10/12/2017 - A propos du Motu proprio « Summorum pontificum »…

A propos du Motu proprio « Summorum pontificum »…

Quelques réflexions…

Le Motu proprio « Summorum pontificum » promulgué par Benoît XVI le 7 juillet 2007 est habituellement présenté par les « traditionalistes » comme une approbation de la Messe tridentine. En effet, ce texte a été et reste largement cité et commenté dans de nombreux écrits dont le but est de promouvoir cette liturgie. Loin de tout esprit polémique, il convient de questionner le document pour le situer à sa juste place.

Une volonté de pacification

Il semble que le Motu proprio « Summorum pontificum » doit être envisagé comme une tentative de réconciliation interne au sein d’une partie de l’Eglise catholique. Le fait qu’il soit signé par le pape Benoît XVI est révélateur. N’est-ce pas lui qui, alors cardinal, a géré l’épineux dossier de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, la création de la Fraternité sacerdotale Saint Pierre et la possibilité d’un schisme dans une Eglise fragilisée par un contexte de plus en plus sécularisé. Les « discussions doctrinales » entre les « traditionalistes » et la « Rome conciliaire » avançant très lentement, le pape a posé plusieurs gestes de bonté paternelle dont la levée des excommunications et la fameuse « libéralisation » de la messe tridentine (appelée aujourd’hui « forme extraordinaire » ou missel de Jean XXIII). Après plus de dix ans d’application, force est de constater que la réconciliation interne n’a pas abouti mais que ce document est souvent instrumentalisé pour justifier une célébration dont le concile Vatican II a demandé la restauration de façon explicite (Constitution Sacrosanctum Concilium). Le Motu proprio est à considérer comme un texte de compromis et certainement pas comme un encouragement pontifical à se tourner massivement vers un rite qui a perdu légitiment sa raison d’être par la promulgation d’un nouveau missel.

Afin de ne pas remettre en cause le travail de restauration du dernier concile, Benoît XVI (en tant que pape) n’a jamais célébré dans l’ancien rite et n’en a jamais fait la promotion. Il reconnaît qu’il est vénérable, il admet que des fidèles y trouvent un aliment spirituel mais il affirme aussi qu’il est « extraordinaire », c’est à dire qu’il ne doit pas faire partie de la vie « ordinaire » de l’Eglise. Il est sans doute important de le rappeler pour ne pas accorder trop d’importance à un texte facile à exploiter au détriment de l’unité liturgique de l’Eglise.

Parmi les nombreuses études du Cardinal Ratzinger sur la liturgie, Denis Crouan, dans son dernier ouvrage « La Grande rupture », cite ce passage particulièrement éclairant :  « Au début du XXe siècle, la liturgie était comme une fresque parfaitement préservée, mettre presque entièrement recouverte de couches successives. Pour les fidèles, elle était en grande partie dissimulée sous une foule de rubriques et de prières privées. Certains allaient même jusqu'à réciter leur chapelet pendant que le prêtre célébrait la messe. Après le concile Vatican II, la fresque fut dégagée, et pendant un instant, on en resta fasciné. Mais aujourd'hui, exposée aux conditions climatiques et à diverses tentatives de restauration, cette même fresque risque d'être détruite. » (L’esprit de la liturgie)

Ainsi la solution à la désacralisation de la liturgie n’est pas à trouver dans le retour d’une forme obsolète mais dans l’application rigoureuse du missel de Paul VI, missel plénier de l’Eglise catholique. Il s’agit de l’enseignement invariable de tous les pontifes depuis le concile. Faire du pape émérite le promoteur de l’ancien rite constitue un abus de langage. Il convient de rappeler inlassablement qu’une réforme ne peut pas être jugée par sa non-application et que le travail du clergé est de la faire connaître et appliquer.

De fait, partout où la messe de Paul VI est célébrée dignement (pensons au magnifique travail de la communauté Saint Martin et des Légionnaires du Christ), le « combat » pour la célébration de la messe dite « traditionnelle » ne se justifie plus. Le problème est, hélas, beaucoup plus profond qu’une simple question de rites… C’est le travail du concile Vatican II qui est explicitement remis en cause par des prêtres qui se disent fidèles à l’Eglise.

De nombreuses contradictions…

Il semble totalement incohérent de reconnaître du bout des lèvres la validité de la messe de Paul VI et de refuser obstinément sa célébration. Il s’agit d’une position théologiquement insoutenable. Si cette liturgie est approuvée comme norme authentique de l’Eglise catholique, comment prétendre à la fidélité sans la célébrer au moins occasionnellement. Plus grave, les choix liturgiques de ces prêtres « traditionalistes » sont souvent étayés par des arguments théologiques qui ne tiennent pas compte du Magistère actuel de l’Eglise.

D’un point de vue sociologique, la démarche des fidèles réclamant la messe tridentine est caractéristique de la société contemporaine qui place le sujet au centre des débats. De fait, il serait intéressant d’étudier attentivement les raisons qui justifient ce choix et qui sont parfois bien éloignées des questions spirituelles. Le fait de choisir son rite, selon des critères personnelles (« j’aime bien », « je prie mieux », « appartenances sociales ») est typiquement moderne et constitue un fait inédit. Traditionnellement, le rite ne se choisit pas, il se reçoit dans la fidélité à l’Eglise, gardienne de la liturgie. Rappelons que le rite n’a cessé d’évoluer au cours de l’histoire et que la « messe de toujours » est une invention récente. Bien sûr, il a toujours existé plusieurs rites dans l’Eglise, mais jamais sur le même territoire, au même moment et pour une même catégorie de fidèles.

Dans ce sens, la formule maladroite des « deux formes (ordinaire et extraordinaire) de l’unique rite romain » soulève de nombreuses questions. Quels sont les critères objectifs d’un choix, ? Comment promouvoir la restauration liturgique voulue par le concile Vatican II dans un climat de concurrence dans lequel les fidèles sont instrumentalisés ? L’ambiguïté théologique liée au refus de la liturgie restaurée est-elle justifiée et justifiable ? Au nom d’une pacification, est-il légitime de faire cohabiter deux rites dans une même église ? L’Eglise ne court-elle pas le risque d’un éclatement de la pratique en une multitude de chapelles ?… Le Motu proprio « Summorum pontificum » soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Un rappel fondamental

La liturgie ne peut pas être une affaire privée, soumise aux critères de groupes de pression (même officiels). Elle est l’oeuvre de l’Eglise qui agit souverainement dans ce domaine. Il est surprenant de constater que le refus de la messe de Paul VI se justifie souvent par la fidélité à la Tradition… Mais y-a-t-il une Tradition en dehors du Magistère actuel de l’Eglise ?

26/11/2017 - Le mystère pascal au cœur de la messe

Le mystère pascal au coeur de la Messe

Le mystère pascal est au coeur de la foi chrétienne. C’est à la suite du Christ, mort et ressuscité, que le croyant fait l’expérience du Salut. Celui-ci est pleinement reçu dans la foi mais en attente de sa réalisation plénière eschatologique. Il y a une tension dans la vie du baptisé : il est sauvé définitivement par la mort et la résurrection du Christ tout en étant « en attente » de la vision béatifique.

La redécouverte de cette notion centrale de « mystère pascal » est le fruit des recherches liturgiques du début du 20ème siècle entreprises notamment par Dom Odo Casel de l’abbaye de Maria-Laach. L’étude approfondie des premiers siècles du christianisme (écrits patristiques) a permis une approche renouvelée de la liturgie qui a aboutit à sa restauration lors du Concile Vatican II. Dans ce sens, cette entreprise n’a pas consisté à introduire des « nouveautés » pour moderniser la messe, mais à rendre à la célébration sa lisibilité première par delà les ajouts des époques successives. Il est important de rappeler que les protagonistes de ce « mouvement liturgique » (Dom Lambert Beauduin, Dom Bernard Botte, Louis Bouyer…) étaient tous des savants érudits et que le travail n’a pas été bâclé comme certains ont voulu le faire croire !

La Messe, vécue comme l’actualisation du mystère pascal, fait entrer le croyant dans une vie configurée au Christ. Dans ce sens, elle est pleinement le mémorial de l’offrande totale du Christ continuée dans la vie du chrétien. Le temps de Dieu entre dans le temps humain pleinement tendu vers les réalités célestes. La messe est dès lors bien plus que « l’application des mérites du sacrifice de la croix », vision réductrice et trop « utilitaire ». Elle englobe l’Offrande du Christ dans un mémorial qui plonge le croyant dans l’expérience du Salut en oeuvre en lui.

Ainsi, la séquence : Denier repas (don sacramentel) - Offrande sur la croix (don victimal) - Résurrection (don eschatologique), est contenue dans une même célébration. Le champ de vision spirituelle s’élargit car il rend présent l’événement pascal dans sa totalité. Il ne se réduit plus à une vision formaliste de la Messe qui trop souvent isole le renouvellement du sacrifice de la croix des autres réalités du Salut qui s’éclairent mutuellement.

« Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et pour confier ainsi à l’Église, son Épouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection : sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné. (Sacrosanctum Concilium 47)

29/10/2017 - Prudence pastorale...

Prudence pastorale…

Quand un prêtre change de paroisses et qu’il découvre la réalité pastorale de sa nouvelle affectation, il entend quasiment toujours le même conseil : « Il ne faut rien changer avant 1 an… », « Il faut prendre le temps de découvrir… », « Il ne faut pas brusquer les habitudes… ». Le sous-entendu est le suivant : essayer de se faire « accepter » pour ensuite changer doucement certaines choses… Il est utile de donner quelques pistes et de « libérer » le pasteur d’un poids parfois difficile à gérer.

Quand un prêtre fraichement ordonné ou jeune curé arrive dans ses nouvelles paroisses, il est précédé par une histoire et découvre les personnes impliquées dans les oeuvres. Dans la plupart des cas, des « laïcs engagés » souhaitent ardemment fonctionner « comme on a toujours fait ». Il faut constater que, dans de nombreux diocèses, le jeune clergé est assez classique et que beaucoup de fidèles sont généreux mais déformés par des dizaines d’années de pastorale progressiste. Dans ce climat, les tensions surgissent inévitablement face au « col romain », à la célébration de la Messe et à la manière de donner le catéchisme (et non pas de faire la catéchèse…). Le prêtre doit parfois se justifier d’être tout simplement fidèle à ce que l’Eglise demande. Mais comment le faire comprendre quand des laïcs enragés, véritables dictateurs locaux, confondent leurs propres idées (envies) avec le Saint-Esprit ?

Dès lors, il n’y a que 2 solutions : Renoncer ou changer…

Renoncer

C’est, hélas, la « solution » adoptée par le plus grand nombre… Au nom de l’adaptation, du « quand dira-t-on » et du désir de plaire, beaucoup de prêtres abandonnent le col romain (et le reste !) dans les années qui suivent l’ordination. Interrogé sur ce sujet, l’un d’entre eux n’hésitait pas à dire avec ironie : « le vernis sacerdotal a fondu ». Le plus grave, c’est que de détails en détails, le coeur de la foi est en danger. On ne renonce pas à un idéal élevé sans garder des séquelles durant toute la vie… 

Au quotidien, la pente est douce… A quoi bon se battre pour la liturgie ou pour le catéchisme alors que l’opinion de quelques laïcs enragés est écoutée attentivement dans les évêchés. Plus grave, en cas de conflit justifié… qui aura raison ? Les membres d’un « Soviet local » ou le prêtre qui veut vivre pleinement son sacerdoce et qui doit assumer l’étiquette : « Pas adapté ! ». Dans ce climat, insensiblement, au nom de la paix, que de prêtres ont fini tout simplement par céder sur des points essentiels de doctrine, de liturgie ou de morale. L’homme est capable de beaucoup pour un peu de reconnaissance et de chaleur humaine… 

Changer

Il faut garder à l’esprit que le changement est toujours possible, à condition de bien s’entourer et de résister. Il est clair que celui-ci n’est souhaitable que face à une situation déficiente concernant la doctrine, la liturgie et la morale. Les questions d’organisations pratiques (horaires…) se situent hors de notre propos. Il ne faut changer que si les règles de l’Eglise ne sont pas respectées ou pire, quand elles sont sciemment rejetées.

Cela n’est possible que si le prêtre est bien entouré. Celui-ci doit toujours garder à l’esprit que le « progressisme » (le terme est inapproprié car le véritable progrès se trouve dans la Tradition vivante de l’Eglise) est souvent vieillissant et de moins en moins représentatif. Malheureusement, les paroissiens entrant dans cette catégorie occupent régulièrement les postes clés et savent se faire entendre, au détriment d’une masse silencieuse qui subit leurs diktats. Une paroisse est souvent prise en otage par quelques catéchistes, enseignantes à la retraite, qui reproduisent dans l’église l’ambiance ce qu’elles ont connu dans la cour de récréation.

Pour changer et durer, le prêtre doit s’appuyer sur les quelques paroissiens fidèles qu’il ne manquera pas de reconnaître… Ils sont souvent plus jeunes, à genoux pendant la consécration, et sont plein d’ardeur. Dans certaines paroisses plus « sinistrées », cette catégorie est partie de guerre lasse, mais l’annonce de l’arrivée d’un prêtre « classique » peut stimuler leur retour. C’est avec eux qu’il faut envisager l’avenir !

Les débuts seront particulièrement éprouvants… Il y aura des réunions interminables, des palabres et des menaces. Tout est bon : chantages et lettres anonymes… On brandit le spectre d’une désaffection de l’église. Pour la poignée de laïcs enragés, la foi est secondaire, ce qui compte c’est le pouvoir auquel on s’accroche comme une pieuvre. Que va dire Simone si on lui explique gentiment que ce n’est pas son rôle de donner la communion avec M. le curé quand l’assistance ne dépasse pas les 20 personnes ?

Or, il y a des situations qu’il faut changer immédiatement sous peine de les adopter définitivement. C’est un leurre d’imaginer qu’après plus ou moins un an, les potentats locaux accepteront sans sourciller les changements sous prétexte que désormais ils connaissent bien le nouveau curé ! L’idéologie restera la même et les conflits surgiront telle une bombe à retardement.

Il faut d’abord justifier les options et expliquer l’enseignement de l’Eglise pour ne pas sombrer dans l’arbitraire. Ensuite, chacun doit se situer et si certains préfèrent aller gonfler des ballons pendant la messe, ils peuvent le faire… dans la paroisse à côté ! Il faut aussi avoir la liberté de la fidélité et accepter de ne pas plaire à tous.

Les points non-négociables sont ceux qui concernent la doctrine, la liturgie et la morale qui ne sont pas laissés à l’appréciation du Curé et/ou des laïcs mais relèvent de l’Eglise instituée par le Christ.

Ainsi, dans le domaine liturgique, il n’y a pas de discussion possible. La Messe ne s’invente pas au gré des caprices des « animateurs locaux ». Elle se reçoit dans l’émerveillement. Que de prêtres s’imaginent bien célébrer alors que les prières sont souvent « arrangées » (ou même inventées) et que le rôle des laïcs dans la liturgie est mal compris donc mal mis en oeuvre… Le rôle d’une équipe liturgique n’est pas de créer une célébration mais de bien la comprendre pour l’exécuter le plus fidèlement possible. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir qu’on est loin du compte dans beaucoup d’endroits.

Pour stimuler certains jeunes prêtres hésitants, voici le témoignage que nous avons reçu d’un Curé qui a connu ces difficultés. Peu après son installation dans ces nouvelle fonction, il est « convoqué » à une réunion de l’équipe liturgique. Après cinq minutes de présentation, le responsable lui remet une feuille d’explications accompagnée de : « ici, on fait comme ça ! ». La liste est ahurissante car le missel est massacré. Il est trop long de détailler la liste mais elle illustre bien la confiscation de la liturgie catholique par un groupe de pression « qui joue au Curé ». Croyant rêver (ou cauchemarder !), le prêtre a simplement le courage de dire : « Je suis désolé, mais cela ne se fera plus comme ça ». C’est évidemment la stupeur dans l’équipe qui crie au non-respect du travail accompli et qui menace de démissionner. Après deux ans de discussions et de menaces en tous genres, c’est finalement ce qui arriva… et la désertion annoncée ne se produit pas. Il faut toujours bien garder à l’esprit que ces Soviets locaux ne représentent habituellement qu’eux-mêmes. Quand ils disent que « tout le monde dit que… », il s’agit souvent de deux ou trois personnes dont ils font partie. Tout finissant par s’arranger, certains ont fait le choix de partir et d’autres de rester pour assister à ce qu’on peut désormais appeler une « messe catholique ».

La conclusion est simple. Le jeune clergé ne doit pas être prisonnier des choix pastoraux de la génération précédente. Il n’est pas question ici de sensibilité mais du trésor de l’Eglise dont les pasteurs sont les intendants fidèles. La peur peut paralyser les bonnes volontés. Dès lors, que celles-ci se regroupent autour de certaines églises qui deviendront des phares dans l’obscurité. Ce n’est que dans la fidélité à la foi de l’Eglise et à sa mise en oeuvre liturgique que le renouveau, tant espéré par le Concile Vatican II, produira enfin ses fruits.

16/10/2017 - À lire absolument !

« La Grande Rupture » est le nouveau livre de Denis Crouan. M. Denis Crouan est docteur en théologie et président de l’association proliturgia. Il est l’un des grands spécialistes de la crise liturgique dans le monde francophone.
A travers sa propre histoire, dans un récit vivant et passionnant, l'auteur nous présente les modifications et bouleversements opérés dans la liturgie, au lendemain de Vatican II, dans les paroisses et les séminaires. Un témoignage essentiel pour comprendre la situation actuelle de l'Eglise. Pour commander le livre, cliquez : ICI

14/10/2017 - Tradition

Tradition

L’usage de ce mot dans l’Eglise est souvent conflictuel ou ambigu parce qu’il est mal compris ou utilisé dans un sens restrictif. D’emblée, il est associé aux groupuscules traditionalistes dont il est devenu la « marque de fabrique ». Sans entrer dans les nécessaires nuances, le discours de base est souvent le suivant : « ce qui est « tradi » est bon et le reste est suspect ». Cette vision caricaturale est renforcée par le label « de toujours », qui sous-entend que ce qui est « ancien  » (ou jugé comme tel) est automatiquement traditionnel donc acceptable. Dans cette optique, la Tradition est considéré e comme une donnée du passée qui permettrait de fixer définitivement certaines règles (liturgiques et morales).

D’emblée, il faut sortir le mot « Tradition » de ce carcan car il fait partie du vocabulaire ecclésial et ne peut en aucune façon être instrumentalisé pour justifier certaines pratiques liturgiques. Dans ce sens, une étude sérieuse de l’histoire religieuse démontre que le « toujours » n’existe pas et que la liturgie est en perpétuelles tensions entre continuités et discontinuités, distorsions et retour aux sources. Une liturgie définitive et universellement admise est un fantasme intellectuel contemporain utilisé par certains courants « tradi » pour justifier leur existence.

Dans une approche liturgique de ce terme et de l’usage qui en est fait, il importe également d’ouvrir quelques pistes de réflexion car tout usage ancien n’est pas forcément traditionnel. De plus, absolutiser une époque ou une pratique implique inévitablement des choix théologiques et pastoraux.

La Tradition n’est pas la conservation absolue de ce qui existe depuis « toujours »,  mais un organisme vivant transmis de génération en génération, sous la responsabilité du Magistère de l’Eglise qui en a la charge. La Tradition est la régulation par l’Eglise, sous l’assistance du Saint-Esprit, des pratiques religieuses qui se sont développées en son sein. L’ancrage historique montre que dans ce domaine, rien n’est totalement nouveau mais tout n’est pas non plus une répétition car la liturgie est le fruit de la vie et de la réflexion des générations passées, travail qui ne peut que se poursuivre tant que l’Eglise existera. 

Ce n’est pas tel ou tel groupe qui définit ce qui est traditionnel ou pas, mais le Magistère constant de l’Eglise. Cette fonction est constitutive du christianisme puisque dès les origines, celle-ci a adopté les quatre évangiles alors qu’il existait d’autres textes que nous qualifions aujourd’hui d’apocryphes. Certains de ces écrits étaient certainement vénérables et plus anciens que les évangiles reconnus. L’Eglise ne les pourtant pas accepté, n’y reconnaissant pas l’expression de sa foi.

La Tradition n’est donc pas synonyme de vétusté mais  elle est un lieu de vie et d’engendrement. C’est ce qu’enseigne le Concile Vatican II (Dei Verbum II) en rappelant qu’elle est à la fois une donnée matérielle reçue des Apôtres et une dynamique par laquelle celle-ci est transmise. Dans ce sens, elle n’est pas une simple référence au passé mais elle vit dans l’Eglise qui en permet une réception sans cesse renouvelée.

L’application de ces quelques points fondamentaux au domaine liturgique met en lumière certains pratiques, marqués par un temps précis, qu’il était nécéssaire de réformer pour leur donner à nouveau leur pleine signification. C’est ce travail de renouvellement qui a produit le missel du bienheureux Paul VI dans lequel les éléments traditionnels de la Messe ont été restauré par delà les ajouts et déformations des siècles. C’est ce trésor que nous recevons dans la foi et que les générations futures sont appelées à faire vivre.

09/10/2017 - La désacralisation de la liturgie

Il arrive fréquemment de constater qu’au cours des messes dominicales, les fidèles acceptent sans broncher de chanter n’importe quoi, d’entendre n’importe quoi, de voir n’importe quoi, de faire n’importe quoi. A leur décharge, ils ne font que suivre docilement le célébrant... qui lui-même a été privé de solide formation liturgique ou se trouve contraint de suivre servilement ce qu’a préparé une équipe liturgique locale dont les membres ignorent tout du Concile et du Missel romain. 
Quoi qu’il en soit, quelqu’un a bien dû inventer ces chants inadaptés, ces discours sans importance du point de vue de la foi, ces attitudes captivées davantage par ce qui se passe dans la nef que sur l’autel, ce n’importe quoi liturgique qui parasite la célébration de la messe à des doses variables selon les endroits. Bref, quelqu’un a bien dû être à l’origine de tout ce qui fait dévier le culte de sa raison d’être, Dieu, et ainsi l’abaisser au seul niveau d’une production locale, ponctuelle, qui témoigne de la perte du sens liturgique, aussi bien chez les fidèles que chez les clercs : les règles objectives de la liturgie qui garantissent la justesse et le sens de la célébration de la foi de l’Eglise ne sont plus connues, ne sont plus ni comprises, ni senties, ni aimées pour ce qu’elles sont, et ne peuvent donc plus être transmises d’une génération à l’autre. Le résultat est visible dans nombre de nos églises paroissiales où les fidèles sont désormais gagnés par une amnésie liturgique les portant à remplacer la célébration de la foi par le conformisme de quelques pieux sentiments. Louables, certes, mais qui ont plus à voir avec une religiosité à la carte qu’avec la foi catholique. 
Quelle peut être l’origine de ce phénomène ? 
La perte du sens liturgique est sans doute à rapprocher d’un affaiblissement de la pensée catholique elle-même et de la tendance actuelle à mettre l’accent ailleurs que sur le strict contenu de cette pensée : celle-ci se trouve remplacée par un fort attrait envers ce qui est irrationnel, envers l’exaltation des sentiments personnels (il n’est qu’à entendre ce qui se chante au cours des messes de mariages ou de funérailles), envers tout ce qui est utilitaire, immédiatement exploitable. Les influences délétères de l’utilitaire et de l’exploitable - que malheureusement le clergé ne semble pas voir dans la mesure où il y participe lui-même - ont mené à la construction d’un univers paroissial anti-cultuel où les repères ne sont plus la foi et la raison dont la liturgie est l’expression, mais tout ce qui peut déconcerter les fidèles dont la pensée catholique ne subsiste plus qu’à l’état de friches où peut durablement s'enraciner l’ignorance des réalités sacrées. 

08/10/2017 - La Messe dans l'histoire

La Messe dans l’histoire

Dans son ouvrage très instructif sur l’histoire de la Messe (« La Messe dans l’histoire », Editions de Solesmes), Dom Guy Oury conclut par un appel à la fidélité à l’Eglise et à la Tradition : 

« Paul VI et Jean-Paul II n’ignoraient pas les abus auxquels la réforme liturgique a donné prétexte, et l’anarchie qui ravage de vastes secteurs de la prière de l’Eglise; s’ils se montrent à ce point optimistes à l’égard de la liturgie rénovée, c’est surtout parce qu’elle ouvert plus largement au peuple chrétien l’accès à ses incomparables richesses, parce que celui-ci est à même d'y apporter une participation plus plus profondes et plus entière.

Mais ils s’inquiètent des initiatives subjectives auxquelles se livrent un certains nombre de prêtres ou d’assemblées liturgiques; ils désirent que tout rentre dans l’ordre pour le plus grand bien de l’Eglise et des âmes.

Pris dans sa réalité intégrale, l’Ordo mise de Paul VI innove finalement assez peu ; on n'y trouve tous les éléments de la messe romaine du cinquième siècle, quelques-unes des prières de dévotion introduites au Moyen Âge, les règles précises du missel de Saint Pie V, transformées et adaptées à la situation nouvelle qui est celle du XXème siècle… Les possibilités du nouveau missel sont très grandes ; il peut se prêter à une très belle célébration de la messe, mais pour cela il exige beaucoup de l'assemblée comme du célébrant ; le but à atteindre vaut qu'on y mettre le prix : les chrétiens des âges passés nous ont donné l'exemple, à nous de le suivre, sans lésiner sur l’efforts ! »

18/09/2017 - Les abus liturgiques ne constituent pas une norme.

Les abus liturgiques ne constituent pas une norme.

Le 23 septembre 1978, quelques jours avant sa mort, Jean-Paul Ier disait en son discours à Saint Jean de Latran : « Je voudrais que Rome donne le bon exemple d'une liturgie célébrée avec dévotion et sans fausses créativité. Certains abus en matière liturgique ont pu favoriser par réaction des attitudes qui ont poussé des positions en elles-mêmes insoutenables et contraires à l'Évangile. En faisant appel avec affection et espérance au sens de la responsabilité de tous face à Dieu et à l'Eglise, je voudrais pouvoir être assuré que l'on évitera tout manquement aux règles liturgiques ».

17/09/2017 - À méditer...

Extrait d’un sermon de Saint Augustin sur les épreuves de ce temps :

« Il ne faut donc pas récriminer, mes frères, comme certains ont récriminé, au dire de l’Apôtre, et ils ont été tués par les serpents. A ce compte-là, mes frères, qu’est-ce que le genre humain peut souffrir d’inédit, que nos ancêtres n’aient pas déjà souffert ? Ou bien, quand nous souffrons tels malheurs, savons-nous s’ils n’ont pas souffert les mêmes ? On rencontre pourtant des gens qui récriminent sur leur époque et pour qui celle de nos parents était le bon temps ! Si l’on pouvait les ramener à l’époque de leurs parents, est-ce qu’ils ne récrimineraient pas aussi ? Le passé, dont tu crois que c’était le temps, n’est bon que parce que ce n’était pas le tien. »

11/09/2017 - "C'est la rentrée"

C’est la rentrée !

Ces derniers jours, la plupart des enfants et jeunes gens ont repris le chemin de l’école. Après des vacances plus ou moins longues et heureuses (sans secondes sessions !), les voilà repartis pour une nouvelle année scolaire, rythmée par des vacances normalement en lien avec les fêtes chrétiennes. Cette alternance entre travail (études) et repos ne concerne pas la plupart des adultes engagés dans la vie active qui profitent habituellement de trois semaines de congé par an.

Depuis quelques dizaines d’années, dans nos pays, l’Eglise souffre de « jeunisme ». Ce terme souvent synonyme d’adaptation aux modes du temps est en lien avec la crise de la foi qu’elle doit surmonter. Il faut « faire jeune », « parler jeune » et tout faire pour « attirer les jeunes ». On peut traduire cette obsession par l’expression savoureuse : « Seigneur, donne-nous un jeune au premier rang que nous ne nous sentions pas mourir trop vite… » Et dans ce domaine… tout est bon !

C’est ainsi qu’est née cette idée absurde de « rentrée pastorale » que l’on « célèbre » dans de nombreuses paroisses. Cette notion fausse induit dans les esprits que Dieu est en congé en juillet et en août et que la pratique religieuse est entre parenthèses… Si c’est possible, il est évidemment bon de « marquer le cou » de la rentrée et d’invoquer le Saint-Esprit sur les étudiants. Mais induire que le rythme liturgique et le culte doivent être calqué sur l’agenda scolaire conduit à relativiser le sens du dimanche.

Il faut rappeler que la messe n’est pas obligatoire uniquement pendant les années de catéchisme mais tout au long de la vie ! Il n’y a pas de fin d’année ni de reprise !!! La vie chrétienne est un long chemin vers Dieu. Car si la pratique est liée à un cycle de vie (profession de foi…), tout s’arrête quand le but est atteint. De même que tout s’arrête pendant les vacances.

Cet artifice pastoral est un gadget de plus pour masquer la douloureuse réalité… On se réjouit d’avoir les enfants et leurs parents « au moins pour ça »… On se félicite d’une « Messe des familles » - ambiance "carnaval" - à laquelle ce même « public » est obligé d’assister une fois par mois… On se dit qu’on fait un bout de chemin avec eux… tout en sachant que le terminus est proche et qu’il faudra recommencer avec des « invités » chaque année moins nombreux !

Dès lors, il ne faut pas se demander comment « attirer » à tout prix mais comment vivre l’Evangile avec ceux qui en veulent ! Tout le monde est le bienvenue, mais à condition que les règles de base soient clairement énoncées. La porte est grande ouverte si on vient pour découvrir le Christ et pas seulement pour consommer ce qu’on veut quand on veut. L’évangélisation en profondeur est à ce prix… ! Il faut oser rappeler l’exigence de la vie chrétienne au lieu de laisser croire que celle-ci se résume en quelques « temps forts » quelques fois par an.

Certains objecteront que ces « temps forts » sont importants et qu’ils peuvent aussi évangéliser. C’est tout à fait vrai, à condition d’organiser des formations substantielles consacrées à l’étude du catéchisme de l’Eglise catholique. On est loin de ce que l’on voit dans la plupart des paroisses où le programme se limite à quelques « témoignages », quelques chants, et « l’eucharistie festive » préparée soi-disant par les jeunes !

Compte tenu que la plupart des « trucs et gadgets » pastoraux n’ont brassé que du vide depuis des décennies, il est temps de se tourner vers nos contemporains avec un message sérieux et bien argumenté. Le sentiment est souvent trompeur et il ne peut remplacer une approche doctrinale de la foi. Cette formation rigoureuse est porteuse d’évangélisation car le chrétien bien formé est mieux à même de résister aux sirènes du monde. Dans un proche avenir, les communautés chrétiennes occidentales seront sans doute moins nombreuses qu’autrefois. Mais si le « petit reste » est bien formé et qu’il recourt régulièrement aux sacrements, il sera lumière pour le monde.

Au contraire, si on continue de « distraire » les fidèles par des célébrations vides et sans lendemain, il en sera de la religion comme de l’école… Quand arrivera l’âge adulte, on rangera soigneusement les crayons de couleurs dans le grenier et l’ambiance de ces fameuse « rentrée pastorale » sera vite oubliée.

04/09/2017 - Témoignage d'un fidèle :


Témoignage d'un fidèle : 

Dimanche dernier, nous assistions en famille à la messe dominicale dans une grande paroisse de ville. Au cours de la célébration, nous entendîmes les pires horreurs musicales : " Un grand champ à moissonner", "Prenons la main que Dieu nous tend", "La petite messe", "Sur les chemins du monde". De plus, nous dûmes nous farcir une "mamy-bigoudi" qui hurlait au micro tout en dirigeant l'assemblée. Cette scène était pitoyable !
 En sortant de l'église, je me fis plusieurs réflexions :
- Ces chants sont médiocres musicalement : mauvaises harmonisations, mélodies simplistes, rythmes boiteux.
- Ces chants n'ont rien de sacré ! Ils n'élèvent pas l'âme !
- Les paroles sont ridicules et le côté poétique est de piètre qualité. Un lycéen, qui rendrait un tel poème, recevrait un zéro !
J'en arrivai à conclure qu'il fallait avoir une fameuse haine contre le chant grégorien et les beaux chants en français pour nous torturer de la sorte... En tout cas, comme le corbeau dans la fable, je jurai mais un peu tard, qu'on ne m'y prendrait plus !

15/08/2017 - La "Belle au bois dormant"


La "Belle au bois dormant"

Bien que retirés du monde, certains religieux contemplatifs portent un regard extrêmement lucide sur la situation de la société et de l’Eglise. La prière continuelle leur fait percevoir le monde en vérité et leur vie devient prophétique. C’est ainsi que récemment, à l’occasion d’une excursion, j’ai rencontré un vénérable religieux à la parole libre. Au parloir, et à bâton rompu, nous avons échangé sur la crise de l’Eglise. Voici quelques perles pour nourrir notre réflexion et stimuler notre ardeur apostolique.

D’emblée, une image retient mon attention car mon interlocuteur compare l’Eglise (en Occident) à la « Belle au bois dormant » en se demandant quand elle se réveillera. De fait, alors que la pratique religieuse diminue sans cesse de façon vertigineuse, beaucoup de prêtres refusent de cerner le problème et continuent de croire que la solution consiste à se placer à la remorque des idées du moment. Le résultat est catastrophique car l’évangélisation a laissé la place à un discours sans saveur… « On se demande où est passé le sel ! Il est devenu fade ». Et de fait, où peut-on encore entendre une homélie forte, imprégnée de doctrine et de véritable piété ? Il faut constater que les pasteurs servent souvent aux fidèles une tambouille tiède où la foi est édulcorée.

Face à cette situation qui s’aggrave d’année en année, aucune reprise en mains n’est à l’ordre du jour. Les Supérieurs semblent déconnectés de la réalité. Ils continuent de créer des commissions et des sous-commissions dont le but est de « lire les signes des temps »… sans se rendre compte qu’il n’y a quasiment plus personne dans les structures et que ce sont les mêmes que l’on retrouve partout. Ainsi, on établit des « parcours catéchétiques », des cheminements pour les jeunes adultes alors que le public visé ne fréquente plus les églises et que s’il vient encore pour certains « rites de passages », ce sera la plupart du temps sans lendemain.

Hélas, par toutes ses structures, il faut reconnaître que l’Eglise évangélise peu… et « bla-bla-te » beaucoup ! Il serait intéressant d’analyser certains discours épiscopaux pour tâcher d’y déceler une parole vibrante et forte. Les exemples sont innombrables. Ainsi, lors des derniers attentats, qu’a-t-on entendu ? Quasiment aucune référence au message chrétien mais un ensemble de platitudes sur le « vivre-ensemble » et la « solidarité ». Bien entendu, ces valeurs sont importantes, mais dans la bouche des successeurs des Apôtres, on est en droit d’attendre autre chose ! Certains Supérieurs ecclésiastiques sont si loin de l’annonce de la foi que le Christianisme est réduit à un ensemble de valeurs et à quelques pratiques humanistes. Dès lors, un homme en quête d’absolu et qui se pose des questions existentielles peut-il trouver des réponses simples et claires dans une institution si peu explicite quand au contenu de sa doctrine… La question mérite d’être approfondie…

Beaucoup d’analystes voient la situation présente comme un héritage de « Mai 68 ». Sans entrer dans les détails, cela semble tout à fait plausible. Il suffit de lire certains livres et brochures de l’époque pour se rendre compte que la dilution de la doctrine catholique en un ensemble de valeurs date de cette « révolution sociétale ». Au nom de l’ouverture au monde, un nombre impressionnant de prêtres ont littéralement bradé la foi et abandonné cette « folle prétention » de détenir la Vérité. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Un système instable ne peut qu’engendrer l’instabilité et finalement la destruction. La crise des vocations et de la pratique religieuse, conséquence partielle de cette situation, a empêché le renouvellement des fidèles et du clergé. Ainsi, les jeunes « révolutionnaires » d’hier sont devenus aujourd’hui, pour ceux qui n’ont pas abandonné le sacerdoce ou toute pratique religieuse, des « bobos » ringards incapables de transmettre la foi.

Face à ce constat navrant, il est temps de changer de cap et de reconnaitre la voie sans issue dans laquelle beaucoup se sont engouffré ! L’erreur est humaine, mais la persévérance dans l’erreur est diabolique, d’autant que l’absence de fruit de cette pastorale est flagrant !

Déplorer la situation est important. Mais il faut aller plus loin et proposer des solutions. Celles-ci sont simples, mais il faut avoir le courage de les appliquer.

Tout d’abord, il faut constater que dans certaines régions, la situation semble « perdue » au moins momentanément. Plutôt que de se disperser et de brasser du vide, pourquoi ne pas se recentrer autour de pôles d’évangélisation. Cela semble évident et pourtant si difficile à envisager. Ne faudra-t-il pas qu’une certaine forme d’institution disparaisse pour que renaisse l’évangélisation, débarrassée d’un carcan vaguement sociologique qui étouffe le dynamisme missionnaire. Faut-il rester attaché à des structures qui ont donné du fruit en leur temps mais qui n’en portent plus aujourd’hui ? Les jeunes prêtres doivent-ils être continuellement prisonniers des choix pastoraux parfois douteux de leurs prédécesseurs ? De la réponse à ces questions dépend l’avenir des vocations. Si l’Eglise ne veut pas que les jeunes et les bonnes volontés s’essoufflent, il est urgent de changer de cap et de revenir aux fondamentaux. Ce n’est que dans un terreau nourri d'une vie chrétienne authentique et explicite que peut s’épanouir le désir de consacrer sa vie au service de Dieu. Il ne faut également pas oublier l’action de Dieu. Il peut intervenir quand tout semble perdu, mais l’éclairage de l’Histoire Sainte rappelle qu’il attend la bonne volonté d’un petit reste pour opérer des miracles.

Il faut également avoir l’humilité de regarder les résultats pastoraux de l’Eglise dans des pays parfois proches et qui n’appliquent pas, fort heureusement les mêmes « recettes ». Souvent, ceux-ci sont décriés alors qu’ils peuvent stimuler le zèle apostolique. Ainsi, comment expliquer que certains diocèses, congrégations religieuses et mouvements recrutent alors que d’autres, parfois dans le même pays, demeurent désespérément vides ? Les raisons du succès, comme hélas de l’échec, sont souvent les mêmes et il ne faut pas chercher dans des grands discours ce qui sautent aux yeux. Il y a des vocations et de l’avenir là où le Christianisme est vécu explicitement. Pour les autres… il faut reconnaître qu’il ne restera rien dans dix ans ! Les faits sont là pour le crier !

Il est donc urgent que les pasteurs soient véritablement des prophètes, soucieux de plaire à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il est impossible de concilier vie évangélique et vie mondaine et ce n’est que par l’exemple d’une vie intégralement donnée que les prêtres seront apôtres. Cette perspective englobe tous les aspects de la vie : prières, enseignements, célébrations, visibilité, formation authentique… Dans ce domaine, il est légitime de garder l’espoir car la nouvelle génération sacerdotale est fort heureusement bien différente de la précédente… et le temps fait parfois bien les choses ! Quand le changement sera enfin possible et que toute une génération aura fait son temps, il sera possible de reconstruire patiemment ce que certains auront détruit si rapidement. Cela ne se fera que dans l’humilité, l’acceptation des croix et des humiliations, la joie intense de la ferveur du petit troupeau. Tout reste toujours possible… avec l’aide de Dieu et notre bonne volonté !

06/08/2017 - Témoignage

Témoignage d'un prêtre retraité : 

L'Eglise n'aurait-elle pas besoin d'un grand chambardement ?

Alors que nous voyons naître dans nombre de contrées des jeunes prêtres classiques (fidèles à la doctrine et aux règles liturgiques, pieux, missionnaires), la génération soixante-huitarde reste au pouvoir et s'y accroche avec force. Que de jeunes prêtres se découragent dans des pastorales stériles qui leur sont imposées par leurs supérieurs ! Ce qu'il y a de plus tragique, c'est que la génération soixante-huitarde est en train de compromettre la nouvelle évangélisation et de décourager les forces vives ! Cependant, ne nous mentons pas : la vieille garde n'est pas seule...elle est renforcée par quelques opportunistes ayant une "vocation mitrée"... Ces derniers sont redoutables ! Ils tueraient père, mère, confrères...pour arriver au pouvoir ! Méfiez-vous de ceux qui prônent l'humilité dans tous leurs discours, ce sont généralement les plus orgueilleux et les plus carriéristes ! Si seulement, la jeune génération pouvait s'unir et envoyer, une bonne fois pour toute, toutes les pieuvres du pouvoir dans les paroisses désertes dans lesquelles ils n'ont jamais mis les pieds ! 

02/08/2017 - L'Eglise "aux mille visages"...

L' Eglise aux "mille visages"...

Internet permet de découvrir la situation religieuse de nombreux diocèses, de congrégations et de séminaires. Souvent, en quelques minutes, il est possible de saisir les points d’insistance, les orientations pastorales et les priorités. Les photos et vidéos sont souvent suggestives… Si on considère que le web est une vitrine, il est utile de poser un regard critique sur la situation pour comprendre la crise que traverse l’Eglise.

Il faut reconnaître que la plupart des sites diocésains sont effrayants ! Ne parlons pas de la forme (beaucoup de sites sont créés par des professionnels et sont visuellement de bonne facture) mais du fond. Il faut, hélas, reconnaître que le message présenté est flou et qu’il est quasiment impossible de trouver des exposés doctrinaux clairs et facilement abordables par un grand nombre. Les seules allusions « religieuses » servent  à justifier une pastorale à bout de souffle « fleurant bon » les années 80… A quelques rares exceptions, le discours est vide et lassant tant la répétition des rengaines « entraide », « vivre ensemble », « écoute », « partage »… est récurrente.

En parcourant certains sites officiels, on peut se demander si un homme normalement constitué a envie de rejoindre une institution qui se présente à lui de cette façon et qui affirme si timidement le contenu de sa foi. Il serait intéressant de recenser le nombre de diocèses où la doctrine catholique est exposée clairement. Souvent, on y trouve un ensemble de phrases alambiquées qu’il faut relire plusieurs fois pour y découvrir un message dilué. On peut faire le même constat en regardant les photos « clichées » qui sont présentées : lâché de ballons, ronde autour de l’autel, célébration dépourvue de toute transcendance, grands rassemblements style « union des pensionnés » et où les jeunes se comptent sur les doigts d’une main…

Sur ces sites, le « must » est de lire certains témoignages de prêtres heureux de vivre dans cette Eglise « aux mille visages ». On peut dresser une liste non-exhaustive des âneries qu’on y trouve : « Quelle joie de travailler ensemble en co-responsabilité avec d’autres chrétiens » , « Le prêtre n’est plus au centre de la Communauté, c’est ensemble que nous cherchons un sens à la vie et que nous cheminons », « la diversité liturgique est une richesse, chacun est acteur de l’Eucharistie », « Nous vivons une époque passionnante car le manque de prêtres nous permet d’explorer d’autres façons d’être chrétien », « la catéchèse n’est pas un savoir à transmettre, mais une expérience »…

On peut supposer que les rédacteurs choisissent scrupuleusement les auteurs de telles niaiseries si éloignées d’une saine spiritualité sacerdotale. Malheureusement, et malgré la crise des vocations, de nombreux diocèses continuent de promouvoir une pastorale sans lendemain et un profil de prêtre, qui fort heureusement, s’épuise à grande vitesse. Si par malheur, un jeune se présente au séminaire et remet en cause le fonctionnement du système, il sera vite éjecté et jugé inadapté à la situation actuelle. Un supérieur de Séminaire avouait avec fierté qu’il avait accepté 2 candidats sur un total de 10 demandes… On peut comprendre que certains candidats ne soient pas acceptables mais, dans pareilles situations, on peut légitimement interroger les deux parties et se demander qui est le plus inadapté.

La plupart des jeunes qui pensent à la vie sacerdotale ne veulent pas d’un christianisme mou et fade. Ils attendent une parole forte, capable d’enthousiasmer toute une vie. Ils souhaitent se donner totalement pour être configurés au Christ et pas pour « faire tourner » une pastorale desséchante. Dans certains cas grotesques, un jeune homme qui entre au séminaire rencontrera un supérieur sans signe distinctif et affublé d’une paire de sandalettes qui lui parlera de tout (expériences, réunions, « nouvelle vision du sacerdoce » …) sauf du Christ ! Dans ces conditions, il faut être vraiment motivé pour entrer… et ne pas se sauver en courant. Que de bonnes vocations ont été perdues par le manque de discernement de ceux qui ont pourtant reçu cette mission…

Rappelons une évidence. Cette Eglise « aux mille visages » n’existe pas ! L’expression est utilisée pour justifier les déviances doctrinales de ceux qui n’acceptent que leurs diversités et qui pratiquent cet adage : « Ma différence je te l’impose… Ta différence, tu te la gardes ! »  L’Eglise n’a qu’un visage, celui du Christ ! Sa Parole transcende toutes les pastorales qui n’ont de sens que si elles sont au service d’une véritable évangélisation. Si un système ne porte pas de fruit, il faut avoir le courage de le confronter à la Parole de Dieu et à la Tradition vivante de l’Eglise.

Le prêtre lui aussi n’a qu’un visage, celui de l’Eglise catholique. Sa sensibilité est secondaire. Il doit enseigner, vivre et célébrer comme le demande l’Eglise dans laquelle il sert le Christ. Les jeunes, en quête d’absolu, ne s’y trompent pas en se tournant vers de nouvelles congrégations qui répondent à ces critères au détriment de nombreux diocèses empêtrés dans des plans pastoraux foireux.

25/07/2017 - Comment évangéliser nos contemporains ?


Comment évangéliser nos contemporains ?

De nos jours, le chrétien doit régulièrement répondre de sa foi face à ceux qui ont abandonné la religion. Une discussion argumentée semble un passage inévitable. Malheureusement et au risque de décourager les bonnes volontés, cet échange sera stérile. En effet, dans 99% des cas, les gens ne sont pas sensibles aux arguments, même s'ils sont excellents. Quoiqu'en disent les intéressés, la perte de la foi est rarement le fruit d’un questionnement rationnel.  D’emblée, l’incroyance est justifiée par des détails : le mariage des prêtres, la messe est ennuyeuse, le côté désuet de telle ou telle dévotion (tel le Sacré-Cœur...), l'Eglise est rétrograde... Il faut reconnaître que les questions fondamentales sont rarement abordées : Qui a créé la terre ? L'homme ? Qu'est-ce qui me différencie des autres créatures ? Mon âme... Qui est Dieu ? Qui est Jésus ? La mort est-elle la fin de tout ? Le paradis ? L'enfer ? Pourquoi être catholique plutôt que musulman ? Voici, parmi tant d’autres, des questions essentielles à se poser...

En règle générale, les gens abordent la question religieuse par les détails alors qu’il est vital d’approfondir les grandes vérités de la foi. Le dessinateur trace avant tout les grandes lignes ! Ce n’est qu’ensuite qu’il prête son attention aux détails du portrait qu'il est en train de réaliser. Le danger du matérialisme ambiant est de détourner de l'essentiel pour attirer l’attention uniquement sur l'accessoire... 

Puisque les discussions sont rarement fructueuses, intéressons-nous brièvement à plusieurs moyens d’évangélisation : la force de l’exemple, la beauté du culte divin et la qualité de l’enseignement catéchétique.

Il est capital que les chrétiens vivent comme le Christ le demande. Nous devons être reconnus dans la société par notre charité, par notre façon de vivre. Si nous sommes configurés au Christ, notre façon de vivre et d'agir interpellera nos semblables.

Il est tout aussi important de soigner nos liturgies et de lancer des activités missionnaires. Beaucoup de gens se convertissent suite à une expérience forte. Vous me direz que nous sommes dans le ressenti....et vous avez tout à fait raison ! En soi, le ressenti n'est pas mauvais, il peut même être une bonne approche de la religion. Il ne faut cependant pas s’y arrêter car si nous voulons que la conversion tienne dans la durée, la dimension rationnelle (un enseignement de la foi) est incontournable. Nous parlons évidemment d'un véritable enseignement de la foi, le catéchisme de l'Eglise catholique et non pas d'un semblant de catéchèse enseigné par une assistante paroissiale incompétente... (Il faudra un jour approfondir cette question mais on se demande parfois quels sont les critères de recrutement des assistantes paroissiales : L'incompétence ? Le côté ringard ? Être divorcée ? Acariâtre ?).

Rappelons tout simplement que le catéchisme doit être enseigné par les prêtres, religieux et religieuses ! Et si ceux-ci viennent à manquer, par des fidèles correctement formés !

22/07/2017 - Un bouleversement plutôt qu'un changement...


Un bouleversement plutôt qu'un changement...

Si vous prenez le temps d'étudier le XXe siècle sur un plan anthropologique et sociologique, vous constaterez que les bouleversements opérés durant cette période ont modifié radicalement les façons de vivre et de penser des hommes. Les guerres et les avancées techniques ont créé une formule redoutable pour modifier nos habitudes de vie. Aujourd'hui dans l'Eglise, nous subissons les conséquences de ces décennies ; précisons que cette période de bouleversement n'est pas prête de s'achever...

En convoquant le Concile Vatican II, l'Eglise avait bien saisi que des changements majeurs allaient bouleverser la société. Cependant, a-t-elle correctement identifié les situations et les problèmes ? Était-ce possible de les identifier clairement à l'époque ? Il est facile de poser un regard historique, mais agir au moment où les faits se présentent est une mission complexe. Pourtant cela n'a pas empêché le Concile de produire des documents d'une grande richesse, mais reconnaissons-le certains pèchent parfois par un excès d'optimisme. 

Nos églises ne se sont pas vidées uniquement à cause d'un changement liturgique...mais à cause d'une société qui s'est profondément modifiée. Les membres de l'Eglise ont également  vécu, subi, promu ces bouleversements ; un exemple manifeste est l'abandon de l'habit religieux qui illustre à merveille une forme de sécularisation du clergé. Nous pourrions citer d'autres exemples : le manque d'obéissance, la "créativité" en liturgie, une théologie en rupture avec le Magistère...

Nous constaterons que la foi se porte bien mieux dans les pays pauvres, dans les pays où la technologie n'est pas omniprésente et dans les pays où les chrétiens sont persécutés. Cela ne veut pas dire que la foi va disparaître avec notre société "moderne", mais elle doit trouver d'autres voies pour toucher les hommes. Le confort, le plaisir à tout prix, le matérialisme détournent l'homme du lien fondamental qu'il doit entretenir et nourrir avec son créateur. Notre société occidentale n'a peut-être jamais eu tant besoin de Dieu qu'aujourd'hui. 

L'Eglise a besoin de fidèles, prêtres, religieux et religieuses pour annoncer l'Evangile et susciter de nombreuses conversions. Dans une situation aussi catastrophique que la nôtre, l'Eglise a plus que jamais besoin de saints ! 

21/07/2017 - Hommage de Benoît XVI au Cardinal Joachim Meisner


Lors des funérailles du cardinal Joachim Meisner le samedi 15 juillet à Cologne, un  message, du pape émérite Benoît XVI, a été lu par le préfet de la maison pontificale et secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Cela a d'autant plus de poids que le cardinal Meisner  est l'un des quatre cardinaux qui ont présenté des Dubia au pape François à propos d'Amoris laetitia.

« En cette heure où l'Eglise de Cologne et les fidèles venus d'au-delà de ses frontières sont rassemblés pour dire à Dieu au cardinal Joachim Meisner, je suis avec vous par le cœur et la pensée, et, accomplissant avec joie le souhait du cardinal Woelki, je désire vous adresser un mot de souvenir. 

« Lorsque j'ai appris la mort du cardinal Meisner mercredi dernier, je n'ai pas voulu y croire. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa gratitude à propos du fait qu'il avait pu prendre quelques vacances après avoir participé à la béatification de Mgr Teofilius Matulionis à Vilnius le dimanche précédent (le 25 juin) était évidente au son de sa voix.  L'amour de l'Eglise des pays voisins à l'Est, qui avaient souffert sous la persécution communiste, ainsi que la gratitude que lui inspirait la résistance aux souffrances à cette époque-là, avaient marqué toute sa vie. De telle sorte qu'il n'y a pas pas de coïncidence dans le fait qu'il aura rendu la dernière visite de sa vie à un Confesseur de la foi dans ces pays-là. 

« Ce qui m'a particulièrement impressionné au cours de cette dernière conversation avec le cardinal à la retraite, c'est la joie déliée, la joie intérieure, la confiance qu'il avait trouvées. Nous savons que ce berger, ce pasteur passionné a trouvé difficile de quitter son poste, spécialement à un moment où l'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. Cependant, cela m'a d'autant plus ému qu'au cours de cette dernière période de sa vie, il a appris à lâcher prise et à vivre toujours plus dans la certitude profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer. 

« Deux choses, dernièrement, lui ont donné toujours plus de joie et de confiance.

« 1.  D'abord, il m'a toujours redit la joie profonde qui le remplit à travers l'expérience du sacrement de pénitence lorsque des jeunes, surtout de jeunes hommes, vivent la grâce du pardon – ce don d'avoir véritablement trouvé la vie que seul Dieu peut leur donner. 

« 2. La deuxième chose qui l'a toujours touché et qui l'a toujours rempli de joie, ce sont les progrès discrets de l'adoration eucharistique. Lors des JMJ de Cologne cela avait constitué pour lui un point central – qu'il y eût une adoration, un silence où le Seigneur seul puisse parler au cœur. Certains experts en pastorale et en liturgie avaient pensé qu'un tel silence dans la contemplation du Seigneur ne peut s'obtenir avec une telle masse de gens. Certains étaient également d'avis que l'adoration eucharistique est en tant que telle dépassée, puisque le Seigneur veut être reçu dans le Pain eucharistique, et qu'Il ne veut pas être simplement regardé. Mais ce Pain ne peut être mangé comme un aliment quelconque ; « recevoir » le Seigneur dans le sacrement eucharistique requiert toutes les dimensions de notre existence – la réception doit être adoration : tout cela est désormais tout de même devenu très clair. Ainsi le temps d'adoration eucharistique lors des JMJ de Cologne est devenu un événement très intérieur qui n'est pas devenu inoubliable pour le seul cardinal. Ce moment lui est toujours resté présent intérieurement et a été pour lui une grande lumière. 

« Lorsque le cardinal Meisner, au dernier matin de sa vie, n'a pas paru à l'heure de célébrer la messe, on l'a trouvé mort dans sa chambre. Son bréviaire avait glissé de ses mains :  il est mort en priant, son regard tourné vers le Seigneur, en conversation avec le Seigneur. La nature de la mort qu'il lui a été donné de vivre redit encore une fois comment il a vécu : le regard tourné vers le Seigneur, et en conversation avec lui. Ainsi nous osons sans crainte confier son âme au bon Dieu. Seigneur, nous vous remercions pour le témoignage de votre serviteur Joachim. Permettez-lui d'être désormais un intercesseur pour l'Eglise de Cologne et pour l'ensemble de la terre ! Requiescat in pace ! » Source : http://belgicatho.hautetfort.com

26/06/2017 - Vibrante homélie du Cardinal Vingt-Trois aux ordinations de Paris

Vibrante homélie du Cardinal Vingt-Trois aux ordinations de Paris : 
"Enfin, je m’adresse à vous jeunes hommes qui sont ici et dont la vie n’est pas encore engagée. Chers amis, c’est parmi vous que le Seigneur choisit ceux qu’Il veut pour « être avec lui » et les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle. C’est à votre liberté qu’Il s’est adressé et qu’Il s’adresse. C’est pour la mission de son Église qu’Il vous appelle. C’est pour le plus grand service que l’on puisse rendre aux hommes que je vous appelle aujourd’hui en son nom. Ne laissez pas la question se diluer et se perdre. Voyez l’immensité de la mission dans notre grande cité, dans la province d’Île-de-France et dans le monde entier. Voyez la multitude des hommes qui attendent une parole d’espérance. Réfléchissez et décidez !".

24/06/2017 - Quelques conseils de lecture pour cet été :

Quelques conseils de lecture pour cet été :
 1. "La réforme de la liturgie" de Mgr Annibale Bugnini : CLIQUEZ ICI
 2. "La liturgie, chemin vers Dieu" : CLIQUEZ ICI
3. "On ne plaisante pas avec les sacrements" de Mgr Nicola Bux : CLIQUEZ ICI
  
 4. "Mémoires d'un jeune prêtre" du Père Thierry-Dominique Humbrecht : CLIQUEZ ICI