30/12/2016 - Les funérailles "chrétiennes" ?



A l’occasion du décès d’un proche, beaucoup de familles souhaitent encore une célébration religieuse. On peut s’en réjouir... et néanmoins s’interroger sur les motivations de cette demande et sur les réponses apportées.

Les notes doctrinales et pastorales du Missel des défunts rappellent quelques évidences : « C’est le mystère pascal du Christ que l’Eglise célèbre, avec foi, dans les funérailles de ses enfants. Ils sont devenus par leur baptême membres du Christ mort et ressuscité. On prie pour qu’il passe avec le Christ de la mort à la vie, qu’ils soient purifiés dans leur âme et rejoignent au ciel tous les saints, dans l’attente de la résurrection des morts et la bienheureuse espérance de l’avènement du Christ. »

Ces quelques lignes sont d’une grande clarté et écartent toutes incursions profanes dans la célébration. Il est question du mystère pascal, de prières, de purification, d’attente et d’espérance. Dans d’autres notes, il est également question de sollicitude pastorale. Comment celle-ci peut être source d’évangélisation ? Qu’en est-il dans beaucoup de nos paroisses ? Les lignes qui suivent veulent ouvrir la réflexion, sans jugement. La bonne foi et le souci de l’accueil ont souvent conduit de nombreux pasteurs et fidèles sur des chemins hasardeux... loin des prescriptions liturgiques de l’Eglise. On peut légitimement s’interroger sur le bien-fondé d’une adaptation à l’esprit du temps, présenté comme un pas dans la découverte du Christ.

Le constat qui suit peut sembler excessif... Précisons que tous les faits rapportés dans cet article sont exposés sans exagération car ce que l’on voit dans beaucoup d’église à l’occasion des funérailles « chrétiennes » est tout simplement ahurissant. On peut sans peine établir une liste non-exhaustive des innombrables abus qui s’y rencontrent.

Glorification du défunt

Généralement, la famille endeuillée est éloignée de toute pratique religieuse. On vient dès lors à l’église pour se souvenir du défunt et rarement pour prier pour lui, car « il a bien mérité une place au ciel ». Peu importe ce qu’a été sa vie... il est canonisé par d’innombrables discours larmoyants qui vantent ses mérites. La liturgie des funérailles devient un prétexte pour rappeler la vie du défunt « avec l’incontournable évocation de ses merveilleuses tartes aux pommes ou de sa passion pour le jardinage ». Inutile d’évoquer la nécessité de la prière et le purgatoire (pourquoi faire ?)... Dans l’assemblée habituelle des funérailles, quasiment personne n’y croit et ne suppose un seul instant que le défunt a besoin de prières, seul secours qui lui soit pourtant profitable. Ce qui compte, c’est le ressenti et l’émotion... La communion ne se fait plus en Dieu mais dans un souvenir uniquement tourné vers les biens terrestres. Qu’en est-il de la foi du défunt et de sa pratique religieuse ? Dans la plupart des cas, il était « croyant »... non pratiquant... mais ce n’est pas ça l’essentiel ! Dieu peut-il ne pas accueillir une personne si bonne ?

Célébration à choix multiples

Selon le désir de la famille, la célébration sera plus ou moins « religieuse ». C’est ainsi, que la Parole de Dieu peut être remplacée par des textes profanes de plus ou moins mauvais goût. Qui n’a pas entendu le fameux texte faussement attribué à Saint Augustin où le mort affirme qu’il est « juste dans la pièce à côté », ou le poème indien où le cher disparu « continue d’être présent dans le vent et dans les étoiles ». Ces « chefs d’œuvres » littéraires et syncrétistes sont habituellement lus par des membres de la famille entre deux sanglots. On est loin (très loin !) de la puissance spirituelle d’une épître de Saint Paul ou des rappels solennels du livre de Job que le lectionnaire officiel prévoit pour la célébration. Rappelons que celui-ci propose de nombreuses possibilités que le prêtre peut choisir en fonction des situations rencontrées.

Chants et musiques profanes

Régulièrement, la famille demande au prêtre de personnaliser la célébration par l’introduction de chants profanes. Cette pratique est si généralisée qu’elle semble désormais indéracinable ! Dans ce domaine également, l’émotion occupe la première place et certains CD sont incontournables... C’est ainsi qu’en lieu et place du « Processionnal d’Entrée », Jean-Jacques Goldman susurrera dans les baffles son célèbre « Puisque tu pars »... ; que le psaume sera remplacé par Céline Dion qui « s’envole » et qu’au défilé d’Offrande, Linda Lemay rappellera à tous ce qu’est « Une mère ». Cette porte ouverte au profane tue l’esprit religieux de la célébration et tout devient possible... Lors du dernier Adieu, Daniel Guichard évoquera le « vieux pardessus rapé » de papy et tous écouteront religieusement l’hymne d’un club de foot local dont cette même personne était un fervent supporter. A nouveau, on est très loin du « Requiem » et de la douce paix qu’apporte la liturgie catholique. Au nom de l’accueil et de l’adaptation, la liturgie des funérailles est souvent devenue une célébration des innombrables qualités du défunt sans ouverture vers la vie éternelle qui transcende l’existence.

Appauvrissement des gestes symboliques

La liturgie des funérailles prévoit des gestes symboliques qui évoquent les réalités spirituelles. Dans ce domaine, certains abus font tout simplement frémir. C’est ainsi que récemment, au début d’une célébration, le prêtre a remplacé la croix de l’autel par une photographie du défunt qui « trônait » en lieu et place du Maître des lieux. Au cours du même office, lors du défilé d’Offrande, il n’était évidemment plus question de baiser la patène ou de poser la main sur un crucifix, mais « de toucher le cercueil pour donner une dernière poignée de main à N. »... On est à nouveau loin du recueillement et de la noble simplicité des rites catholiques. On prétextera que certains de ces rites, comme l’encensement du corps, ne sont plus compris par les gens. Est-ce une raison pour les supprimer ? Ne faut-il pas tout simplement les expliquer dans un souci d’évangélisation ? Mais il est une question beaucoup plus grave : certains célébrants croient-ils encore en la puissance évocatrice de ces gestes et symboles ? En effet, dans certains cas, c’est tout simplement le prêtre qui trafique la célébration sous les yeux ahuris d’une famille qui se demande où elle est ! Il faut déplorer le manque de foi de nombreuses familles qui demandent des funérailles religieuses. Il faut également regretter la légèreté avec laquelle certains prêtres célèbrent les saints mystères et bradent le patrimoine spirituel de l’Eglise.

L’Eucharistie pour tous !

Lors des funérailles, la plupart des gens (pratiquants ou non...) viennent communier. Comment ? Pourquoi ? Dans quel état spirituel ? Croyant ou par sympathie ? Peu importe. Quasiment aucun rappel moral ou doctrinal n’est prononcé par le prêtre. La Communion est ainsi banalisée... Qui n’a jamais vu une hostie terminer tout simplement... dans une poche ! Dans ce domaine très grave, il revient au prêtre de discerner sur l’opportunité d’une célébration eucharistique qui n’est jamais un droit absolu.

Quelques pistes de réflexion en guise de conclusion

L’Eglise est ouverte à tous ! Mais ceux qui demandent son secours sont invités à accepter les rites qu’elle propose, que les prêtres doivent normalement célébrer dans leur intégralité. Le missel des défunts propose un large choix de prières et de lectures utilisables dans toutes les situations. Il serait peut-être bon d’oser dire à ceux qui souhaitent une célébration uniquement centrée sur le défunt qu’il existe d’autres lieux (salle polyvalente) plus appropriée pour une telle évocation. Il ne faut pas confondre « cérémonie d’adieu » et « prières pour le défunt ». Les deux peuvent évidemment être liées mais uniquement tournées vers Dieu, les yeux fixés vers le Ciel dans l’action de grâces et la supplication. Une telle démarche suppose un climat recueilli. Les funérailles chrétiennes ne doivent pas être une convenance sociale mais un acte de foi. C’est la communauté chrétienne qui prie pour un de ses membres. Il est utile de le rappeler ! Ce n’est jamais en bradant les trésors de la foi et de la liturgie que l’Eglise évangélise. C’est en permettant à ceux qui viennent à elle d’approcher du mystère de Dieu qu’elle peut leur ouvrir une porte vers la vie éternelle. Cette démarche n’est possible qu’à travers une liturgie digne, aux nobles gestes exécutés avec foi.

29/12/2016 - Pas simple d'être curé au XXIe siécle !


Jadis, dans beaucoup de nos paroisses, nous avions des curés autoritaires ; reconnaissons-le souvent à l’excès. Dès le début du XXe siècle, l’Eglise a voulu donner une mission concrète aux fidèles (Action catholique, apostolat de la prière …). Il s’agit là d’une magnifique initiative !  Mais les temps ont bien changé…  Aujourd’hui dans de nombreuses paroisses, nous pouvons constater que le curé n’a plus rien à dire et que ce sont les laïcs qui dirigent les prêtres avec une autorité redoutable. Le couronnement du cléricalisme par les laïcs est apparu avec la création des « équipes liturgiques ». Un prêtre témoignait dernièrement : « Dans ma propre paroisse, je ne peux même pas choisir la prière eucharistique que je souhaite prendre et  l’équipe liturgique ne me laisse pas encenser pour les solennités …  Si j’impose mes choix, je me retrouve seul. Personne ne s’opposera à la dictature de l’équipe liturgique». 

Nous vivons une époque bien difficile et nous arrivons à nous poser la question suivante : nos paroisses sont-elles toujours gérables ?  Le prêtre donne sa vie pour le Christ, pour les hommes, pour être un « alter Christus » dans notre époque. Il nous apporte « Dieu » en nous administrant les sacrements, en réveillant notre foi, en annonçant le chemin du salut. Chaque prêtre a sa personnalité, ses qualités et ses défauts, mais n’oublions jamais qu’il est là pour nous (l’évêque l’envoie, il lui confie un territoire pour que  le prêtre (le curé) prenne soin de nos âmes).

Fidèles (laïcs), réveillons-nous ! Soyons pour nos prêtres une source d’encouragements et de bienveillance ! Faisons en sorte qu’ils puissent s’épanouir humainement et spirituellement dans nos paroisses ! Et surtout qu’ils puissent compter sur nos prières quotidiennes et sur nos bras pour les aider ! 

26/12/2016 - Citation sur la répétition et l'automatisme dans la liturgie


La répétition et l'automatisme, au lieu d'être une source de rétrécissement pour la liberté sont, dans la pratique, une condition nécessaire pour que cette liberté existe et grandisse. Remarquez d'ailleurs, par parenthèse, que la répétition est l'une des pratiques fondamentales de la liturgie, dont l'une des caractéristiques est d'être codifiée pour constituer un rite. De la sorte, la liberté profonde de chacun échappe à l'imprévisible fantaisie subjective de celui qui préside. C'est l'une des différences majeures entre le rite liturgique et l'action théâtrale. Beaucoup de gens de théâtre ont été fascinés par cette puissance symbolique du rite liturgique et ils n'ont cessé de l'envier. 
Cardinal Lustiger, Premiers pas dans la prière (1986) Nouvelle Cité et Radio Notre-Dame 

24/12/2016 - Réforme de la réforme ?




Les questions liturgiques sont souvent passionnantes et passionnées. Il est de bon ton, dans certains milieux liturgiques de remettre en question la restauration du missel voulue par le Concile Vatican II en demandant une réforme de la réforme. Pour comprendre cette expression, il convient de rappeler quelques jalons.

Le culte catholique a évolué au cours de l’histoire. Il est évident que la Messe (Fraction du Pain) célébrée par les premiers chrétiens a très peu de points en commun avec la célébration codifiée par Saint Pie V. Les deux éléments centraux, à savoir la liturgie de la Parole et la liturgie Eucharistique, ont traversés le temps et constituent les fondements de la Messe. Les autres éléments de la célébration ont été ajoutés aux cours des âges, parfois tardivement. D’autres ont été supprimés lors des codifications successives du missel et des sacramentaires. Jusqu’au Concile de Trente, et même au-delà, il est plus juste de parler du missel « au pluriel » car différentes variantes coexistent dans l’Eglise romaine. Dans ce sens, affirmer qu’il existe une « Messe de toujours », célébrée uniformément, partout et dès les origines est un non-sens. L’histoire de la liturgie est faite d’ajouts et de suppressions, évolution organique du culte chrétien qui répond aux aspirations du Peuple de Dieu qui se renouvelle à chaque époque.

Le Concile de Trente (1545-1563) est un jalon important dans l’histoire de la liturgie. Face à la Réforme protestante, l’Eglise catholique va affirmer son unicité en codifiant la Messe avec beaucoup de précision. Le même culte, magnifiant la présence réelle, doit être célébré partout de la même façon. Dès lors, les autorités romaines n’auront de cesse de rappeler les rubriques et de lutter contre les inévitables abus liturgiques. Le missel restauré sous l’impulsion de Saint Pie V est une tentative de simplification cultuelle en réaction aux ajouts du Moyen-âge.

Au 19ème et dans la première moitié du 20ème siècle, un mouvement liturgique émerge sous l’impulsion des abbayes bénédictines  de Solesmes (France), de Maredsous (Belgique) et de Maria Laach (Allemagne). On assiste à une redécouverte du culte des origines et du caractère communautaire de la Messe. Les fidèles doivent « participer » et former un seul corps plutôt que de s’isoler dans des pratiques de piété individuelle. Une lente évolution des mentalités s’amorce et le désir d’une nouvelle restauration liturgique devient de plus en plus évident. Celle-ci sera un fruit visible du Concile Vatican II (1962-1965). La nécessité d’une simplification liturgique emporte l’unanimité des Pères conciliaires et, le 4 décembre 1963, la Constitution sur la sainte Liturgie (Sacrosanctum Concilium) est approuvée en dernière lecture par 2 147 voix contre 2. Le Pape Paul VI établit alors une Commission (Concilium) formée d’experts dans le but de restaurer le Missel qui est officiellement promulgué en 1969.

La restauration liturgique voulue par Vatican II aboutit dans une époque troublée. Après l’euphorie du début des années soixante succède un certain anarchisme culminant en mai 68, ayant des répercutions dans la vie ecclésiale. En Europe occidentale, le Missel de Paul VI est rapidement jugé dépassé par certains prêtres qui modifient la célébration et inventent des prières fantaisistes. Les nombreux recadrages romains resteront souvent sans effet. En France, Monseigneur Lefèbvre dénonce les abus liturgiques attribués à tort au missel restauré et réclame le retour au missel de Saint Pie V.

Cinquante ans plus tard, la réception du missel de Paul VI est toujours d’actualité. Beaucoup de prêtres continuent de « trafiquer » les textes originaux et des abus ou permissions liturgiques sont devenus la règle pastorale. Dans certaines paroisses, des prêtres fidèles au Concile sont jugés « conservateurs » en raison de la simple application du missel de Paul VI dans sa forme normative. La réaction « traditionnaliste » est toujours présente et banalisée. Depuis le Motu proprio de Benoît XVI autorisant la célébration de la Messe selon le missel de Saint Pie V, les deux formes « coexistent » dans l’Eglise, créant des catégories de fidèles séparés par un fossé liturgique de plus en plus infranchissable. Le retour à une forme antérieure du missel romain est une fausse réponse à la crise de l’Eglise. Le mouvement liturgique n’est pas achevé et il convient d’œuvrer à la formation du clergé et des fidèles par la lecture et l’approfondissement des textes conciliaires et de l’enseignement du Magistère. La Présentation générale du Missel romain est un incontournable qui permet de comprendre l’utilité de la réforme liturgique qui forme un tout harmonieux, à condition de l’appliquer dans son intégralité.

De nos jours, certains souhaitent une « réforme de la réforme », en réponse aux abus liturgiques. Cette entreprise est souvent présentée comme un mélange entre le Missel de Saint Pie V et celui du Bienheureux Paul VI. On peut s’interroger sur le bien-fondé de cette option qui ne satisferait ni les « traditionnalistes » refusant tous changements, ni les « progressistes » refusant l’obéissance aux règles existantes. La juste voie est celle de l’obéissance au Magistère de l’Eglise et à l’application rigoureuse de la restauration liturgique, sans retour nostalgique ni fuite en avant déraisonnée.   

22/12/2016 - L'art de célébrer

Un livre à acheter sans tarder ! 
L'art de célébrer 
de Denis Crouan
Guide liturgique à l'usage des paroisses, pour que chaque messe puisse être ce moment privilégié avec Dieu, dans la fidélité aux enseignements de l'Eglise.
Un ouvrage de référence, précieux pour les prêtres et les laïcs, autant dans les paroisses, que dans les communautés religieuses, les aumôneries, les sanctuaires...


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21/12/2016 - "Préface" de Paul Claudel


Préface
Les deux pieds solidement assurés sur la base inébranlable de la foi, les deux bras de toute leur longueur étendus jusqu'à la mesure de la Croix, le pontife, au nom de tout ce peuple derrière lui qui le députe, lui-même à son offrande réuni, l'oeil avec tranquillité levé sur Dieu, confesse, chante et définit.
Le ciel et la terre font silence pour écouter cette voix grêle qui dit les choses l'une après l'autre qu'elle sait et Dieu à la portée de notre main devant nous qui est réel.
Et si la foi encore ne suffit pas à libérer ce corps déjà altéré d'une autre balance, si, cette gloire qui emplit l'âme, la chair opaque encore suffit à lui opposer résistance, il y a l'esprit trois fois libre déjà qui répète le mot trois fois saint, il y a, à tous les anges mêlée, la voix qui chante "Alleluia" dans le matin, il y a ces larmes solennelles qui coulent, il y a cette face qui se tourne passionnément vers l'aurore !
Il y a ces bras qui suffisent à peine à soulever cet immense vêtement d'or !
Paul Claudel, La Messe là-bas, Rio de Janeiro, mai-décembre 1917 

15/12/2016 - Formation : l'amict


 Amict vient du latin : « amicire », déformation du verbe « ad-jacere » qui signifie « appliquer sur ». Ce vêtement liturgique est attesté dès le 8ème siècle (Ordo Romain n°1). Il s’agit d’une pièce de tissu rectangulaire pourvue de longs rubans aux extrémités d’un de ses grands côtés. Une croix est habituellement brodée en son milieu. En le mettant, le prêtre le pose d’abord un instant sur sa tête avant de s’en couvrir les épaules et de l’ajuster à la taille à l’aide des rubans. Il a pour fonction pratique de masquer le col romain en dessous de l’aube.                           
Historiquement, il est inspiré du foulard dont les hommes et les femmes s’entouraient le cou ou se couvraient la tête pour raison d’hygiène. C’est pour cette raison que primitivement, le prêtre portait l’amict sur la tête, un peu comme un capuchon qu’il retirait au commencement de la Messe. Cet usage disparaît progressivement à partir du 10ème siècle avec l’apparition de la barrette.
Symboliquement, l’usage de l’amict rappelle au prêtre qu’il doit vivre la Messe dans le plus parfait recueillement et garder les yeux fixés sur le mystère qu’il célèbre. De nombreux auteurs spirituels considèrent également l’amict comme étant le « casque du salut » qui est pour le prêtre une force contre les attaques de l'ennemi.
Le port de l'amict est-il obligatoire ? Voici la réponse de la présentation générale du missel romain : "On mettra un amict avant de revêtir l'aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l'habit commun autour du cou". Précisons que la PGMR est très précise : l'amict est obligatoire si l'habit autour du cou n'est pas PARFAITEMENT recouvert. 
Quelques exemples :
Amict obligatoire  :


Amict facultatif :

12/12/2016 - 36 Légionnaires du Christ ordonnés

Ce samedi 10 décembre à Rome, le Cardinal Pietro Parolin a ordonné 36 Légionnaires du Christ. Plus de 3000 personnes ont assisté à cette célébration. Comme toujours avec les Légionnaires du Christ, la liturgie était impeccable ! Malgré les épreuves, cette congrégation a su se relever et donne de nombreux prêtres à l'Eglise. S'ils ont pu traverser tant de souffrances, c'est en grande partie grâce à la fidélité et à l'obéissance dont ils ont fait preuve.  Prions pour cette belle œuvre afin qu'elle puisse poursuivre ses apostolats et accueillir de nombreuses vocations. N'hésitez pas à consulter leur site internet : http://www.regnumchristi.fr







11/12/2016 - Humour liturgique... et grinçant


Dans la revue « L’Ouvroir liturgique », éditée il y a de nombreuses années par l’abbaye Saint André à Bruges, le courrier des lecteurs contient de nombreuses perles qui font sourire. Voici la question d’un séminariste suivie de la réponse des bons Pères de la rédaction.

« J’aimerai voir quelques dessins de dentelle d’aube. Ce devrait être une aube de luxe, car il s’agit d’une première messe ; elle serait exécutée en dentelle de L., c’est-à-dire en tulle brodé sur métier, par une tante qui habite L. et qui voudrait commencer aussitôt le travail. Le dessin peut demander beaucoup de besogne, peu importe. La dentelle doit avoir 1 mètre de haut et la broderie couvrir toute la surface du tulle. Je sais bien que la dentelle n’est pas liturgique, mais j’aimerais toutefois que le dessin soit conçu de façon liturgique. »

« La dentelle n’est pas liturgique ? Et pourquoi pas ? Jamais elle n’a été interdite. Vous trouverez sans peine dans nos revues, par exemple en feuilletant l’Ouvroir, quelques bons modèles d’entre-deux au crochet, en richelieu ou même en tulle brodé – bien que nous ignorions jusqu’à quel point ce genre de tulle brodé est semblable à la dentelle de L. ... Bien entendu, ces entre-deux sont étroits (de 5 à 25 cm de largeur). – Ce qui est anti-liturgique – c’est-à-dire  contraire non seulement aux décrets, mais aussi au simple bon sens et à la dignité du culte – ce sont les dentelles trop hautes, montant jusqu’aux genoux et au-delà ; car il faut que l’aube demeure une robe talaire de lin blanc. Nous n’avons aucun modèle haut d’un mètre à vous présenter ; et quand bien même nous en aurions, nous nous garderions bien de le communiquer à qui que soit. Il doit y avoir, dans les rédactions comme dans les bibliothèques, un « enfer » dont les portes s’ouvrent pour laisser entrer et non pour laisser sortir. Vous ne vous imaginez pas que l’Apostolat liturgique consentirait à se rendre complice d’un crime de lèse-liturgie et de lèse-bon-goût. – Quand au jeune prêtre qui se prépare à donner, à sa Première Messe, ce mauvais exemple, nous ne pouvons que le plaindre ; ou plutôt, nous dirons un Ave pour sa conversion et pour celle de sa tante ! Vous n’aurez pas de peine à trouver dans les catalogues illustrés du Bon Marché, du Louvre, du Printemps, de l’Innovation... des modèles de dentelles d’un mètre de haut : ils sont destinés, comme il convient, à des stores et à des rideaux. Ces décors, direz-vous, sont « profanes », et vous demandez des « motifs liturgiques », ces-à-dire des symboles religieux. Soit, mais la plupart de ces dessins dits « profanes » sont des motifs végétaux ou géométriques, qui, à l’église, font encore moins mauvais effet que des calices ou des agneaux en caricature, ou que des croix, des IHS ou des chrismes placés à des endroits peu dignes. »

5/12/2016 - Sanctifier la nuit de Noël

Sanctifier la nuit de Noël

La messe de Minuit disparaît peu à peu du paysage... Abandonnée par beaucoup de fidèles, la Nativité est célébrée dans beaucoup de paroisses à ... 18h ! Comment est-on arrivé à cette triste situation ? La réponse est simple ! C’est par facilité. Analysons rapidement les « bonnes excuses »...

« Je reçois pour le réveillon »

Noël est considéré comme une fête de famille. On se réunit pour le réveillon. On mange, on boit, on échange des cadeaux. Dans ce contexte, il est plus facile d’assister à une messe à 18h... et d’être tranquille le restant de la soirée pour faire la fête. Est-il besoin de rappeler que Noël est une fête religieuse et que le réveillon est une veillée qui prépare à la célébration de la Nativité. La soirée doit être organisée en fonction de celle-ci. Il ne faut pas confondre l’accessoire et l’essentiel. Sortir pendant la nuit pour se rendre à l’église, quitter la chaleur et le confort, braver le froid et les désagréments de la route sont autant de petits sacrifices qui façonnent l’être chrétien ! Noël, ce n’est pas la fête de la dinde ! C’est la venue de l’Enfant Dieu que le chrétien accueille au cœur de la nuit pour que les ténèbres soient illuminées de la lumière divine.

« Certains invités ne sont pas croyants »

Cet argument est souvent employé. On va à la messe de 18h en catimini... et on reçoit ensuite les invités comme si Noël n’était pas une fête religieuse. Ainsi, personne n’est embêté quand arrive Minuit... et qu’il faut partir ! Quelle tristesse d’en arriver là ! Car c’est presque toujours la foi catholique qui capitule face à l’incroyance. Il n’est pas question d’imposer la foi mais d’oser en témoigner. Dans ce contexte, pourquoi ne pas proposer à ceux qui le souhaitent d’assister à la messe de Minuit pendant que les autres poursuivent le réveillon ou... font la vaisselle ! On est parfois surpris par les réactions... Pourquoi partir perdant et manquer une belle occasion d’évangéliser et de rappeler le sens de la fête. Chacun reste libre... mais le chrétien, même si c’est lui qui reçoit (!), ne doit pas mettre sa foi en poche, sous prétexte de ne choquer personne.

« Je suis trop âgé, c’est trop tard »

Il convient de rappeler le courage et la foi des nos anciens qui allaient à la messe de Minuit à pieds et dans des conditions autrement difficiles que celles d’aujourd’hui. Il est toujours possible de faire une sieste dans l’après-midi afin d’être en forme pour la nuit, ou tout simplement de récupérer le lendemain. Certaines personnes éprouvent une grande fatigue au moment de la messe, mais bavardent une bonne demi-heure sur le marché sans souci du froid et des douleurs aux pieds !

« Mes enfants vont s’endormir »

Ce n’est pas un problème ! Et c’est important de les emmener à la messe de Minuit, même s’ils dorment une partie de l’office. La pratique religieuse s’apprend dès le plus jeune âge et cette célébration particulière marque durablement la conscience chrétienne. Un jeune enfant chrétien est souvent « tout excité » par la perspective d’assister à cette messe si ses parents ont pris le temps de lui expliquer la raison de ce rendez-vous nocturne.

En guise de conclusion...

La conclusion est simple. Il est important d’assister à la messe de Minuit avec ferveur et joie. C’est un trésor de notre belle tradition chrétienne qu’il faut préserver et faire découvrir aux plus jeunes. Les fidèles s’habituent vite au paganisme ambiant par facilité et par manque de convictions solides. Alors cette année, pourquoi ne pas remettre Dieu au cœur de la fête, au cœur de la nuit ! Elle retrouvera une saveur que seule la foi chrétienne peut lui donner !