30/09/2016 - Célébrer la Messe... mais comment ?

1. Méconnaissance des rubriques du missel de Paul VI

Il est surprenant de constater que beaucoup de prêtres ignorent les rubriques du missel actuel et n’en ont jamais lu la présentation générale. Un jeune prêtre témoignait récemment qu’il avait appris à célébrer la Messe en deux heures, trois semaines avant son ordination. Pour conduire une voiture, il faut connaître le code de la route... Pour célébrer la Messe, il faut connaître les rubriques. Sans cela, les « accidents liturgiques » sont inévitables et souvent, hélas, excusables par un manque de formation. Trop de prêtres et de fidèles considèrent que les rubriques sont accessoires et que seul le climat fraternel et convivial contribue à une « belle célébration ».

2. Redécouverte de la richesse du missel de Paul VI

Il est certain que la plupart des prêtres diocésains estiment « bien célébrer » l’Eucharistie. Mais qu’en est-il dans la réalité ? Il faut reconnaître que beaucoup d’abus liturgiques et d’inexactitudes sont maintenant entré dans les habitudes... Or, le renouveau de l’Eglise passera par un renouveau liturgique. C’est par la célébration que se façonne l’être chrétien. C’est parce qu’il entre dans le mystère du rite que le fidèle ouvre son intelligence aux vérités de la foi. On devient chrétien par osmose... La liturgie est source d’évangélisation, à condition que celle-ci reflète la foi de la l’Eglise et pas les idées du moment de celui qui célèbre. Dans ce sens, il est du devoir de tout prêtre de se former et de lire attentivement les rubriques du missel, sans considérer à l’avance que « c’est connu » ! Cette lecture est vivifiante pour la spiritualité et permet de recentrer le prêtre sur l’essentiel de sa vie à savoir la célébration des Saints Mystères de l’Autel.

3. Ecole de sainteté

Un religieux, spécialiste en liturgie, aime répéter que « la liturgie est crucifiante ». En effet, se conformer en tous points aux rubriques du missel est une école de sainteté car cela demande de renoncer au désir d’adapter le rite à sa sensibilité. L’Eglise demande à ses fils de célébrer selon les règles qu’elle donne, sans ajout ni suppression. Le prêtre doit s’effacer pour laisser place au Christ, centre de toute célébration.  La liturgie restaurée par le bienheureux pape Paul VI est noble et sobre. Sa simplicité ouvre la porte du mystère de notre foi... Quand elle est bien célébrée, elle est source de sanctification et permet aux fidèles de vivre pleinement le mystère pascal, la mort et la résurrection du Christ.

28/09/2016 - Liturgie : Problème actuel


La liturgie, le rituel de la Messe, la façon de célébrer, les abus liturgiques... suscitent régulièrement des débats dans l’Eglise, parmi les prêtres et les fidèles. Le sujet est sensible, surtout depuis la réforme liturgique initiée lors du concile Vatican II. De fait, le missel de 1969, appelé aujourd’hui « rit ordinaire » a remplacé le missel dit de « Saint Pie V » dénommé désormais « rit extraordinaire ». Depuis le Motu Proprio « Summorum Pontificum » de Benoît XVI, tout prêtre peut célébrer selon l’une ou l’autre forme.

Cette possibilité suscite à juste titre de nombreuses questions. En effet, selon quels critères choisir et/ou préférer un rit plutôt que l’autre ? Un rit est-il meilleur que l’autre ? La réforme était-elle nécessaire ? A-t-elle été bien comprise et appliquée ?

A considérer la situation globale de l’Eglise, on peut affirmer que la majorité du clergé célèbre dans la forme « ordinaire ». Une minorité, regroupée dans les Instituts « Ecclesia Dei », de tendance traditionnelle célèbre dans la forme « extraordinaire ». Utiliser le mot « minorité » n’est pas un jugement, mais une réalité car ces divers Fraternités et monastères regroupent quelques centaines de prêtres sur les quatre cent milles que compte l’Eglise catholique.

Le rit « ordinaire » de la Messe (appelé par certains la « Nouvelle Messe » ou la « Messe moderne » !) est hélas souvent connu par ses abus. En effet, qui n’a jamais assisté à un semblant de liturgie où se retrouvent ballons à gonfler, panneaux en frigolite, « rondes d’amitié » autour de l’autel et bavardages intempestifs de « Mamies bigoudis » qui se relayent au micro pour commenter les lectures. Ces abus ne doivent pas occulter le Missel dans son édition typique latine, orienté et célébrée dignement. Dans ce domaine, un peu de bonne volonté et quelques explications peuvent convaincre la majorité des fidèles. Malheureusement, beaucoup d’abus sont maintenant bien ancrés dans les pratiques et les déraciner semblent impossibles. Mais ce n’est pas parce qu’il y a des abus que l’ensemble est mauvais et condamnables. Les abus existaient avant 1962 ! Il suffit d’entendre certains anciens qui se rappellent des Messes « traditionnelles » expédiées en 18 minutes et des prêtres vomissant littéralement  les prières, le tout avec des ornements à la propreté douteuse. De telles pratiques ne jettent pas le discrédit sur le missel de Saint Pie V. Ils sont a déplorer, tout comme les abus actuels !

Aujourd’hui, on ne peut pas occulter la Réforme liturgique. On ne peut pas faire comme si rien n’avait changé sous peine de schizophrénie. Le missel de 1969 fait désormais partie de la vie de l’Eglise, qu’on le veuille ou non. Le rejet, explicite ou implicite de la Messe restaurée par le pape Paul VI divise malheureusement l’Eglise en « progressistes » qui légitiment les abus et les « traditionnalistes » qui défendent une Messe « de toujours » fixé dans une forme « définitive » qui historiquement n’a jamais existé. En effet, en étudiant l’histoire de la liturgie, on s’aperçoit que des « nouveautés » ont été introduites régulièrement dans cette messe « de toujours »... Par exemple, le dernier évangile de la Messe de Saint Pie V est introduit définitivement au seizième siècle. Est-ce à dire que les Messe célébrée antérieurement n’étaient pas traditionnelles ? Et c’est sans parler des particularités locales. Dans ce sens, il est possible que si certains fidèles « traditionnels » d’aujourd’hui avaient vu célébrer le Saint Curé d’Ars dans le rit lyonnais et s’attardant à la Consécration, ils auraient hurlés aux abus liturgiques... N’oublions pas que l’Eglise et l’Autorité suprême sont responsables de la liturgie et de son éventuelle Réforme. Les formes ont changées aux cours des siècles. Le nier est une méconnaissance historique. Comme expliqué plus haut, qu’il y ait des imperfections est inévitable et peut être corrigé. Tout rejeter au nom de quelques imperfections et des abus, c’est s’ériger en juge de l’Eglise et « faire du protestantisme à l’envers ».

27/09/2016 - Deux calendriers ?




Les prêtres et fidèles « traditionalistes » utilisent le calendrier liturgique de 1962. Or, celui-ci a été officiellement modifié en 1969. Et depuis, de nombreux saints y ont été ajoutés. Quand on compare les deux calendriers, on constate de grandes différences. De nombreuses fêtes de saints ne sont pas célébrées le même jour et la façon de compter les dimanches n’est pas la même. La coexistence de deux calendriers est une absurdité et une brèche dans l’unité de l’Eglise. Par exemple, comment comprendre que le pape, les évêques, la majorité des prêtres et des fidèles fêtent Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus le 1er octobre alors que ceux qui se disent « traditionnels » la célèbrent le 3 octobre ! Une fois pour toute, ne serait-il pas opportun que l’ensemble des fidèles adopte le même calendrier... comme signe visible de l’unité de l’Eglise ? Mais cela suppose d’accepter humblement ce que l’Eglise demande. Comme le disait si justement Saint Jean Bosco : « Un désir du pape est un ordre pour Don Bosco ».

27/09/2016 - Réflexion d'un prêtre sur la "Messe des familles"


« Comment faire pour attirer les enfants et les jeunes à la Messe ? » Quel prêtre n’a jamais entendu cette question. Que faire ? En effet, la pratique religieuse diminue chaque année et les jeunes générations assistent de moins en moins à la Messe du dimanche. Dans certaines paroisses, des équipes s’ingénient dès lors à chercher des remèdes. Parmi ceux-ci, il y a l’incontournable « Messe des familles ». Que pensez de cette formule ? Analysons...

Bien souvent, ces messes sont dites « adaptées », à la portée des enfants et ont lieu 1 fois par mois. Rappelons que la pratique religieuse ne peut se satisfaire d’une Messe par mois. Certains diront que c’est mieux que rien, que les enfants et les parents gardent par ce moyen un contact avec l’Eglise ? Mais est-ce si vrai que cela ? Bien sûr, le jour de la « Messe des familles », il y a peut-être du monde... Mais les autres dimanches ? Bien sûr, il y a quelques parents qui accompagnent leurs enfants (quand ils ne les déposent pas sur le seuil de l’église), mais après les « Profession de Foi », qui restent-ils ? A une brave paroissienne qui me disait un jour que la « Messe des familles » aidait les enfants à vivre leur foi, je répondais simplement que si une église était pleine, été comme hiver, tous les dimanches, grâce à cette formule, ça se saurait !

Pendant ces Messes, il y a des chants que soit disant les jeunes apprécient. En regardant de plus près, on se rend compte qu’en voulant faire « modernes », certains prêtres font « ringards » et que les jeunes qui veulent entendre des chants qui leur plaisent peuvent le faire en dehors de l’église. Bien souvent, ces chants sont tout simplement bêtes et dignes d’une ronde de classe maternelle. Quand ces chants sont accompagnés à la guitare par une des dernières quinquagénaire de la paroisse, habillée en « jeans » pour « faire jeune », on nage dans le ridicule.

Pendant ces Messes, il faut à tout prix « faire participer ». Dans ce sens, tout est bon : déguisements, bricolages, mimes ridicules pour faire comprendre l’évangile aux spectateurs, panneaux en frigolite (un must indémodable !) sur lequel les enfants vont punaiser un rayon de soleil, prière avec des gestes... J’en passe et des meilleurs... Pour attirer le client, certains sont prêts à tout ! Comme me le disait un paroissien : « Dans certaines églises, il n’y a que montrer son derrière que l’on n’a pas fait... C’est peut-être faute de ne pas y avoir pensé... » Le sommet de la participation est la sacro-sainte procession des offrandes, où les enfants apportent à l’autel une écuelle remplie d’hosties, un calice (souvent d’une propreté douteuse) et quelques lumignons. Pour faire simple et familial, les responsables du spectacle demandent aux enfants  de « rendre ce service » sans aucune préparation, ce qui fait que certains se demandent ce qu’ils font et n’ont évidemment aucun respect. Le tout dans un brouhaha si convivial... Je me rappelle toujours d’une institutrice maternelle à la retraite qui a quitté sa paroisse en disant à son Curé que qu’il était impossible de prier dans cette atmosphère de cours de récréation. Mais est-ce là l’essentiel ?...

A la Messe des familles, il faut adapter les prières. C’est un fait acquis par beaucoup, personne ne comprend le vocabulaire de l’église... Plutôt que d’expliquer les beaux mots de la Foi, on utilisera un langage parfois digne de « Tintin au Congo ». L’homélie consistera à un « questions-réponses » avec les enfants. Récemment, quelqu’un me racontait que dans une paroisse, à l’occasion de la fête du Christ-Roi, au moment de l’homélie, un prêtre faisait le guignol avec une couronne en papier sur la tête devant des paroissiens abasourdis.

Les paroles de la Consécration n’échappent pas à la règle. Il faut parler le langage d’aujourd’hui !

Au moment du « Notre Père », à la Messe des familles, il y a l’incontournable ronde de l’amitié autour de l’autel. On se donne la main, on rit, les distraits courent pour y aller et ne pas rater le début de cette prière que la plupart ne connaissent même pas. Mais après tout, est-ce l’essentiel ?... Comme me le disait un prêtre : « l’essentiel n’est pas que les enfants connaissent des prières ou des « questions-réponses ». L’essentiel, c’est qu’ils se rappellent de l’ambiance et de l’accueil. » Ce qui est vrai, c’est que « question ambiance », il y a de quoi se faire des souvenirs, mais côté organisation, c’est quand même mieux au Carnaval de Binche...

Arrive la Communion. Afin de faire « comme Jésus », il faut tremper l’hostie dans le calice (selon la technique imagée que tout le monde comprend du « canard »). Peu importe les parcelles qui tombent (vous en êtes encore là !...), les gouttes sur le sol. Qui soutient encore que l’hostie contient le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité du Christ. Dans une paroisse dans laquelle je devais célébrer un mariage, il n’y avait pas de burette. Je demande à la sacristine si ce n’est pas un oubli. Non ! C’est normal... Mais alors, comment fait votre Curé pour purifier le Calice après la Communion. Comment ? « Bon sang mais c’est bien sûr ! » C’est la sacristine qui « lave le tout » à l’évier après la Messe. Vu ainsi, pourquoi s’embarrasser de détails...

A la Messe des familles, comme à toutes les Messe dans beaucoup de paroisses, il y a du bruit avant et après le spectacle. C’est si convivial ! « Germaine, tu sais que Fernande a mal à ses pieds ».... On s’embrasse, on échange des nouvelles... Parfois, il faut annoncer le chant d’entrée à 2 reprises. Ne le savez-vous pas, l’église est la maison de tous, c’est normal. Le silence !!! Mais Dieu ne nous veut pas rigides....

Venons-en au résultat. Sans noircir le tableau à outrance, y-a-t-il une seule église où on applique ces techniques qui soient remplies de jeunes (dès qu’ils ne sont plus obligés d’y aller). Poser la question, c’est déjà y répondre.

Mais alors, que faire ? Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas vouloir attirer le client à n’importe quel prix. Je dis souvent à ceux qui m’interpellent à ce sujet : « Vivons ce que nous avons à vivre, pieusement et saintement, et il y aura toujours des gens en quête de Dieu qui serons interpellés par la richesse de notre Foi. » Brader pour soit disant attirer n’a jamais porter de fruit. Je suis convaincu que la Messe célébrée dignement, dans une église propre, avec des ornements et du linge propres, dans une atmosphère recueillie et silencieuse peut toucher certains jeunes. S’ils poussent la porte de l’église, ce n’est pas pour entendre le même discours qu’à l’extérieur, c’est peut-être pour vivre autre chose, se rapprocher de Dieu qui ne peut parler que dans le silence. Ce qui manque cruellement à la jeune génération, c’est l’expérience de la transcendance de Dieu. Celle-ci ne peut se faire que dans une célébration sacrée, présidée par un Homme de Dieu, tourné vers Dieu, qui fait le lien entre la terre et le ciel, et pas par un animateur à guitare.

La vitalité des Communautés et Congrégations nouvelles de tendance classique est un bel indicateur de la vitalité de l’Eglise. Quand la Messe est bien célébrée, selon les normes actuelles de l’Eglise, on rencontre des jeunes et des familles. Il y aura toujours des assoiffés de Dieu... Il est peut-être temps d’éveiller les jeunes à la dimension verticale de la vie...

Pour terminer, je me rappelle cette blague qui met en scène 2 prêtres et qui est hélas fort réaliste... Un de ces deux prêtres dit à son confrère : « J’ai tout essayé pour attirer les jeunes : Le club de sport, ça n’a pas marché ! Les jeux de piste à la place du catéchisme, ça n’a pas marché ! La batterie et la sono pendant la Messe, ça n’a pas marché ! Que faire ? » Et l’autre, malicieux, de répondre : « Et si tu essayais la religion ? »

Mais cela ne marchera qu’à une condition : que tous, prêtres et fidèles s’y mettent et marchent dans la même direction, celle de la fidélité à l’Eglise et à son enseignement. Et sur ce point, ce n’est pas gagné...

25/09/2016 - Vidéo

Reportage sur le noviciat des légionnaires du Christ en Allemagne :


25/09/2016 - Poème

La lampe du Sanctuaire


Quel est ce feu sacré qui brille avec mystère,
Et répand ses lueurs dans l’ombre du saint lieu ?
Est-ce l’œil enflammé d’un archange en prière,
Qui contemple ravi, la majesté de Dieu ?

C’est la lampe du sanctuaire,
Qui brûle à l’autel nuit et jour :
Doux symbole de la prière,
Suave emblème de l’amour.

La lampe de l’autel nous instruit par sa flamme ;
Elle dit : Adorez, implorez à genoux ;
Il est là, le trésor et l’amour de votre âme,
Jésus, son bien-aimé, son adorable époux.

Adorez avec foi le Dieu du Tabernacle,
L’agneau, le bon Pasteur, le doux Emmanuel,
Le Rédempteur vivant, le vrai pain du miracle,
La lumière du monde et la splendeur du Ciel.

Une étoile autrefois apparut aux rois mages,
Et conduisit leurs pas au berceau du Sauveur.
O lampe, ta lumière appelle mes hommages
Pour le Maître des rois, qui demande mon cœur.

Le monde est une mer sous un ciel plein d’orage,
Et je crains ses écueils, le naufrage et la mort ;
Mais de ton feu sacré la clarté sans nuage,
Comme un phare béni, me désigne le port.

O lampe, comme toi, que mon cœur se consume ;
Qu’il brûle de ferveur en présence de Dieu ;
Qu’il ait la bonne odeur de l’encens qui parfume,
La douceur de ton huile, et l’ardeur de ton feu.

Pendant les longues nuits, quand notre âme sommeille
Dans l’obscure prison de notre corps mortel,
Tu brilles devant Dieu, pour moi ta flamme veille...
Ah ! dis-lui mon amour, mon amour éternel !

Chanoine J. Richard

21/09/2016 - Humour et réflexion !

Dix bonnes raisons pour ne pas se laver...

  1. On m'a forcé à le faire quand j'étais enfant.
  2. Les gens qui se lavent sont tous des hypocrites : ils se croient plus propres que les autres.
  3. Il y a une telle variété de savons que je n'arrive pas à choisir le meilleur pour moi.
  4. Autrefois, je me lavais, mais cela m'embêtait. Alors j'ai arrêté.
  5. Je me lave au moment des fêtes, à Noël et à Pâques, et cela me suffit.
  6. Aucun de mes amis ne se lave, et ils ne s'en portent pas plus mal.
  7. Je me laverai quand je serai plus vieux et plus sale.
  8. Je n'ai pas le temps.
  9. La salle de bain n'est pas assez chaude l'hiver ni assez fraîche l'été.
  10. Les fabricants de savon demandent de l'argent en contre-partie.

Si vous remplacez le verbe « LAVER » par le verbe « PRATIQUER », vous avez les dix objections les plus fréquemment utilisées pour ne plus assister régulièrement à la Messe le dimanche !

Extrait de : "Dieu est humour" - Editions de l'Emmanuel

21/09/2016 - Le Credo


La proclamation du Credo clôture la liturgie de la Parole. Ce que l’on vient de nous enseigner, nous y croyons de toute notre âme ! Tel est le sens du Credo.

Dès le début du christianisme,  un acte de foi était exigé pour recevoir le baptême. Il devait être assez court, semblable à celui que reçut, de l’officier éthiopien, le diacre Philippe : « Je crois que Jésus-Christ est le fils de Dieu. » (Ac 8, 37).

Mais la foi chrétienne se heurta rapidement à des erreurs. Il fut donc nécessaire de se préciser, de se définir. Ainsi furent rédigés les Symboles. Ils sont « les règles de notre foi », comme on disait en Afrique au IIIe siècle ; ils sont le résumé, les signes concrets de notre croyance.

L’antique Symbole des Apôtres ne suffit point quand les grandes hérésies du IVe siècle mirent en cause la nature du Christ et les trois personnes divines ; aussi, en deux Conciles, Nicée, 325, Constantinople, 381, fut établi le texte d’un symbole plus complet, celui que nous chantons en grégorien.

C’est à Antioche, puis à Constantinople que l’usage s’établit de l’insérer dans la Messe ; de là il gagna l’Espagne, la France et l’Allemagne, Rome enfin où il fut admis dans la liturgie peu après l’an Mille.

De nos jours, le Credo est réservé aux Messes du dimanche et à celles des grandes fêtes.  Depuis la restauration liturgique demandée par le Concile Vatican II, le prêtre et l’assemblée le chantent d’une voix unanime.

 « Faites retentir le Credo, ordonnait en 589 un concile de Tolède, afin que, par ce chant, la foi véritable s’affirme avec éclat et que l’âme du peuple catholique, recevant sa croyance, se prépare à recevoir la communion du corps et du sang du Christ. »

20/09/2016 - Amen ou ainsi soit-il ?

« Amen » - « Ainsi soit-il »


A la fin des prières, on entend souvent « Amen ! », parfois « Ainsi soit-il ». D’où viennent ces expressions ? Pourquoi les employer ? Dans la prière liturgique, la question ne se pose pas. Tous répondent « Amen ».

« Amen ! »

« Amen » est un mot hébreu, de même que « Hosanna » ou « Alleluia ». Ces expressions nous plongent dans l’Ancien Testament et nous rappellent que la liturgie catholique a ses racines dans la Tradition juive.

Le mot « Amen », est difficile à traduire. Il faut l’employer tel quel en sachant qu’il est à l’origine des mots « foi » (emouna), « confiance » (amana) et de l’adverbe « assurément » (amna). Jésus l’emploie fréquemment au début de ces enseignements : « Amen, amen, je vous le dis ». La répétition du mot donne une autorité, une force nouvelle à la parole du Christ.

Lorsque le fidèle dit « Amen ! », il adhère de tout son être à ce qu’il vient de proclamer, il fait profession de foi. A la fin de la prière eucharistique, « Amen » vient sceller ce moment solennel où le Christ s’offre en sacrifice sur l’autel. Au moment de la Communion, quand le fidèle reçoit le Corps du Christ, il redit avec confiance ce petit mot qui exprime sa foi en Notre-Seigneur Jésus Christ présent dans l’hostie.

« Amen » est un cri de foi, un cri de victoire qui vibre sur terre et trouve un écho dans le ciel où les anges et les saints s’unissent à la prière de la terre. Il est notre « oui » sans cesse actualisé, un jalon quotidien dans notre marche vers Dieu. Peu à peu, façonné par la prière liturgique, la vie du chrétien devient « liturgie », c'est-à-dire une agréable offrande à Dieu, qu’il est appelé à célébrer de tout son être.

« Amen » ne se dit pas à voix basse et par habitude... Il s’énonce clairement : « Oui, c’est vrai, j’y crois de tout mon cœur ! ».
« Ainsi soit-il »

L’adage affirme que traduire, c’est trahir... Autrefois, les prières se terminaient par « Ainsi soit-il ». Certains fidèles utilisent toujours cette formule. Il semble même qu’elle soit devenue un bon indicateur du milieu dans lequel on se trouve.

Historiquement, « Ainsi soit-il ! » est la transposition française de la traduction de l’hébreu au grec. Dans le langage courant, ce mot exprime davantage le souhait que l’affirmation de foi. Qu’il soit ainsi... ou pour reprendre les mots de la Vierge Marie : « Qu’il m’advienne selon ta parole ». L’expression est belle, mais il faut constater que la signification n’est pas la même !

« Ainsi soit-il » est donc une traduction imparfaite. Il est préférable de dire « Amen », expression forte qui plonge ses racines dans la grande Tradition de l’Eglise. Avec les croyants des siècles passés, redisons avec confiance ce petit mot, chargé d’histoire et de foi ! 

19/09/2016 - Conseils aux prêtres de Mgr Pascal N'Koué

Conseils aux prêtres par Monseigneur Pascal N’Koué


Ne vous habituez surtout pas à circuler sans votre habit ecclésiastique, sous prétexte que « l'habit ne fait pas le moine ». Un prêtre âgé aimait recommander aux jeunes prêtres le port de l'habit en ces termes: « Portez votre préservatif ». A sa suite, je lance ce vibrant appel à tous les prêtres: « portez votre préservatif ». J'insiste. Il ne préserve peut-être pas de tout mais de beaucoup de choses. Ne vous contentez pas de porter une petite croix au cou, ce n'est pas un habit. Portez votre habit ecclésiastique toujours et partout... évidemment pas jusque dans la douche! Encore qu'autrefois nos aînés dans le sacerdoce jouaient au football en soutane. 

Notre Peuple veut nous voir habiller « en prêtre ». Pas de négligence là-dessus. Pas de demi-mesure. C'est un témoignage silencieux qui n'est pas banal. Il dit notre appartenance spécifique à Dieu et à l'Église. N'ayons pas honte d'affirmer notre identité. Attention donc au relativisme qui pousse au confusionnisme avec les laïcs.

En outre - et j'aurais dû commencer par là - soyez des hommes de prière. Le prêtre doit nourrir sa propre vie spirituelle par une abondante vie de prière personnelle. La liturgie des heures (ou Bréviaire), prière officielle de l'Église, est là pour nous aider. Soyez fidèles à la méditation matinale. Aimez aussi les adorations eucharistiques où vous parlez cœur à cœur avec le Christ, réellement présent devant vous. Que votre dévotion eucharistique transparaisse aux yeux des fidèles, qui seront ainsi encouragés par leur Pasteur, à vivre en communion avec Dieu. Conduisez-les au Christ par la prière et la contemplation.

Enfin, soyez disponibles et serviables. Le célibat consacré devrait vous y aider. Un vieux prêtre se plaignait des jeunes prêtres ainsi : « Tant qu'ils ne sont que séminaristes, ils sont serviables. Mais dès que l'Esprit s'empare d'eux pour en faire des prêtres, on ne peut plus s'en servir ». Soyez donc serviables avant et surtout après l'ordination. Le Christ est venu pour servir: en son nom, visitez les familles, les malades et les prisonniers. Soyez miséricordieux et proches de tout le monde.

N'ayez pas honte si l'on vous surnommait « amis des publicains et des pécheurs »: ce fut le plus beau surnom de Notre Seigneur Jésus. Bénissez les maisons et les personnes. Prenez aussi le temps d'écouter ceux qui viennent vous parler. Si votre écoute est attentive, paternelle et spirituelle, vous ferez mieux que les psychologues, les psychanalystes et les marchands d'illusions.

Même si vous n'êtes pas musiciens, intéressez-vous au chant sacré, veillez à la qualité des actions liturgiques. Le chant sacré doit répondre à la dignité, à la gravité et à la sainteté de la liturgie. Que les instrumentistes jouent humblement pour la gloire de Dieu et l'édification des fidèles. Qu'ils évitent d'offenser la piété du peuple par des danses purement folkloriques et des battements de mains intempestifs.

Que vos célébrations soient empreintes de silence, de recueillement et de respect vis-à-vis de la majesté et de la transcendance de Dieu. En effet, le saint Sacrifice de la messe célébré à la va-vite, de façon négligée et superficielle, en vide le sens et affaiblit sa fonction d'accroissement de la foi. Celui qui célèbre mal manifeste la faiblesse de sa foi et peut démolir celle des autres. Bien sûr que l'essentiel n'est pas le rite en lui-même, mais le cœur habité par la présence divine et l'intention de faire ce que l'Église veut. Souvenez-vous que les premières eucharisties avaient lieu dans des maisons aux portes closes, non point par souci du secret mais pour préserver ceux qui étaient encore trop faibles pour participer à de tels mystères... Indiquez à temps et à contre temps le chemin du ciel aux hommes, toujours tentés de regarder uniquement vers la terre. Soyez convaincus que le prêtre est indispensable à la société.

17/09/2016 - Un nouveau cd à découvrir !




Au cœur de la Rome éternelle, sous la coupole de l’église syriaque, une quarantaine de voix s’élèvent harmonieusement en reprenant pour la énième fois un « kyrie » : à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde, la communauté du Séminaire Français a réalisé un CD afin de témoigner au monde entier la joie de croire en l’Amour du Seigneur.


« Rendez grâce au Seigneur, proclamez Son Nom, annoncez parmi les peuples Ses hauts faits ; chantez et jouez pour Lui, redites sans fin Ses merveilles » (Ps 104,1-2). Chanter le Seigneur et les merveilles de Sa Miséricorde : voilà le projet d’année que la communauté du Séminaire Français s’est fixé pour être ainsi en harmonie avec le Jubilé de la Miséricorde. Le disque qui en est le fruit et dont le titre, Misericordia in aeternum, donne tout de suite le ton, pourrait aisément être considéré comme une œuvre de miséricorde car il entend bien donner à manger et à boire à l’homme de ce temps, affamé et assoiffé de spiritualité. Plus qu’une simple contemplation de ce mystère de la miséricorde, c’est une méditation profonde que la quarantaine de prêtres, diacres et séminaristes français, accompagnée d’un directeur artistique et d’un ingénieur du son, a voulu traduire en musique, cherchant à donner à la prière de celles et ceux qui écouteront ce disque une ferveur plus grande ainsi qu’une expression plus agréable, pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde. Au répertoire grégorien traditionnel s’ajoutent des chants polyphoniques ainsi que des cantiques d’aujourd’hui. Au final, seize pistes interprétant le trésor de la musique sacrée, enrichi des compositions de certains membres de la communauté, composent ce CD distribué par Universal Music en France, et Warner à l’étranger. 
Mais Misericordia in aeternum n’est pas seulement un projet d’année, il est aussi et surtout l’expression de la vie de plusieurs hommes qui ont choisi de consacrer leur existence au service de ce « Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité » (Ex 34,6), ou du moins d’y réfléchir sérieusement ; il se veut également être le reflet des liturgies communautaires où se réalise l’unité dans le Christ. 



« Pourquoi ne pas faire profiter à d’autres ce que l’on vit au quotidien dans notre séminaire ? » s’interroge l’un de nous. C’est ainsi qu’un simple disque peut devenir héraut de la foi, messager de ce « chemin qui unit Dieu à l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché » (MV n°2), ou simplement interpellation sur la vocation sacerdotale. Après de nombreux mois de répétitions, une intense semaine d’enregistrement, et de nombreuses heures de montage, cette ode à la Miséricorde divine sera dans les bacs le 16 septembre 2016.

Souhaitons à Misericordia in aeternum de beaux fruits d’évangélisation. Faisant monter son action de grâce pour cette œuvre d’Église, la communauté du Séminaire Français, reprenant les mots du Pape François dans la bulle d’indiction Misericordiae Vultus, formule le vœu que ce CD « fasse écho à la Parole de Dieu qui résonne, forte et convaincante, comme une parole et un geste de pardon, de soutien, d’aide et d’amour » (MV n°25) au sein de l’Église qui ne se lasse jamais d’offrir à tout homme les merveilles de la Miséricorde de Dieu. 


Emmanuel ECKER
Diocèse de Metz
1ère année de théologie à la Grégorienne

13/09/2016 - Lu dernièrement :

Interview du Cardinal Hans Urs von Balthasar

Sur le site « diakonos.be », on peut lire une belle interview du grand théologien Hans Urs von Balthasar. Indépendamment du fait qu’on y apprend peu de choses nouvelles (la riche pensée de ce théologien est bien plus développée dans ses ouvrages), nous relevons quelques réflexions intéressantes :

Sur la liturgie : « Si je me réfère à la zone germanique, j’ai l’impression qu’elle est sobre et que, si elle est bien mise en œuvre (c’est-à-dire de façon beaucoup plus respectueuse du sacré), elle est plutôt bien acceptée par la majorité de ceux qui vont encore à l’église. »

Sur la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X : « Monseigneur Lefebvre et les siens ne sont pas les vrais catholiques.  L’intégrisme de droite me semble encore plus incorrigible que le libéralisme de gauche.  Ils croient déjà tout savoir et n’avoir plus rien à apprendre.  Par ailleurs, ils prétendent être fidèles aux papes mais uniquement à ceux qui leur donnent raison, c’est un peu contradictoire. »

Sur le cardinal Ratzinger (Benoît XVI) : « Ratzinger est fidèle au concile comme vous le démontrez... Il a raison sur toute la ligne. »

10/09/2016 - Réflexion d'un jeune prêtre :

Qu’est ce qu’une « belle Messe » ?


 « Merci M. le curé, c’était une belle Messe ». Qui n’a jamais entendu cette expression ? Dans quelles circonstances ? Souvent à la fin d’une Messe de type « Grand rassemblement » où, hélas, règnent le subjectivisme et le sentimentalisme. On s’est donné la main au « Notre Père », on a échangé des petites pensées épinglées sur des poissons découpés dans du carton, on a lâché des ballons sur le parvis de l’église. Mais est cela : « Une belle Messe ».
Quittons un instant les critères subjectifs pour discerner objectivement à quoi correspond une "belle messe"... C’est avant tout une célébration digne et sobre dans le respect des règles liturgiques établies par l’Eglise. Il n’est pas question d’un vague sentimentalisme pseudo-religieux (on est bien ensemble...) mais d’une union mystique avec le Christ qui renouvelle sur l’autel son offrande au Père par le ministère du prêtre. Face à un si grand mystère, tous, prêtres et fidèles s’effacent pour laisser paraître le Christ. La célébration de l’Eucharistie n’est pas un spectacle destiné à satisfaire les besoins socio-affectifs des prêtres et des fidèles mais une action sacrée destinée à les introduire dans une autre réalité. Cela n’est possible que quand le superflu (a fortiori le superficiel) laisse la place aux gestes sacrés effectués calmement sous le regard de Dieu. Une « belle Messe », c’est chaque fois qu’un prêtre, pleinement conscient de son sacerdoce, offre au Père éternel son Fils bien-aimé. Dès lors, tout disparaît. Il n’y a plus besoin d’artifice. Le rite se suffit à lui-même... Inventer d’autres gestes que ceux qui se trouvent dans le missel, célébrer autrement que selon les normes établies par l’Eglise, c’est douter de l’efficacité du rite donné et reçu dans la foi.

Abbé P. L.

10/09/2016 - Témoignage d'un prêtre luxembourgeois :

Top chrono ! La messe commence...

Dernièrement, j’ai rencontré un de mes anciens professeurs de séminaire, actuellement curé de plusieurs paroisses. Il m’a dit : « Tu te rends compte ! On m’a dit, quand je suis arrivé ici : Vous ne pouvez pas dépasser 45 minutes pour la Messe du dimanche. Votre prédécesseur faisait comme ça ! S’il le faut, prêchez moins longtemps ! » Dis, on a osé me dire ça ! C’est vraiment la dictature du temps, du chronomètre ! Voilà où on en est arrivé dans certaines paroisses ! »

Pour se défendre, ce prêtre répondit simplement : « A travers moi, vous sapez déjà les futurs prêtres, car vous les empêchez à l’avance de déployer tout leur amour pour le Christ. Vous les empêchez de le célébrer comme il se doit. »

C’est un fait, nous récoltons aujourd’hui les fruits amères d’une certaine pastorale et cela a une répercussion sur les vocations. On entend souvent dire : « Le prêtre doit répondre aux attentes du peuple de Dieu ». Mais doit-il pour autant devenir esclave du désir des gens ? Et s’il a le malheur de refuser quoi que ce soit, le revolver est pointé dans sa direction : il mérite la mort pastorale !

Bien sûr, les fidèles peuvent, selon le code de Droit canon, donner des avis à leurs pasteurs. Mais le travail de discernement revient au prêtre revêtu de par son ordination d’une grâce spéciale de l’Esprit Saint. Et puis, à quoi sert une longue formation au séminaire, si la première personne rencontrée au coin de la rue, a autant de compétence que le prêtre, uniquement en vertu de son baptême et surtout de ses éclats de voix !

De même, certains prêtres souffrent des lamentables critères utilisés pour jauger (et juger) ce qu’est un bon prêtre ! En effet, pour juger le travail pastoral d’un prêtre, on ne pose plus la question : « Enseigne-t-il les mystères de la foi, célèbre-t-il la Messe en observant les règles de la liturgie romaine ? Mène-t-il une vie morale droite ? Vit-il dans la simplicité ? Est-il un homme de prière ? Rayonne-t-il une grande culture religieuse ?

Pour juger le prêtre, on demande plutôt : « Passe-t-il bien avec les gens ? A-t-il un bon contact ? » Souvent, pour « bien passer », il suffit de rire, de faire rire (en racontant des blagues – même salaces...), de faire des jeux de mots, de l’ironie, et surtout d’entretenir le mythe de l’agenda « overbooké »...

Il est grand temps de revenir à l’essentiel ! Le prêtre est, à l’image du Christ, un signe de contradiction. Inévitablement, sa vie doit interpeller le monde et susciter le rejet. C’est alors sur la croix que le sacerdoce prend sa pleine mesure ! C’est quand son apostolat semble stérile, que le Christ agit à travers son ministre pour sauver le monde et les âmes. Ce n’est pas en « épousant » le monde que le prêtre le sauvera. C’est en union avec le Christ, Victime offerte pour les péchés, que le prêtre réalise pleinement sa vocation.

Abbé C.D.

07/09/2016 - Article de formation : Le lecteur


Proclamer publiquement la Parole de Dieu pendant la Messe est une fonction liturgique particulière. Il semble important de rappeler quelques points à l’attention des lecteurs.
C’est au prêtre, garant de l’unité de la communauté, qu’il revient de désigner celui qui remplira cette fonction. Il usera pour cela de critères objectifs.

1. Un service
Celui qui accepte de proclamer la Parole de Dieu est au service de ses frères. Il ne choisit pas quand il lit ni ce qu’il lit ! Il répond à la demande du prêtre dans une attitude de disponibilité. Dans ce sens, et afin d’éviter que cette fonction ne devienne une « chasse gardée », il est bon d’éviter que la même personne lise invariablement la première (ou deuxième) lecture chaque dimanche. Il n’y a rien de pire dans une paroisse que les « barons » et les « mandarins » qui font ce qu’ils ont toujours fait, quand et comme ils veulent le faire !

2. Savoir lire correctement en public
Le lecteur doit se faire entendre de tous, avoir un timbre agréable et être capable de poser sa voix en parlant dans un micro. Il est bon de rappeler que tout cela peut s’apprendre et qu’un minimum de bonne volonté opère des miracles ! 

3. Attitude recueillie
Le lecteur, qui remplit une fonction liturgique, se rend calmement à l’ambon après avoir salué l’autel. Il évite de marcher les bras ballant. Pendant la lecture, il pose les mains sur le pupitre et garde les yeux fixés sur le texte. Il faut, autant que possible, qu’il s’efface au profit de la Parole qu’il proclame. Après la lecture, il retourne à sa place dans la même attitude.

4. Tenue
Le lecteur doit être digne intérieurement et extérieurement. Il n’est pas choisi « pour boucher un trou » mais parce qu’il est capable de remplir cette fonction. Ainsi, il est important qu’il soit issu de la communauté et qu’il soit pratiquant régulier. Un lecteur qui ne vient à l’église que quand il doit lire est un contre-témoignage à éviter absolument. Il convient également que le lecteur soit propre, comme tous ceux qui participent au service du culte.

5. « Redemptionis sacramentum »
Dans cette instruction de la Congrégation pour le Culte divin, il est rappelé au numéro 46 : « Le fidèle laïc, appelé à prêter son concours dans les célébrations liturgiques, doit être dûment préparé, et se recommander par sa vie chrétienne, sa foi, sa conduite morale et sa fidélité envers le Magistère de l’Église. Il convient qu’il ait reçu une formation liturgique adaptée à son âge, sa condition, son genre de vie et son degré de culture religieuse. On ne choisira personne dont la désignation puisse provoquer l’étonnement des fidèles. »


03/09/2016 - Article de formation : La chasuble (2/2)

Le bons sens et le sens esthétique disent que le but du vêtement liturgique est de bien habiller celui qui le porte. C’est sa principale qualité. Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, les prêtres ne portaient pas de vêtements particuliers mais ils utilisaient ceux des Romains de cette époque. Dans l’accomplissement de leurs fonctions sacrées, les ministres de Dieu choisissaient de préférence les plus beaux vêtements que le Pape Etienne appelle « vestes sacratae » au milieu du troisième siècle. Quand l’usage de ce costume commun tomba peu à peu en désuétude, l’Eglise en garda l’usage parce qu’ils étaient dignes et beaux.

Le Père Lebrun, spécialiste de la liturgie, écrit en 1716 : « Les Grecs ont conservés la chasuble des origine sans aucun changement, mais depuis peu, les Latins ont retranché peu à peu tout ce qui empêchait d’avoir les bras libres, car, autrefois, il fallait nécessairement retrousser et relever la chasuble par les côtés pour être libre dans ses mouvements et, lorsqu’à la consécration le prêtre élevait la Sainte Hostie ou le calice, il fallait l’aider et soulever la chasuble, ce que l’on continue d’observer encore, sans qu’il n’en soit plus besoin et par pure habitude. »

C’est la nécessité de retrousser l’antique chasuble qui a fait penser à l’échancrer de plus en plus afin que les prêtres ne soient pas embarrassés par le poids de l’ornement. Une telle solution s’est imposée à partir de l’instant où les tissus épais et rigides, les surcharges de broderies et d’orfrois sont devenus d’usage général.

On commença d’abord par faire des chasubles moins longues sur les côtés. Voyant qu’elles en étaient plus commodes, on les a raccourcis de plus en plus tant et si bien qu’elles ne ressemblèrent plus aux chasubles primitives. Cette tendance va s’accentuer au 18ème et au 19ème siècle. Peu à peu, on rendit l’ornement informe, illogique et ridicule en y accumulant des broderies d’or bourrées de tissus et accompagnées de pierreries.

Parallèlement, vers 1840, en en réaction aux dérives de « l’art liturgique », des personnalités de premiers plans redécouvre et admirent l’art roman et l’art gothique. Parmi eux, il y a Viollet le Duc en France et Pugin en Angleterre.

Dans ce grand mouvement liturgique, Dom Guéranger, vrai restaurateur de la liturgie romaine, écrit au sujet des vêtements liturgiques : « Nous le répétons avec confiance, dans nos églises restaurées d’après les conditions de leur inspiration première, ou construites de nouveau suivant les règles statuées aux siècles de foi, il faudra bien que nos costumes sacrés participent à cette régénération, et perdent enfin les formes déplaisantes et grotesques que le 19ème siècle, enchérissant encore sur les coupes étriquées et rabougries du 18ème siècle, a trouvé moyen de faire prévaloir. Nous verrons infailliblement disparaître par degrés, ces chasubles qu’un inflexible bougran a rendu, dans leur partie antérieure semblable à des étuis de violon, pour nous servir de l’expression trop vraie de l’illustre anglais Welby Pugin. »

C’est ainsi que, peu à peu, la chasuble « gothique » a retrouvée sa juste place dans l’Eglise. Il est à noter que les milieux « traditionnels » lui préfèrent habituellement la forme étriquée, dite « romaine ». Celle-ci est souvent associée à la forme extraordinaire du rite romain. Une belle chasuble neuve de style gothique est beaucoup plus digne que certains ornements « romains » défraîchis, élimés et injustement considérés comme « traditionnels ». Mais comme toujours dans le débat liturgique, il y a « traditions »... et Tradition !