11/01/2017 - La messe, coûte que coûte.



La messe, coûte que coûte.

Ne banalisons jamais la messe ! La messe est le trésor de l'Eglise Catholique, elle est son coeur. L'Eglise ne peut vivre sans la messe, pas plus qu'un homme ne peut vivre sans son coeur. Le prêtre exerce pleinement son ministère lorsqu'il est à l'autel et que le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ.

Voici le récit d'une célébration clandestine au camp de Doudinka, en U.R.S.S., en 1946. C'est le père Walter Ciszek qui raconte :

"Vers la fin de notre première semaine à Doudinka, le père Casper vint un soir à la baraque, pour s'enquérir de moi. Quelques-uns de ses amis polonais lui avaient dit qu'il y avait un autre prêtre au camp. Il me trouva avant que j'aie eu le temps de l'examiner et me demanda si je voulais dire la messe. J'étais au comble de la joie. Ma dernière messe remontait à cinq ans, alors que j'étais encore à Tchousovoï. Il fut convenu que j'irais le trouver à sa baraque le lendemain, dès que le signal de six heures serait donné. 

Les détenus de la baraque du père Casper étaient surtout des Polonais. Ils vénéraient le prêtre en sa personne et le protégeaient. Il essayait de leur dire la messe au moins une fois par semaine. Le vin était fabriqué par eux avec des raisins secs qu'ils prenaient subrepticement aux docks et pour les hosties, ils s'appropriaient de la farine à la cuisine. Ce matin-là, mon calice fut un verre et le couvercle d'une montre en or me servit de patène. Je ne peux pas décrire la joie que je ressentis de pouvoir de nouveau célébrer la messe. 

Le père Casper avait eu soin d'écrire les prières sur un morceau de papier. Je les savais par coeur, mais ce matin-là j'étais si ému de bonheur que je fus content de les avoir. Il m'en fit une copie plus tard. Je la déchirai en quittant Doudinka, de peur qu'elle ne fut découverte lors des inspections réglementaires à l'entrée du nouveau camp. Une fois que je fus à l'intérieur, je les écrivis de nouveau."(L'espion du Vatican, Walter J. Ciszek, s.j., Salvator, 1966, page 230). 

Le Père Walter J. Ciszek, s.j.

Un autre fait quelques années plus tard :

En avril 1979, la nouvelle a été communiquée qu'un évêque catholique albanais, Mgr E. Coba, aurait été battu à mort, dans un camp de concentration de ce pays, pour y avoir célébré un service religieux interrompu par les gardiens du camp. Mgr Coba a été surpris en flagrant délit, c'est-à-dire au cours d'une célébration de l'Eucharistie. Maltraité, privé de nourriture, Mgr Coba est décédé. Il avait 67 ans ; il était évêque depuis 1953 et administrateur apostolique de Scutari. Il était incarcéré depuis de longues années. (Chrétiens de l'Est, no 28, 4e trimestre 1980, page 2).