30/01/2017 - Acte du Concile Vatican II - Sacrosanctum Concilium


Présence du Christ à son Eglise dans la liturgie

Le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la Messe : dans la personne du ministre, « car celui qui offre maintenant par le ministère des prêtres, est celui-là même qui s’offrit alors lui-même sur la croix. » Il est présent surtout dans les espèces eucharistiques. Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que, lorsque quelqu’un baptise, c’est lui qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Eglise les Saintes Ecritures. Enfin, il est là présent lorsque l’Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

Dans la liturgie terrestre, nous participons, par un avant-goût, à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte Cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs ; c’est là que le Christ siège à la droite de Dieu comme ministre du vrai sanctuaire et de la véritable tente. Avec toute l’armée des chœurs célestes, nous chantons au Seigneur l’hymne de gloire ; en vénérant la mémoire des saints, nous espérons partager leur société ; nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ, jusqu’au moment où il paraîtra, lui, notre vie, et où, nous aussi, nous paraîtrons avec lui en pleine gloire.

28/01/2017 - Présence du Christ - Fraction du Pain


Dans la plupart des villages, l’église est fermée... Peur du vandalisme, peur du vol... à juste titre, hélas ! L’édifice est ouvert uniquement pour la Messe et peu à peu, on perd l’habitude d’y aller pour prier et trouver un havre de paix dans un monde agité et bruyant. Bien plus, pour beaucoup de gens, l’église n’est plus un lieu sacré mais une salle conviviale où tout est permis... sauf le recueillement ! Il faut rappeler que l’église est le lieu de la Présence, la tente de l’Alliance où Dieu nous attend. 

Quand on entre dans une église, les yeux cherchent une petite lumière. Celle-ci brille devant le maître-autel ou devant un autel latéral. Cette flamme vacillante attire. Elle annonce et rappelle la Présence réelle. C’est là que le fidèle se met à genoux et qu’il adore Jésus dans le tabernacle. Si on l’ouvrait, l’incroyant n’y trouverait qu’un récipient plus ou moins précieux contenant quelques fragments de pain... Et pourtant, le croyant voit Dieu sous ces humbles espèces. Il s’agenouille et prie en silence...  Il ne s’approche et ne s’éloigne jamais de ce lieu sans fléchir le genou en signe d’adoration. La plus petite église est un lieu consacré qui abrite le Corps du Christ livré pour nous.

La présence du Christ dans le tabernacle est la conséquence directe de la Messe, Mémorial du Seigneur, renouvellement du Sacrifice de la Croix et banquet sacré. L’Eucharistie a été instituée par Jésus au cours d’un repas, le dernier qu’il mangea avec ses apôtres avant de mourir. Ils avaient souvent mangé ensemble au bord de la route ou chez les premiers disciples. Pendant ces repas, Jésus pensait déjà à ce festin nouveau qu’il préparait pour ses apôtres et pour les générations futures qui feraient mémoire de Lui. Il attendait avec impatience le repas du Jeudi-Saint : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous. »

Il y a un repas à chaque page de l’évangile ! A Cana, chez Pierre, chez Matthieu, chez Zachée, chez Marthe et Marie, chez Simon le Pharisien... Au puits de Jacob, Jésus attend ses apôtres partis chercher de quoi manger et rencontre la Samaritaine. Dans le désert, il multiplie les pains. Dans son enseignement, l’image du festin revient fréquemment : le retour du fils prodigue est couronné par un banquet et le roi célèbre les noces de son fils par un magnifique repas. Jésus lui-même compare le ciel à une fête où les élus sont invités à la table de Dieu.

Après la résurrection, Jésus partage encore le pain avec ses disciples sur le chemin d’Emmaüs, au bord du lac, à Jérusalem et le jour-même de son Ascension. Ces repas sont des moments si forts qu’ils marquent profondément les apôtres. A Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, Saint Pierre proclame : « Nous sommes les témoins privilégiés de Jésus, nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection » (Actes, 10)

Le repas du Seigneur, la Cène, l’Eucharistie, est comme le terme de tous ces repas. Chaque d’eux nous aide à percevoir ce que Jésus a voulu et notre destiné éternelle. Ces évocations et la sollicitude de Jésus pour les hommes nous incitent à mieux connaître et aimer l’Eucharistie à laquelle il nous convie. Relisons ces belles pages d’Evangile et soyons émerveillés devant le don de Dieu.

25/01/2017 - Formation : L'étole


L’étole apparaît en Orient au quatrième siècle, sous le nom primitif d’Orarium. Cette bande d’étoffe reçoit le nom de Stola à l’époque carolingienne.

Selon certains auteurs, la Stola romaine est primitivement une tunique ouverte par devant, dont l’ornementation consiste en une riche bordure d’étoffe précieuse qui fait le tour du cou et descend jusqu’au bas de la robe. Pour d’autres, la Stola dérive de l’antique Orarium, sorte de foulard que portaient certains dignitaires romains, pour signifier et montrer qu’ils avaient un office à remplir.

En Occident, la Stola apparaît en Espagne en 561 comme l’insigne des Diacres, et en 633 comme l’ornement commun aux trois Ordres : Evêques, prêtres et diacres. A Rome, il est attesté à partir du dixième siècle comme insigne apparent et distinctif, même si une autre forme est attestée antérieurement. La Stola est alors une simple bande de tissu tombant au moins jusqu’aux genoux.

En règle générale, l'étole est utilisée par le prêtre et le diacre dans toutes les fonctions liées aux Ordres qu'ils ont reçu : Célébration de la Messe, administration des sacrements, bénédictions, Salut du Saint-Sacrement...

Symbolisme

L'étole est un symbole d’innocence et rappelle la robe d'immortalité (Apocalypse) perdue par le péché originel et rendue par la mort et la résurrection du Christ. Elle est également considérée comme le joug du Seigneur, doux et léger dans l'adversité.

21/01/2017 - Le début de la fin pour la foi dans nos contrées ?




Si nous ne réagissons pas, voilà à quoi ressembleront, d'ici peu, nos églises... Réveillons-nous ! Nous devons être des missionnaires dans notre aujourd'hui et rendre la dimension sacrée à nos églises ! Une question légitime se pose face à de telles photographies : ne devrions-nous pas démolir les églises qui ne sont plus desservies plutôt que de les transformer en des temples païens avec des reliquats d'art sacrée ?

21/01/2017 - La prière du corps


La prière du corps

Le corps participe à la prière, on l’oublie trop souvent. Rappelons quelques points importants afin que les fidèles vivent pleinement l’Eucharistie, le culte parfait institué par le Christ pour nous appliquer les mérites de sa passion et de sa résurrection.

1. Ecriture Sainte

Dans l’Ancien Testament
Dans le désert, Dieu apparaît à Moïse dans le buisson ardent et lui dit : « N’approche pasd’ici. Ôte des sandales, car le lieu que tu foules est une terre sainte. » Ces deux gestes expriment le respect et le sentiment de dépendance de l’homme en présence de son Créateur. Plus tard, quand Dieu se manifeste de nouveau à Moïse sur le Mont Sinaï, celui-ci « tombe à genoux et se prosterne. » Des siècles plus tard, sur la même montagne, le prophète Elie fait également l’expérience de la présence de Dieu et « se voile le visage avec son manteau ». Dans les psaumes, à de nombreuses reprises, nous lisons : « Je lève les yeux vers toi » ou « Vers toi je lève les mains ».

Dans le Nouveau Testament
Il serait intéressant de relever, dans le Nouveau Testament, les nombreuses attitudes vis-à-vis de Jésus : on le touche, on bondit vers lui, on se prosterne... Lors de la transfiguration, quand Pierre, Jacques et Jean entendent la voix de Dieu, « ils tombent la face contre terre ».

2. Les gestes de la prière sont aussi une prière...

Ces quelques exemples nous enseignent que devant Dieu, la première réaction de l’homme n’est pas de parler, mais de poser un geste. Celui-ci est l’expression spontanée de l’émotion qu’il ressent face à une réalité divine qui le dépasse. C’est ainsi que pour signifier son abaissement, l’homme se met à genoux devant Dieu et ferme spontanément les yeux pour entrer en communion avec lui.

Dans ce sens, l’Eglise donne des règles précises pour que pendant la Messe, le cœur des fidèles s’élève vers Dieu à travers différentes attitudes corporelles. Le corps, temple du Saint-Esprit, participe au culte de Dieu et devient l’interprète de l’âme. Pendant la célébration, il y des gestes de la prière aussi variés que les formes de la prière. Ainsi, le fidèle fait le signe de la croix, il se frappe la poitrine, il s’incline, s’agenouille, se lève, regarde l’Hostie pour l’adorer lors de l’élévation. Au moment de la Communion, le déplacement vers le chœur est aussi un geste liturgique (on l’oublie trop souvent !) qui montre l’amour de celui qui reçoit son Dieu. Cette procession (marcher vers...) n’a pas un but simplement utilitaire car il exprime la foi.

L’attitude du corps entraîne celle de l’âme. Ainsi, on s’agenouille pour se confesser parce que c’est le moment où l’on se reconnaît pécheur. Par contre, on est debout pour écouter l’évangile parce que la Parole de Dieu nous rend libre dans l’espérance de la résurrection.

3. Retrouver la dimension spirituelle des gestes collectifs

Au cours de la Messe, il est important que tous adoptent les mêmes attitudes aux mêmes moments. Celles-ci manifestent que l’assemblée est attentive à l’action liturgique et s’unit de corps et d’âme à la prière du prêtre. Dans ce domaine, la piété personnelle s’efface au profit d’une attitude commune. Peu à peu, un groupe d’individus forme une Assemblée appelée à devenir une Communauté de croyants. Il est important, afin de bien participer à la Messe de retrouver la même spontanéité collective pour plusieurs attitudes. 

Bien entendu, il est maladroit d’être uniquement préoccupé de l’attitude à avoir. Il faut que celle-ci corresponde à un sens religieux. Il est en outre important de tenir compte des personnes âgées... C’est une élémentaire charité... mais ce n’est pas une raison pour que l’ensemble des fidèles reste assis pendant toute la Messe.

4. Comment vivre la Messe ?

L’attitude « Debout » exprime la vigilance, l’activité, l’action de grâces et la condition de ressuscité. L’assemblée doit être debout :
- Quand le célébrant entre et sort ;
- Pendant l’Evangile ;
- Quand le célébrant s’adresse à elle ou récite les oraisons au nom de tous ;
- Au Notre Père.

L’attitude « Assis » n’est pas une simple position de repos. Elle exprime et facilite l’attention réceptive et contemplative. L’assemblée doit être assise :
- Pendant les lectures et le psaume ;
- Pendant l’homélie et les annonces ;
- Pour l’Offertoire.

L’attitude « A genoux » exprime et facilite la prière, la pénitence, l’adoration et l’humilité. L’assemblée doit être à genoux :
- Pendant la consécration.

Terminons en rappelant que si, à certains moments, les attitudes doivent être strictement communes, on peut concéder une certaine liberté individuelle à d’autres moments. L’important est d’expliquer le pourquoi de ces différentes positions et de les vivre dans une démarche de foi.

14/01/2017 - Liturgie et catéchèse


La plupart des diocèses investissent beaucoup de temps, d’énergie et d’argent dans le domaine de la « catéchèse ». Formation en tous genres, documentation abondante, affiches, journées de rencontres, consultations diocésaines qui succèdent aux consultations précédentes presque aussitôt jugées dépassées par les « acteurs pastoraux »... La liste est longue... Dans ce domaine, et face à la déchristianisation galopante, le mot « créativité » est au centre du verbiage ecclésiastique ! Il faut pourtant poser un regard lucide sur la situation. Durant ces quarante dernières années, on a vraiment tout essayé en lieu et place du catéchisme (!) : les jeux, les contes, les bricolages, les mimes, les DVD interactifs... sans aucun résultat à long terme (et même à court terme !). Chaque année, dans la plupart des paroisses, un groupe d’enfants de moins en moins nombreux se préparent à une « Profession de foi » sans lendemain, dont l’apothéose est une célébration bruyante et sans piété. On reste pantois (et même admiratif !) face à l’acharnement pastoral des supérieurs diocésains qui continuent de promouvoir une formule vide et obsolète, eux qui pourtant « savent lire les signes des temps »... Sociologiquement, la Profession de foi collective peut s’envisager dans une société majoritairement chrétienne mais pas dans un contexte indifférent ou hostile ! Certains objecteront que cette invitation est une porte ouverte à l’évangélisation. On peut en douter au vu des résultats ! Comme le disait récemment un brave curé de paroisses au sujet des enfants du catéchisme et de la « Communion solennelle » : « A quoi bon, de toutes façons, on ne les voit pas avant, on ne les voit pas pendant et on ne les verra quand même pas après ! » C’est un fait connu, dans les paroisses où sont organisées des « Messes de familles » une fois par mois, les enfants du catéchisme y assistent (bien obligés) pendant les deux ans de « cheminement » et disparaissent à la fin du mois de mai !

Propositions

1. Ne plus viser la quantité

Tous sont appelés à découvrir le Christ. C’est évident, mais cela demande un minimum de bonne volonté et de sérieux. Plutôt que d’organiser des célébrations collectives de « Premières communion » ou de « Profession de foi » pourquoi ne pas proposer un catéchisme personnalisé pour les enfants dont les familles assistent à la Messe chaque dimanche. Tous sont invités mais la pratique religieuse doit être un pré-requis. Sans cela, la fête restera toujours sans lendemain. Ce n’est pas en « coloriant des pâquerettes » au catéchisme que l’enfant découvrira le Christ. C’est en assistant à la Messe, en voyant prier les fidèles, en regardant le prêtre célébrer saintement l’Eucharistie, que le jeune chrétien entrera peu à peu dans un mystère qui le dépasse. Aidé par ses parents (ou une personne de confiance qui peut suppléer), il devra comprendre que la Messe du dimanche n’est pas facultative mais obligatoire. On n’y va pas si on en a envie, mais parce que Dieu nous le demande. La Messe n’est pas une distraction ou une « fête ». C’est le renouvellement de l’Offrande du Christ au Calvaire. On devient chrétien par osmose, en voyant les autres prier, en imitant, en passant peu à peu de l’ignorance à la compréhension. Plaquer deux années de catéchèse sans ce préalable ne produira jamais de fruits ! Cette optique demande de renoncer aux « célébrations de masse » pour catéchiser en profondeur (par la Messe) les enfants des familles pratiquantes. Vouloir évangéliser « la périphérie » sans d’abord affermir le centre revient à construire une maison sur du sable. Il est préférable de célébrer la première communion d’un seul enfant motivé et encouragé par son entourage, que d’organiser des « apostasies solennelles » conclues par le Curé répétant chaque année à la fin de la célébration : « Regarde-les bien Seigneur, tu ne les verras plus avant longtemps ».

2. Promouvoir une liturgie digne et belle

La liturgie précède la catéchèse ! C’est parce qu’il a découvert Dieu dans la prière et la liturgie que le fidèle approfondit ses connaissances. Ce n’est pas parce qu’il a quelques notions sur la foi chrétienne que l’incroyant ouvre son cœur et pousse la porte de l’Eglise. Beaucoup de témoignages de convertis vont dans ce sens. Rappelons l’expérience de Paul Claudel découvrant Dieu au cours d’un Office à Notre-Dame de Paris ! Cette rencontre n’est possible que dans une atmosphère sacrée qui transcende la banalité de la vie humaine. A contrario, une célébration horizontale et bruyante ne produira que du vide... ce vide que nous subissons de la part de nombreux prêtres qui refusent de célébrer la Messe selon les rubriques du Missel.

Il est utile de rappeler que la Messe n’est pas une séance de « catéchèse » mais une célébration du mystère de la foi. Dans ce sens, il ne faut pas chercher à occuper continuellement l’enfant (et l’adulte !). Il faut le laisser découvrir à son rythme, à sa place, sous l’œil attentif d’un adulte responsable. Il ne comprendra pas tout, son imagination vagabondera inévitablement, il éprouvera peut-être de l’ennui... Il faut oser le dire et l’accepter. La Messe est répétitive et ne peut pas être vécue comme un spectacle de variétés où l’attention est sans cesse en éveil. La découverte de la vie spirituelle ne se fait pas sans effort et persévérance. L’enfant est souvent ouvert au sens du sacré à condition de ne pas être étouffé par des catéchistes de bonne volonté qui transfèrent sur lui leur propre ennui et incompréhension de la Messe.

Conclusion : Célébrer... et puis catéchiser !

Trop investir dans des « méthodes de catéchèse » sans placer la Messe au centre de la vie chrétienne revient à labourer la mer... Plutôt que vouloir à tout prix un maximum d’enfants « en catéchèse », mais sans lendemain, il est peut-être bon d’apprendre à laisser venir... à accueillir celui qui vient... Faut-il courir après celui qui ne veut pas, ou qui veut « à condition... » ! Cette attitude sera libératrice. Le Christ ne nous demande pas combien nous sommes... mais si nous avons de la saveur ! Et si nous sommes peu nombreux, n’oublions pas d’être fervent. La ferveur évangélise ! Un enfant est davantage impressionné par le témoignage d’un chrétien à genoux devant le tabernacle que par des chants ridicules et des rondes autour de l’autel. A une catéchiste qui s’offusquait d’un enfant qui communiait sur la langue et qui lui en demandait la raison, ce dernier lui dit : « C’est pour faire comme le monsieur du premier rang... » A son niveau, il avait fait la différence entre le banal et le sacré.... et il imitait tout simplement !

11/01/2017 - La messe, coûte que coûte.



La messe, coûte que coûte.

Ne banalisons jamais la messe ! La messe est le trésor de l'Eglise Catholique, elle est son coeur. L'Eglise ne peut vivre sans la messe, pas plus qu'un homme ne peut vivre sans son coeur. Le prêtre exerce pleinement son ministère lorsqu'il est à l'autel et que le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ.

Voici le récit d'une célébration clandestine au camp de Doudinka, en U.R.S.S., en 1946. C'est le père Walter Ciszek qui raconte :

"Vers la fin de notre première semaine à Doudinka, le père Casper vint un soir à la baraque, pour s'enquérir de moi. Quelques-uns de ses amis polonais lui avaient dit qu'il y avait un autre prêtre au camp. Il me trouva avant que j'aie eu le temps de l'examiner et me demanda si je voulais dire la messe. J'étais au comble de la joie. Ma dernière messe remontait à cinq ans, alors que j'étais encore à Tchousovoï. Il fut convenu que j'irais le trouver à sa baraque le lendemain, dès que le signal de six heures serait donné. 

Les détenus de la baraque du père Casper étaient surtout des Polonais. Ils vénéraient le prêtre en sa personne et le protégeaient. Il essayait de leur dire la messe au moins une fois par semaine. Le vin était fabriqué par eux avec des raisins secs qu'ils prenaient subrepticement aux docks et pour les hosties, ils s'appropriaient de la farine à la cuisine. Ce matin-là, mon calice fut un verre et le couvercle d'une montre en or me servit de patène. Je ne peux pas décrire la joie que je ressentis de pouvoir de nouveau célébrer la messe. 

Le père Casper avait eu soin d'écrire les prières sur un morceau de papier. Je les savais par coeur, mais ce matin-là j'étais si ému de bonheur que je fus content de les avoir. Il m'en fit une copie plus tard. Je la déchirai en quittant Doudinka, de peur qu'elle ne fut découverte lors des inspections réglementaires à l'entrée du nouveau camp. Une fois que je fus à l'intérieur, je les écrivis de nouveau."(L'espion du Vatican, Walter J. Ciszek, s.j., Salvator, 1966, page 230). 

Le Père Walter J. Ciszek, s.j.

Un autre fait quelques années plus tard :

En avril 1979, la nouvelle a été communiquée qu'un évêque catholique albanais, Mgr E. Coba, aurait été battu à mort, dans un camp de concentration de ce pays, pour y avoir célébré un service religieux interrompu par les gardiens du camp. Mgr Coba a été surpris en flagrant délit, c'est-à-dire au cours d'une célébration de l'Eucharistie. Maltraité, privé de nourriture, Mgr Coba est décédé. Il avait 67 ans ; il était évêque depuis 1953 et administrateur apostolique de Scutari. Il était incarcéré depuis de longues années. (Chrétiens de l'Est, no 28, 4e trimestre 1980, page 2). 

08/01/2017 - Le pape François nous montre l'exemple...


Pour ceux qui en doutaient, la réforme liturgique, voulue par les pères conciliaires, autorise la célébration de la messe ad orientem. Le pape François nous a montré l'exemple ce matin ! Le fait de pouvoir célébrer orienté ou face à l'assemblée doit être une richesse et non une source de divisions. Notre Eglise traverse une crise sérieuse, ne serait-il pas temps de cesser de se quereller et d'accepter les directives romaines en Liturgie ? La Nouvelle Évangélisation passera inévitablement par une réintroduction du sens du sacré dans nos liturgies.

08/01/2017 - A écouter absolument - Le Père Thierry-Dominique Humbrecht

08/01/2017 - Introït de l'Epiphanie


07/01/2017 - Funérailles chrétiennes... Témoignage du Père André

Funérailles chrétiennes... Témoignage du Père André :

Les vacances (même de Noël !) sont synonymes de « dépaysement » et de « découvertes ». Etant récemment avec un ami aux Pays-Bas, nous souhaitions visiter le trésor de la basilique d’une ville importante de ce pays. Nous arrivons au moment où vont commencer des funérailles. L’église étant inaccessible pendant plus ou moins une heure, nous admirons le cloître et les merveilleuses pièces d’orfèvrerie magnifiquement exposées. Au terme de la visite, notre attention est attirée par une pièce grégorienne diffusée par des haut-parleurs. Nous supposons tout d’abord qu’il s’agit d’un disque jusqu’au moment où nous pénétrons discrètement dans l’église afin de ne pas perturber la cérémonie.

Ce que voyons est tellement inhabituel que nous assistons aux funérailles, ouvrant grands les yeux et les oreilles. La Messe est célébrée selon le missel du Bienheureux Paul VI (forme ordinaire) sur un bel autel de pierre dans le chœur de l’église. A notre grande surprise, tout est magnifiquement exécuté : ornement complet (avec le voile de calice !), schola grégorienne (en tenue liturgique), service d’autel, encens... et plusieurs prières récitées et chantées en latin par le prêtre. On croit rêver ! Tout est propre, tout brille ! Pas de chant profane épouvantable, pas de discours larmoyant... une célébration comme on n’en voit quasiment jamais. Le défunt quitte l’église entouré de la schola interprétant le « In paradisum ».

Après la Messe, le célébrant (le doyen de la basilique) vient à notre rencontre... La tenue ecclésiastique favorise les rencontres ! Mon ami et moi lui faisons part de nos impressions et nous apprenons que la cérémonie à laquelle nous venons d’assister est habituelle dans sa paroisse.

C’est une belle découverte, pleine d’espérance, et une belle mise en œuvre de la liturgie catholique. Félicitations, M. le Doyen ! Vous nous avez donné, sans le savoir, une belle leçon liturgique !   

02/01/2017 - Contempler la crèche - Père Simon Noël, OSB

 

En cette octave de Noël, nous sommes invités à vivre dans la contemplation de la crèche. La crèche est une scène sublime qui nous parle de l'amour, de la miséricorde et de la tendresse de Dieu. Le petit enfant que nous voyons couché sur la paille est le Fils de Dieu, qui s'est fait l'un de nous, qui est venu chez nous afin de nous sauver et de nous rendre éternellement heureux. L'enfant Jésus nous regarde avec ses petits yeux, il nous sourit, il nous tend ses petites mains pour nous embrasser. Il est tout amour pour chacun d'entre nous. Saint Bernard a dit cette parole pleine de douceur au sujet de la crèche : Qui de nous ne sait qu'un enfant pardonne facilement ? Jésus, le Tout-Puissant, s'est fait enfant pour que nous n'ayons plus peur de Dieu. Il désire que nous ayons avec lui une relation d'amitié, de familiarité, de confiance et d'intimité. Nous devons le regarder en silence, afin que notre cœur soit semblable au sien, rempli de douceur, de bonté et de miséricorde, ces vertus qui font cruellement défaut dans le monde d'aujourd'hui. Nous sommes appelés à recevoir cet amour, à nous laisser envelopper par lui et à le répandre autour de nous. La paix de Noël, chantée par les anges à Bethléem, sera alors dans notre cœur et elle sera un peu plus présente dans le monde.

Il y a un autre élément important dans l'évangile de Noël : les bergers. Ceux qui furent choisis pour venir à la crèche, ce sont des petits, des humbles, des pauvres. Dans la prière, nous pouvons nous aussi nous tenir spirituellement dans la crèche, au milieu des bergers. Simplement être là, en présence de l'enfant Jésus, avec notre pauvreté, notre misère, notre mal être et même avec notre péché. Nous pouvons donner notre péché à l'enfant de Bethléem, pour qu'il nous punisse en nous embrassant, en répandant dans notre cœur la douceur de son amour. Notre attitude profonde dans la crèche doit être l'humilité. Demandons à Jésus de redevenir des enfants et d'entrer ainsi dans son Royaume.

La contemplation de la crèche est une tradition nourrissante spirituellement. Beaucoup de saints l'ont pratiquée et recommandée. Prenons le temps de rester nous aussi dans la crèche de Bethléem et nous serons étonnés de voir la transformation que nous apportera cette contemplation simple et silencieuse.