02/09/2016 - Article de formation : La chasuble (1/2)


La chasuble est à l’origine un pardessus de forme circulaire, sans décoration. Le prêtre passe la tête par une ouverture située au centre du vêtement et en relève les bords pendant la célébration de la Messe. Cette chasuble, en forme de cloche, est en usage jusqu’au 13ème siècle. Afin de faciliter les gestes du prêtre, la forme de l’ornement évolue au 14ème et au 15ème siècle. C’est à cette époque qu’apparaît la chasuble « gothique », de forme elliptique, encore en usage de nos jours. Peu à peu, dès la fin du 16ème siècle et surtout au 18ème siècle, essentiellement pour des « raisons pratiques », la chasuble adopte une forme étriquée, entièrement échancrée au niveau des bras.

La chasuble symbolise trois aspects de la vie du prêtre qui la revêt pour la Messe.
  1. L’amour du prêtre pour Dieu à qui il a donné sa vie et pour les fidèles pour lesquels il doit être l’image du Bon Pasteur.
  2. La pureté de conscience et d’intention du prêtre, quand à l’autel, il agit « In persona Christi ».
  3. Le joug du Seigneur qui pèse parfois lourdement sur le prêtre qui a la charge des âmes.

L’usage de la chasuble n’est pas facultatif. Ainsi, l’instruction « Redemptionis Sacramentum » du 25 mars 2004 rappelle au numéro 123 : « Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la Messe et pour les autres actions sacrées en liaison immédiate avec la Messe, est la chasuble à revêtir par-dessus l’aube et l’étole. De même, lorsque, conformément aux rubriques, le prêtre revêt la chasuble, il ne doit pas omettre de porter l’étole. Tous les Ordinaires doivent veiller à ce que tout usage contraire soit supprimé. »


"Un prêtre revêtu des saints ornements tient la place de Jésus-Christ ; il est le médiateur entre Dieu et le peuple".

(Imitation de Jésus-Christ, IV, 5)

28/08/2016 - La liturgie romaine


La liturgie désigne l’ensemble des rites célébrés par l’Eglise pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû. Les rites reçus et vécus dans la fidélité et dans l’obéissance exprime la foi du peuple chrétien. Dans ce domaine, le sentiment et le subjectivisme n’ont pas de place. Il faut faire ce que l’Eglise demande et accepter les changements légitimes quand elle le demande ! C’est dans cet esprit que prêtres et fidèles doivent accepter le Missel restauré par le pape Paul VI suite au Concile Vatican II. Contester et rejeter un rite approuvé par l’Eglise est à l’opposé de l’esprit vraiment traditionnel qui voit le Christ agissant dans l’autorité légitime.

Dans ce sens, on peut affirmer que ceux qui se déclarent « progressistes » comme ceux qui se proclament « traditionnalistes » agissent finalement...de la même façon ! Les premiers voient dans le rite restauré une entrave à la créativité. Les seconds affirment qu’il est non-conforme à ce qu’ils considèrent comme la « Tradition ». Les uns comme les autres estiment que l’Eglise se trompe et qu’il faut soit dépasser le rite, soit le rejeter et se cramponner à des formes du passé. Dans les deux situations, on peut regretter une méconnaissance de l’enseignement de l’Eglise, du rite romain et une multitude de préjugés ressassé jusqu’à l’obsession.

Pour ne pas tomber dans les extrêmes, il est important de se former dans le domaine liturgique, en écoutant l’enseignement de l’Eglise à la lumière de la Tradition vivante.

25/08/2016 - Un livre à lire...


Présentation :

La liturgie est le lieu privilégié pour rencontrer Dieu et celui qu'il a envoyé, Jésus-Christ. Cet ouvrage rassemble les réflexions autour de la liturgie du cérémoniaire de Benoît XVI et François. Mgr Guido Marini organise les cérémonies que préside le Pape à Rome, mais aussi lors des différents déplacements depuis plusieurs années déjà. Fort de son expérience pratique, il nous offre ici une réflexion unique sur la nature de la liturgie et la manière de bien la célébrer.

Mgr Guido Marini, est Maître des Célébrations liturgiques pontificales depuis le 1er octobre 2007. Prêtre du diocèse de Gêne, il est docteur en droit de l'Université Pontificale du Latran.

25/08/2016 - Un article du Père Simon Noël, osb

La messe, source d’une vie chrétienne authentique, article paru dans la revue catholique russe Radouga



Sommet et source
Dans l’abrégé du Catéchisme de l’Eglise catholique, publié par le pape Benoît XVI, on peut lire au n° 219 : Quelle est la place de la liturgie dans la vie de l’Eglise ? Action sacrée par excellence, la liturgie constitue le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise et en même temps la source d’où provient sa force de vie. Par la liturgie, le Christ continue dans son Eglise, avec elle et par elle l’œuvre de notre rédemption.

Comme toujours, le catéchisme reprend en substance l’enseignement du concile Vatican II, qui de son côté reprend l’enseignement de la Tradition de l’Eglise. Source et sommet de la vie chrétienne, telle est l’eucharistie. Avant de développer ce thème de la source, disons un mot sur ce qu’il faut entendre par sommet. Toute la vie chrétienne est une eucharistie, un culte que nous rendons à Dieu, par la médiation de notre grand-prêtre, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tout baptisé est en ce sens un prêtre. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il vit, est un sacrifice offert à la Sainte Trinité. Voici les paroles de saint Paul sur ce sujet : Je vous en prie, frères, au nom de Dieu et de sa grande tendresse, offrez à Dieu votre propre personne comme une victime vivante et sainte, capable de lui plaire : c’est là l’hommage d’une créature raisonnable (Rom. 1, 12). Dans le saint sacrifice de la messe, nous apportons l’offrande de notre vie et nous l’unissons à l’offrande du Christ au Père. Un symbole de cette offrande est représenté par l’eau que l’on verse dans le vin au moment de l’offertoire. Cette eau nous représente et elle se mêle au vin pour constituer une seule offrande à Dieu. L’eucharistie est ainsi l’offrande et le sacrifice du Christ total. La tête est la personne même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le reste du corps c’est toute l’Eglise, qui s’offre avec la tête.

L’eucharistie, initiation à la vie chrétienne
L’eucharistie est un des trois sacrements de l’initiation chrétienne avec le baptême et la confirmation. Chaque fois que nous participons à l’eucharistie, nous entrons donc dans la vie chrétienne, comme si c’était la première fois. En tant que source, l’eucharistie répand en nous la vie de l’Esprit. Notre vie de quotidienne devient ainsi le déploiement de ce que nous avons reçu dans l’eucharistie. L’eucharistie nous initie en ses différentes composantes. Comme elle, la vie chrétienne est donc accueil de la parole, offrande, transformation et communion. Dans l’eucharistie en effet, nous commençons par nous mettre à l’écoute de ce que le Seigneur a à nous dire. Ensuite, nous offrons le pain et le vin et toute l’œuvre de l’homme. Ces dons sont transformés en Corps et sang du Christ, livré pour nous. Enfin par notre communion à ces dons consacrés, nous sommes incorporés au Christ.

Accueil de la Parole
La vie eucharistique se définit donc en premier lieu comme un accueil de la Parole de Dieu. Dans le Deutéronome, nous lisons : Ecoute, Israël: Yahvé notre Dieu est le seul Yahvé.  Tu aimeras Yahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir (Deut. 6, 4-5). Le premier mot de ce précepte fondamental qu’est le premier commandement est clair. Notre amour de Dieu commence par l’écoute. Dans la vie chrétienne, Dieu a donc l’initiative. Il nous a parlé, révélé quelque chose. Il nous a dit qui il était et quelle était son dessein d’amour sur nous. Voici encore une parole de saint Paul : Vous le voyez, je n’ai pas honte de l’Evangile. C’est une force de Dieu, et c’est le salut pour tous ceux qui croient (Rom. 1, 16). La vie chrétienne consiste donc dans un premier temps à accueillir cette Bonne nouvelle et à y adhérer. Croire en l’Evangile opère une transformation de notre vie, qui est ainsi illuminée par la lumière du Christ. L’Evangile a cette force d’instaurer en nous la joie et la confiance. Joie et confiance trouvent leur source dans l’eucharistie et caractérisent ainsi toute notre vie quotidienne.

Une vie offerte à Dieu
Dans le rite byzantin, la plupart des litanies se concluent ainsi : Faisant mémoire de la toute sainte, toute pure, toute bénie et glorieuse Dame, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et de tous les saints, offrons-nous nous-mêmes, les uns les autres, et toute notre vie au Christ notre Dieu. Cette dimension de notre vie chrétienne est capitale et trouve sa source dans l’eucharistie. Nous nous offrons au Christ, par les mains de Marie, l’immaculée. Nous nous offrons au Christ, et avec lui au Père, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. La vie chrétienne authentique et dynamique est par conséquent une vie de consacré. La fête de la présentation de Jésus au Temple (2 février) et celle de la présentation de Marie au Temple (21 novembre) sont deux solennités au cours desquelles ce mystère fondamental est célébré. De même que Jésus et Marie ont été entièrement à Dieu, notre vie chrétienne est un don total

Consécration
Cette offrande, en tant qu’elle est une œuvre humaine, sera toujours loin de la perfection. Il faudra que le Saint-Esprit descende sur nous et nous transforme en offrande agréable à Dieu. Comme l’a si bien compris Thérèse de Lisieux, il nous revient d’offrir beaucoup de petits sacrifices, comme des roses qui expriment notre amour pour Dieu. Mais seul Dieu, dans son amour miséricordieux, peut nous prendre dans ses bras et nous soulever jusqu’à lui. C’est pourquoi à l’œuvre humaine doit s’ajouter l’œuvre de la grâce. L’Esprit Saint nous consacre parfaitement au Père, en union avec Jésus-Christ. Nous devenons ainsi le Corps du Christ, le Sang du Christ.

Incorporés au Christ
Par la communion eucharistique, notre personne et notre vie sont incorporés au Christ. Nous ne faisons plus qu’un avec lui. La vie chrétienne devient une vie d’union au Christ. Nos pensées, nos sentiments, nos désirs, nos joies et nos peines deviennent celles du Christ. Nous vivons tout en relation avec le Christ. Nous sommes centrés sur lui. Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger.(Matth.11, 28-30). Par ces paroles, Jésus nous enseigne qu’il veut lui-même nous porter. La vie chrétienne est parfois difficile. Nous passons par des périodes de désolation, à certains moments. Nous devons alors trouver refuge auprès de lui. Hors de moi, vous ne pouvez rien faire (Jean, 15-5). La vie chrétienne est donc une vie où nous recevons tout du Christ. Dans l’eucharistie il vient à nous et nous charge sur ses épaules. Cette belle histoire illustre bien la conduite du Seigneur à notre égard : Un homme, au soir de sa vie, revoit celle-ci comme une longue traversée du désert. Il voit sur le sable les traces de ses pas et celles du Christ qui marchait à ses côtés. Mais pour les moments de sa vie les plus difficiles, il ne voit plus que les traces d’un seul marcheur. Alors il demande au Seigneur : où étais-tu alors ? Et Jésus lui répond : ces pas que tu vois ne sont pas les tiens, mais les miens, car en ces moments difficiles, c’est moi qui te portais sur mes épaules.

Mort et vivant avec le Christ
La vie du baptisé est une participation à la mort et à la résurrection du Seigneur. Voici comment saint Paul exprime ce mystère : Que dire alors? Qu'il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie? Certes non!  Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui?  Ou bien ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?  Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle.  Car si c'est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable;  comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l'impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d'être asservis au péché.  Car celui qui est mort est affranchi du péché.  Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui,  sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n'exerce plus de pouvoir sur lui.  Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes; mais sa vie est une vie à Dieu.  Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.  Que le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel de manière à vous plier à ses convoitises.  Ne faites plus de vos membres des armes d'injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu (Rom. 6, 1-13).
Dans l’eucharistie, nous recevons le Christ, mort et ressuscité. L’eucharistie renouvelle et actualise la grâce du baptême. La vie chrétienne est un combat contre toutes nos tendances mauvaises, une mort au péché. Elle est plus encore une communion à la vie du Ressuscité. Tout ce que nous faisons de bien, même le plus petit geste d’amitié, acquiert une valeur d’éternité. Notre vie de tous les jours est surnaturalisée, divinisée.

Conclusion
Le Christ vivant est la source de la vie de notre âme. Chaque fois que nous nous unissons à lui dans la communion eucharistique, la vie divine s’accroît en nous. La gloire qui sera la nôtre dans le ciel augmente elle aussi par chacune de nos communions. C’est pourquoi, nous pouvons dire avec saint Paul : Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi (Gal. 2, 20).

La liturgie n'est pas l'invention du prêtre célébrant...



"La liturgie n'est pas l'invention du prêtre célébrant ou d'un groupe de spécialistes; la liturgie (le "rite") a grandi selon un processus organique au cours des siècles, elle porte en elle le fruit de l'expérience de foi de toutes les générations précédentes. Même si les participants ne comprennent probablement pas toutes les paroles, ils perçoivent leur signification profonde, la présence du mystère qui transcende toutes les paroles. Le centre de l'action liturgique n'est pas le célébrant; le célébrant n'est pas devant le peuple en son nom propre; il ne parle pas de lui-même et pour lui-même, mais in persona Christi. " Cardinal Ratzinger.

Quel est l'esprit du collectif "Liturgie Romaine" ?

Présentation :


Comme l’affirme avec force le Concile Vatican II, la Messe est la source et le sommet de la vie chrétienne. Elle est le renouvellement non-sanglant du Sacrifice de la Croix, le mémorial de la Pâques du Seigneur, le banquet sacré auquel est convié le disciple du Christ. La célébration de ce grand mystère de la foi est si sublime qu’elle est au cœur de la vie du chrétien. Celui-ci s’unit à la prière de l’Eglise universelle en recevant dans l’obéissance les règles pour la célébration de la Messe.

Pour certains fidèles, la liturgie restaurée à la demande du Concile Vatican II est synonyme de pauvreté liturgique et spirituelle. Une telle assertion est largement relayée par certains groupes « traditionnalistes » qui légitiment de la sorte leur existence par la promotion du Missel de 1962. Les soi-disant lacunes du missel de Paul VI ne sont pas liées à sa nature. Elles sont imputables à la légèreté avec laquelle certains prêtres, hélas souvent de bonne foi, défigurent la liturgie en s’écartant du rite codifié par l’Eglise. Ce n’est pas parce que des abus existent que tout est mauvais. Plus de quarante ans après la réforme liturgique, il est temps que les prêtres et les fidèles découvrent la beauté du rite en l’accueillant comme un don de Dieu.

Plutôt que de se replier sur le missel de 1962, ce site internet souhaite faire découvrir la liturgie actuelle de l’Eglise. Si celle-ci a estimé qu’il était temps de restaurer le rite à l’occasion du dernier Concile, c’était pour des raisons objectives et valables. En effet, au cours des âges, inévitablement, des doublets, des surcharges dévotionnelles avaient encombrés la célébration. Le grand mouvement liturgique, entamé au dix-neuvième siècle a abouti à un retour aux sources et à une plus grande simplicité, source de recueillement et de vrai beauté.

Nous pensons que l'avenir est dans l’application des rubriques du Missel romain, tel qu’il nous est donné aujourd’hui par l’autorité légitime, sans bricolage, ajouts ou suppressions. C’est un chemin exigeant, mais c’est à cette attitude d’accueil que l’on reconnaît les vrais enfants de l’Eglise.

Il est important de dénoncer les abus liturgiques. Il est bien plus urgent d’œuvrer à la formation liturgique des fidèles et d’encourager les bonnes initiatives. Ainsi, si vous souhaitez apporter votre contribution à cette œuvre, nous recevrons avec gratitude vos articles, remarques, photographies, liens internet... dans un esprit constructif et de fidélité à l’Eglise.