de les vivre dans une démarche de foi.